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Formation du gouvernement

Le Futur entame ses concertations pour un plus large soutien à l'initiative de Hariri

Sleiman Frangié affiche son soutien clair à l'ancien Premier ministre.

Le Futur entame ses concertations pour un plus large soutien à l'initiative de Hariri

Le chef du courant Marada, Sleiman Frangié (c), recevant une délégation du Courant du Futur, le 13 octobre 2020 à Bnachii. Photo Twitter/@sleimanfrangieh

Deux jours avant les consultations parlementaires contraignantes pour la désignation d'un nouveau Premier ministre, une délégation de députés du courant du Futur, dirigée par Bahia Hariri, a entamé mardi une tournée auprès des forces politiques du pays pour les sonder sur leur engagement envers l'initiative française visant à sortir le pays de la crise. Ces concertations ont été annoncées par Saad Hariri hier depuis Baabda dans le but de rallier les chefs de file autour de son initiative de former un gouvernement de spécialistes pour une durée de six mois.

"Court-circuiter les consultations"
La délégation haririenne a donc entamé ces concertations par une visite à Bnachii, où elle a été reçue par le chef du courant Marada, Sleiman Frangié, qui a clairement affiché son soutien à M. Hariri. "Nous avons affirmé que nous nommerons Saad Hariri lors des consultations parlementaires, et nous espérons que les angles seront arrondis lors de la formation du gouvernement. Cela requiert la coopération de tous. De toute façon, j'avais déjà accordé mon soutien à la candidature de M. Hariri, lors de mon entretien avec le président français Emmanuel Macron à la résidence des Pins" le 1er septembre, a ainsi déclaré Sleiman Frangié. Interrogé par la chaîne LBCI sur "la volonté de certains de vouloir prendre part au gouvernement", en allusion vraisemblablement au chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, M. Frangié a répondu : "Si nous maintenons cette mentalité, nous n'arriverons nulle part". Il s'est toutefois dit optimiste : "Les bonnes intentions sont là et rien n'empêche que nous aboutissions à une solution. Que les différentes formations s'assoient autour de la table et partagent leurs appréhensions et leurs demandes. La priorité est au sauvetage du pays", a-t-il ajouté.

"La réunion était franche et claire et nous allons en transmettre le contenu à Saad Hariri", a pour sa part affirmé Bahia Hariri à l'issue de sa réunion avec le leader chrétien. "Nous ne sommes pas ici pour court-circuiter les consultations (parlementaires contraignantes fixées par le chef de l'Etat, Michel Aoun, à jeudi) mais pour nous informer et poser des questions sur le programme de la prochaine phase. Ce qui pourrait se passer jeudi est une autre question. La manière de former le gouvernement dépendra du Premier ministre désigné, après les consultations parlementaires", a ajouté la députée.

Joumblatt "ne claque la porte à la figure de personne"
Interrogée sur les critiques formulées la veille contre Saad Hariri par le leader druze Walid Joumblatt, Bahia Hariri a répondu : "Le chef du Parti socialiste progressiste ne claque la porte à la figure de personne". Le chef du PSP avait dénoncé une "violation flagrante de la Constitution", en commentant la mission menée par le leader du Futur afin de dégager un consensus politique autour de sa personne dans la perspective de la formation d’un gouvernement de technocrates, avant même sa désignation. Il avait dans ce cadre annoncé qu’il "refuse" de recevoir la délégation chargée par M. Hariri.

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A l'issue de la réunion ayant rassemblé la délégation du Futur avec le secrétaire général du Tachnag, le député Hagop Pakradounian a indiqué que son groupe parlementaire déciderait mercredi de la personnalité qu'il nommerait comme Premier ministre lors des consultations contraignantes. Cette décision sera prise "après des discussions avec toutes les parties politiques au Liban", a-t-il ajouté, appelant par ailleurs à la formation "rapide" d'un cabinet conforme à la feuille de route présentée par le président français.

La délégation s'est entretenue en soirée avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Selon des informations rapportées par la LBCI, le groupe parlementaire de M. Geagea annoncera le nom de la personne qu'il désignera pour former le gouvernement, à l'issue de sa réunion mercredi. "M. Geagea soutient l'initiative française et les réformes et notre visite intervient dans ce cadre uniquement", a déclaré la député Bahia Hariri. Interrogée pour savoir si M. Geagea désignera M. Hariri ou non, elle a répondu :  "Nous ne sommes pas venus ici pour anticiper les consultations. Nous sommes venus ici avec une mission spécifique liée à l’initiative et aux réformes uniquement".

Demain, la délégation sera reçue à Sin el-Fil, au centre Mirna Chalouhi, par le CPL de Gebran Bassil, et s'entretiendra avec le chef du bloc du Hezbollah, Mohammad Raad. Pour s'assurer d'une "légitimité chrétienne", M. Hariri aura besoin des voix du CPL, si les Forces libanaises, qui se sont prononcées ces derniers jours en faveur d'un cabinet intégralement composé de spécialistes, venaient à ne pas le désigner.

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L'ex-Premier ministre et chef du courant du Futur, qui a annoncé le 8 octobre sa candidature pour former un nouveau gouvernement, avait déclaré hier après un entretien avec le président Aoun, qu'il n'y avait "plus de temps à perdre", prônant la formation d'un cabinet sans la présence des forces politiques "pour quelques mois", conformément à l'initiative française lancée le 1er septembre pour tenter de sortir le pays de sa crise.

Le processus de formation d'un tel cabinet de "mission", initié par Moustapha Adib, dernier Premier ministre désigné mais qui s'est finalement récusé, avait été principalement entravé par l'insistance du tandem Hezbollah-Amal à nommer les ministres chiites, notamment pour le portefeuille des Finances. Selon des sources proches de ce binôme citées par notre correspondante Hoda Chedid, ce dernier maintient ses exigences, même dans le cadre d'un gouvernement de spécialistes. Un dossier que M. Hariri s'est engagé, devant M. Aoun, à approcher avec "ouverture et positivité", selon notre consœur. C'est dans ce cadre que Saad Hariri s'est également réuni hier avec le président du Parlement et chef du mouvement Amal, Nabih Berry. Un entretien duquel M. Hariri est sorti une heure plus tard pour annoncer, sur un ton positif : "M. Berry était clair dans son engagement à respecter les réformes prévues dans l'initiative française, et ceci est rassurant".

Le bureau politique du parti Kataëb a dans ce cadre appelé mercredi à la formation d'un gouvernement d'indépendants. "Adhérer à l'initiative française, c'est adhérer à ses dispositions à la lettre. Il s'agit de former un gouvernement d'indépendants dont la seule mission est de sortir le Liban de (la crise) et d'ouvrir la voie aux aides attendues qui sont le seul salut du pays, peut-on lire dans un communiqué du parti. Tout effort pour expliquer l'initiative (d'une autre manière) signifie l'avorter une seconde fois et pousser le Liban à la ruine".


Deux jours avant les consultations parlementaires contraignantes pour la désignation d'un nouveau Premier ministre, une délégation de députés du courant du Futur, dirigée par Bahia Hariri, a entamé mardi une tournée auprès des forces politiques du pays pour les sonder sur leur engagement envers l'initiative française visant à sortir le pays de la crise. Ces concertations ont été...

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MON FILS TONY EST PRÊT POUR PRENDRE LE MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLIC. JE SOUTIENT HARIRI. ET J'APPUIE LE GESTE DE MACRON POUR SAUVER LE LIBAN.

Gebran Eid

14 h 39, le 13 octobre 2020

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Commentaires (1)

  • MON FILS TONY EST PRÊT POUR PRENDRE LE MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLIC. JE SOUTIENT HARIRI. ET J'APPUIE LE GESTE DE MACRON POUR SAUVER LE LIBAN.

    Gebran Eid

    14 h 39, le 13 octobre 2020