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Société - Explosions de Beyrouth

L'Ordre des avocats de Beyrouth dépose près de 700 plaintes devant la justice

Les familles des victimes de la tragédie réclament des "punitions justes" envers les véritables responsables

L'Ordre des avocats de Beyrouth dépose près de 700 plaintes devant la justice

Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf. Photo d'archives Michel Sayegh

Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf, a annoncé mercredi avoir déposé près de 700 plaintes devant la Cour de justice au nom des proches des victimes de la double explosion meurtrière du port de Beyrouth, le 4 août dernier, qui a fait 204 morts, plus de 6.500 blessés et dévasté des pans entiers de la capitale, laissant 300.000 personnes sans abri.

Près de trois mois après le drame causé par l'explosion de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium qui ont pris feu dans un hangar du port où elles étaient stockées depuis 2014, l'enquête n'a toujours pas abouti et aucun résultat n'a été rendu public, dans un pays où la justice est souvent soumise aux pressions politiques. Les autorités politiques ont rejeté les appels à une enquête internationale, mais plus de deux mois après l'explosion, l'investigation locale n'a toujours pas abouti et aucun résultat n'a été rendu public. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées, tandis que les audiences et les interrogatoires de ministres, d'anciens ministres et de hauts responsables sécuritaires se succèdent. Trois hauts responsables sont actuellement en détention dans le cadre de l'enquête : le directeur des douanes Badri Daher, le directeur général des transports maritimes et terrestres Abdel Hafiz el-Kaïssi et le directeur général du port Hassan Koraytem.

"Comme l'Ordre des avocats l'a promis, nous avons présenté aujourd'hui 679 plaintes au nom des proches des victimes, des blessés et des sinistrés", a annoncé Melhem Khalaf, assurant que l'Ordre des avocats suivait l'enquête de manière "quotidienne". "Nous avons déposé ces plaintes au nom des personnes qui n'avaient pas les moyens d'engager des avocats", a-t-il précisé. "La justice est faite pour que la vérité soit dévoilée. Aujourd'hui, nous avons une grande responsabilité envers les gens (...) Nous faisons appel à la justice car il s'agit de la dernière chance. Elle doit traiter la tragédie avec sérieux", a encore déclaré le bâtonnier.

Après avoir reçu le rapport du Bureau fédéral d'investigation (FBI) américain sur l'explosion, les autorités judiciaires attendent encore les rapports d'investigation des experts français et britanniques. "Il est apparu que le rapport du FBI est basé sur des informations fournies par les agences de sécurité libanaises", a indiqué sur ce plan M. Khalaf.

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Dans ce contexte, le barreau de Beyrouth a demandé au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, d'intervenir pour demander aux pays membres des Nations unies de lui fournir toutes les photos satellites prises le jour de l'explosion, ainsi qu'à la Force intérimaire des Nations unies des informations sur le navire Rhosus qui a transporté en 2013 l'énorme stock de nitrate d'ammonium. Cette demande a été formulée dans une lettre datée de lundi et remise par Melhem Khalaf au coordinateur spécial de l'ONU au Liban, Jan Kubis.

"Punitions justes"
Par ailleurs, les familles des victimes de la double explosion ont à nouveau réclamé dans la journée des "punitions justes" contre les véritables responsables de la tragédie. "Nous n'accepterons pas que l'on dise que l'explosion est le résultat de négligences ou d'un acte venu du ciel", ont déclaré ces familles lors d'une conférence de presse, appelant à des "punitions justes contre les grands avant les petits". Les familles de victimes ont par ailleurs annoncé la constitution d'un comité de suivi chargé d'organiser "une série de manifestations" afin que leurs revendications soient satisfaites.

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S'exprimant au nom des familles, Ibrahim Hoteit a ensuite listé les trois principaux objectifs des proches des victimes. "Un, une enquête juste et transparente, loin de toute politisation, dissimulation, pressions ou d'entente politique comme c'est généralement le cas au Liban, et des punitions justes contre les grands avant les petits qui ne doivent pas servir de boucs émissaires. Deux, traiter les victimes de l'explosion du port de Beyrouth de la même manière que sont traités les martyrs de l'armée libanaise. Trois, traiter les blessés souffrant d'invalidité permanente comme le sont les blessés de l'armée libanaise".

Ces dernières semaines, le comité des victimes s'est entretenu avec plusieurs responsables politiques pour exprimer ces revendications. Le 16 octobre dernier, le Premier ministre sortant Hassane Diab avait annoncé avoir signé un projet de loi considérant les personnes tuées comme des martyrs, et visant à verser les indemnités et les pensions de retraite aux ayants-droit, habituellement accordées aux familles des soldats tombés dans l'exercice de leur fonction. Selon ce projet de loi, les personnes souffrant d'une invalidité totale ou partielle à la suite de l'explosion bénéficieront également, à vie, des allocations de soins de santé fournies par la Caisse nationale de sécurité sociale. Ce projet de loi a été transmis au Parlement.


Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf, a annoncé mercredi avoir déposé près de 700 plaintes devant la Cour de justice au nom des proches des victimes de la double explosion meurtrière du port de Beyrouth, le 4 août dernier, qui a fait 204 morts, plus de 6.500 blessés et dévasté des pans entiers de la capitale, laissant 300.000 personnes sans abri.Près de trois...

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Et ils ont elimine le Colonel Joseph Skaff...

LeRougeEtLeNoir

18 h 24, le 28 octobre 2020

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Commentaires (2)

  • Et ils ont elimine le Colonel Joseph Skaff...

    LeRougeEtLeNoir

    18 h 24, le 28 octobre 2020

  • "...d'intervenir pour demander aux pays membres des Nations unies de lui fournir toutes les photos satellites prises le jour de l'explosion..." Au risque de me répéter cent fois, ce qui a provoqué l'explosion est secondaire par rapport à la vraie cause de la catastrophe: la présence des 2750 tonnes de nitrate d'ammonium à plus de 30% d'azote AU PORT DE BEYROUTH DURANT PLUS DE SIX ANS!!!! Le nitrate d'ammonium de cette qualité ne peut être importé au Liban qu'en vertu d'un permis d'importation issu par le Conseil des Ministres sur demande du ministère de l'Intérieur et sur approbation du ministère de la Défense! Le pauvre Colonel Joseph Skaff a demandé aux autorités le 21 février 2014 d'ELOIGNER LE RHOSUS JUSQU'AU BRISE-LAMES A CAUSE DE SON CHARGEMENT HAUTEMENT DANGEREUX....Au lieu de quoi, ils ont déchargé la cargaison et l'on stockée sous le hangar 12! TOUS CEUX QUI ONT PRIS PART A CETTE OPERATION SONT DES CRIMINELS! EN PREMIER LIEU LES HAUTS RESPONSABLES MILITAIRES...

    Georges MELKI

    15 h 23, le 28 octobre 2020

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