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Nos Lecteurs ont la Parole

Nahr el-Kalb, mon histoire

Ces derniers jours, je lis beaucoup sur Nahr el-Kalb qui est devenu un sujet politique. Mais, pour moi, c’est un problème de patrimoine, de valorisation du site historique.

Mon histoire avec ce site historique commence en 2003, lorsque Mme Mona Hraoui, présidente de la Fondation du patrimoine, nous propose la réhabilitation et la valorisation des stèles de Nahr el-Kalb.

Le conseil adopte ce projet et nous avons réussi à collecter pour son exécution 150 000 USD. On me chargea avec Mme Rima Shehadeh de superviser les travaux. La Direction générale des antiquités mandata l’architecte Yasmine Makaroun Bou Assaf pour planifier l’opération.

Il nous fallait nettoyer le site des panneaux publicitaires, numéroter les 21 stèles et élaborer leurs fiches descriptives en trois langues, créer le parcours des visiteurs, poser des rampes aux escaliers, installer une clôture pour protéger le site, le valoriser en le mettant en lumière et en soignant son ambiance nocturne ; aménager des espaces de repos, prévoir un rest house pour permettre aux visiteurs de se restaurer et un parking pour autobus, etc.

Avec Mme Shehadeh, j’ai passé plus de 18 mois à être présent presque quotidiennement sur ce chantier pour superviser les travaux.

Depuis 1860, oui 1860, plus de vingt interventions ont été effectuées sur ce site pour le préserver. Mais, pour moi et la Fondation du patrimoine, il fallait que cette opération soit la plus complète.

Mais notre budget ne nous permettant pas de réaliser tout le projet, des engagements ont été pris par le ministre des Travaux publics pour nous brancher sur le réseau d’éclairage public et par le ministre du Tourisme pour fixer les panneaux de signalisation. Le Conseil du développement et de la reconstruction s’est engagé en outre à nous allouer un budget de 180 000 USD pour aménager un parking d’autobus et la jonction avec l’autostrade. Et les moines libanais, grâce à Michel Eddé, se sont engagés à nous permettre l’usage de la parcelle 76 pour l’aménager en cafétéria.

Cependant aucune de ces promesses n’a été tenue.

En 2005, en présence du président Émile Lahoud et de ses ministres, nous avons inauguré en grande pompe la fin des travaux entrepris selon notre budget. Les clés du site ont été remises au ministère du Tourisme qui les a ensuite remises à la municipalité de Jounieh.

Aujourd’hui, malgré le coronavirus et la crise économique, nous devons penser que ce site est un patrimoine libanais avant d’être un patrimoine mondial de l’Unesco depuis Nabuchodonosor jusqu’au retrait israélien. Les 21 stèles encastrées à même le roc du promontoire de Nahr el-Kalb racontent l’histoire du Liban. Travaillons tous ensemble pour maintenir ce site hors de la politique. Par atavisme, j’aime le Liban et son patrimoine et par conviction je dois le défendre.

Samir J. ABILLAMA

Fondation nationale du patrimoine

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Ces derniers jours, je lis beaucoup sur Nahr el-Kalb qui est devenu un sujet politique. Mais, pour moi, c’est un problème de patrimoine, de valorisation du site historique.

Mon histoire avec ce site historique commence en 2003, lorsque Mme Mona Hraoui, présidente de la Fondation du patrimoine, nous propose la réhabilitation et la valorisation des stèles de Nahr el-Kalb.

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