Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

Médiation Macron : dernière chance avant l’inconnu

#TicTacTicTac. On s’affaire dans les coulisses pour que la médiation du président français pour sortir le Liban de l’impasse puisse voir le jour et que les dirigeants libanais facilitent la formation d’un gouvernement de mission dirigé par le diplomate Moustapha Adib, seule voie possible pour débloquer les indispensables aides internationales toujours en suspens faute de réformes.

C’est durant un face-à-face avec un Emmanuel Macron à la fois ferme et bienveillant, pragmatique et inclusif qu’ils se sont tous engagés – eux dont la parole ne pèse pas lourd dans la balance pour une majorité de Libanais – à faciliter la mise en place de la feuille de route française.

Fort de son tempérament de « challenger » désormais reconnu par tous, rappelons-nous du candidat outsider Macron dont les chances de départ pour accéder à l’Élysée ne pesaient pas plus lourd que 3,5 % dans les sondages et qui a ainsi pu gagner ce pari fou de devenir le plus jeune président du monde à moins de 40 ans en mai 2017. Alors, c’est bien mal le connaître que de croire que ce vaillant dirigeant est homme à baisser les bras dans l’épreuve ou à le croire épris de naïveté. Loin de là.

Sa marque de fabrique le « en même temps » qui continue d’en dérouter plus d’un, justifie certainement le pari risqué qu’il a pris allant jusqu’à mettre son crédit politique sur la table en incluant dans les pourparlers de sortie de crise tous les chefs de partis libanais, même les plus décriés.

C’est donc un président français à l’excellente relation avec Washington et aux concertations constantes sur la question libanaise qui a tenu à garder sa marge de manœuvre et d’action, d’où cette médiation inclusive conclue à la Résidence des Pins le 1er septembre.

N’en déplaise aux plus idéalistes dont j’ai longtemps fait partie durant mes longues années de militantisme contre l’occupation militaire syrienne et après maintes désillusions, j’ai compris que la politique n’est malheureusement que « l’art du possible » ou encore l’art du timing et des alliances stratégiques, mais certainement pas au détriment de ses convictions propres.

Alors oui, la 3e voie proposée par Paris est notre ultime chance avant l’inconnu, avant le chaos le plus absolu d’un Liban qui sera ouvert à tous les vents à l’ombre des accords de paix régionaux avec Israël et des sanctions américaines dont les multiples répercussions sociales et sécuritaires dans un pays criant famine nous laisseront sans portes ni fenêtres.

À ceux qui croient dans le magicien américain, il n’existe pas, encore moins l’iranien, le turc, le chinois, le saoudien, etc. Les magiciens n’existent que dans les contes de fées nous permettant de rêver lorsqu’on nous en empêche…Quant aux amis fidèles, ils existent – même en politique – à condition de les respecter en étant fidèle à notre parole et engagements. Emmanuel Macron est certainement cet ami des Libanais. Nous n’oublierons jamais qu’il a été le premier chef d’État à être venu à notre chevet au lendemain de l’apocalyptique double explosion qui a touché Beyrouth au cœur, pour ne pas nous laisser seuls face à notre terreur.

Tout comme les magiciens, les sauveurs non plus n’existent pas ! Rappelons-nous que cette allégeance aux axes étrangers et aux différents sauveurs au fil des années nous a juste permis de gagner du temps avant de nous mener à notre perte nous empêchant ainsi de nous sauver nous-mêmes, en bâtissant un véritable État de droit.

Si la médiation française échoue, l’alternative des USA nous ouvre les bras. Or l’Amérique nous a déjà vendus et offerts en cadeau au parrain syrien lors des accords de paix de Taëf en 1990. Est-il nécessaire de rappeler le prix onéreux en larmes, en drames et en sang que nous a coûté cette occupation syrienne qui a miné sournoisement les rangs durant 15 ans à l’ombre d’une embellie de croissance économique et sociale le plus souvent maquillée ?

Ce qui est réel, par contre, ce sont les sanctions et les sanctionnés avec leur pouvoir de nuisance dont les échantillons ne manquent ; et face à chaque nouvelle sanction américaine, un prix plus onéreux devra être payé. Ceux qui misent dessus – en cas d’échec de la médiation Macron – ont-ils juste les moyens de leurs ambitions ? Mille fois non ! Le pays non plus !

Donald Trump, s’il est réélu en novembre prochain, fera tôt ou tard les intérêts de « America First », son slogan de campagne favori et si cela passe par un accord américano-iranien et bien il en sera ainsi… Ce sera alors « exit le Liban », du moins d’un certain Liban.

Si la médiation française aboutit, quelles sont nos priorités pour bâtir un véritable État de droit ? La feuille de route française semble être notre chance ultime de pouvoir un jour construire le Liban dont nous rêvons. Elle est la voie la plus inclusive, la plus pragmatique et en même temps celle qui nous permettra d’emporter des petites victoires solides sur le moyen-long terme.

Priorité 1 : (2020-2023) pas à pas, réforme après réforme, le Liban doit se réintégrer sur la carte du monde avec une reprise de la confiance de la part de la communauté internationale qui injectera les aides promises. FMI, CEDRE et autres aides permettront une reprise vitale de l’économie libanaise à bout de souffle, redonneront espoir, emploi, sécurité psychique et permettront surtout d’assainir le système de gouvernance, de rendre des comptes, d’avoir un socle solide notamment au niveau fiscal, bancaire et socio-politique.

Priorité 2 : (2020-2021) une fois la tête hors de l’eau, il s’agira si possible de mettre en place une loi électorale plus représentative pour qu’un renouvellement mène au pouvoir de nouvelles têtes répondant aux aspirations des nouvelles générations. Cela ne pourra arriver qu’à une seule condition : rassembler le plus large front d’innovateurs et d’opposants à un système politique qui est en fin de vie – mais qui a plus d’un tour dans son sac criminel et mafieux pour ne pas rendre les armes – et ce en fixant une feuille de route claire incluant des alliances stratégiques pour atteindre un seul objectif, à savoir remporter le maximum de sièges. Pour ce faire, l’ego surdimensionné des uns et des autres et le facteur émotionnel devront être rangés au placard.

Priorité 3 : (2022) vivant enfin dans un pays en meilleure santé, ayant fait avancer nos idées dans les urnes, ayant une assisse politique au Parlement, la question des armes du Hezbollah pourra alors se poser. À la seule différence, nous aurons les moyens de nos ambitions et « le sauveur » pour la première fois dans notre courte histoire aura été un front commun « made in Lebanon », d’où sa promesse de pérennité et de succès.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


#TicTacTicTac. On s’affaire dans les coulisses pour que la médiation du président français pour sortir le Liban de l’impasse puisse voir le jour et que les dirigeants libanais facilitent la formation d’un gouvernement de mission dirigé par le diplomate Moustapha Adib, seule voie possible pour débloquer les indispensables aides internationales toujours en suspens faute de réformes....

commentaires (1)

en fait, la 3e voie avancee par m.Macron n'est que celle EXIGEE par les revolutionnaires du 17 Oct : KELLOUN YAANI KELLOUN. quant aux reformes mentionnees par M.Macron, elles aussi avaient ete EXIGEES par ces memes 17 Octobristes. Il faut quand remercier M.Macron pour ses efforts moitie altruistes moitie intéressées comme il est normal. POURRA T IL faire mieux que proposer? s'il arrivait a reussir sa 1e requete, sera t il ecoute par les pontes du parlement a qui sera exigee un desinteressement total, un devouement absolu, une decence jamais exercee a ce jour ?

gaby sioufi

12 h 41, le 19 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • en fait, la 3e voie avancee par m.Macron n'est que celle EXIGEE par les revolutionnaires du 17 Oct : KELLOUN YAANI KELLOUN. quant aux reformes mentionnees par M.Macron, elles aussi avaient ete EXIGEES par ces memes 17 Octobristes. Il faut quand remercier M.Macron pour ses efforts moitie altruistes moitie intéressées comme il est normal. POURRA T IL faire mieux que proposer? s'il arrivait a reussir sa 1e requete, sera t il ecoute par les pontes du parlement a qui sera exigee un desinteressement total, un devouement absolu, une decence jamais exercee a ce jour ?

    gaby sioufi

    12 h 41, le 19 septembre 2020