Avec tous les événements dramatiques qui se succèdent sur la scène libanaise, il est bon de revenir à l’histoire glorieuse de notre pays et aux rôles des chrétiens, surtout l’Église maronite qui a souvent sauvé le pays grâce à une position ferme en sachant dire non pour changer le cours de l’histoire. Ainsi, le patriarche Arida a dit non à l’hégémonie. Le patriarche Méouchy a dit non à l’injustice. Le patriarche Khoreiche a dit non à la tuerie fratricide. Le patriarche Sfeir a dit non à la domination et oui à la souveraineté et à la décision nationale libre. Ils ont tous dépassé les horizons étroits et travaillé non pour leur communauté uniquement, mais pour tous les Libanais, contribuant ainsi à unir le pays. Les communautés se sont ouvertes l’une à l’autre, et ce fut une richesse et une source d’abondance. Aujourd’hui, il est demandé encore une fois, surtout au patriarche Béchara Raï et à tous les chrétiens du 8 et du 14 Mars, de jouer ce rôle de catalyseur pour sauver le pays. Et, chers dirigeants, il suffit de faire une petite addition pour voir que 14 + 8 = 22, un chiffre porte-bonheur. À vous donc de jouer ce rôle pour unir les deux grandes confessions chiite et sunnite en fusionnant l’intérêt du Liban en un seul courant politique. Nous sommes devenus, reconnaissons-le, le seul pays multiconfessionnel libre mais fragile dans cette région du Moyen-Orient. Sauvons le pays du Cèdre avant qu’il ne soit trop tard en disant non à toute hégémonie arabe ou étrangère, et oui à un seul Liban.
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