X

À La Une

En Italie, le timide optimisme des scientifiques qui espèrent la fin du cauchemar

coronavirus "Les mesures semblent fonctionner mais il ne faut pas baisser la garde et faire en sorte qu'elles continuent de fonctionner, donc le fait de rester chez soi est aujourd'hui plus important que jamais", estime Walter Ricciardi, qui représente le pays au sein de l'OMS.
OLJ/AFP/ Franck IOVENE
24/03/2020

Amorce d'une décrue ou simple pause ? Le ralentissement depuis trois jours en Italie de la progression du nouveau coronavirus est perçu comme un signe d'espoir par les experts qui appellent à "ne pas baisser la garde", d'autant que le bilan quotidien reste lourd.

Pays jusqu'ici le plus meurtri au monde par la pandémie avec 6.820 morts, l'Italie a enregistré sur trois jours une diminution du nombre des personnes testées positives, de 25% entre samedi (4.821) et mardi (3.612), selon le bilan de la protection civile. La contagion semble confirmer un ralentissement même si celui-ci a été plus plus modeste (4%) au cours des dernières 24 heures.

Le nombre de personnes tuées par le Covid-19 est, lui, reparti à la hausse mardi, avec 743 morts, après deux jours de baisse. Mais la pandémie semble marquer le pas selon les scientifiques italiens qui perçoivent dans son actuelle évolution comme une lueur d'espoir, même s'ils s'empressent de la tempérer.

"Le ralentissement concerne surtout le Nord car dans le Sud, les chiffres continuent d'augmenter", constate mardi Walter Ricciardi, qui représente l'Italie au sein de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

"Les mesures semblent fonctionner mais il ne faut pas baisser la garde et faire en sorte qu'elles continuent de fonctionner, donc le fait de rester chez soi est aujourd'hui plus important que jamais", a insisté l'expert, interrogé sur la chaîne d'information Rai News 24.

L'optimisme est aussi mesuré en Lombardie, la région qui paie le plus lourd tribut à la maladie avec plus de 4.178 morts, dont 402 entre lundi et mardi.


(Lire aussi : Coincés en Italie, des étudiants libanais, sans argent, appellent au secours)



La menace du SudLe nombre des cas de contamination passés à côté des statistiques, parce que non testés, préoccupe aussi les scientifiques, certaines études montrant qu'ils pourraient constituer près de 60% du nombre total des porteurs du virus. Ces personnes alimentent sans le savoir sa propagation, ce qui pourrait retarder les effets attendus du confinement.

"Dans tous les pays du monde, il est difficile de connaître le nombre exact des personnes contaminées", a expliqué mardi soir le chef du gouvernement Giuseppe Conte, lors d'une conférence de presse organisée en vidéo. Il a aussi confirmé la doctrine de l'Italie dans cette crise consistant à pratiquer les tests seulement sur les personnes présentant des symptômes de la maladie.

L'attention des spécialistes se tourne aussi à présent vers le sud de l'Italie, sous la menace d'une explosion du nombre des cas après les exodes successifs des habitants travaillant dans le nord qui, dans le foulée des décrets de confinement, ont rejoint leurs proches dans les régions méridionales. Ils ont ainsi contribué à la dissémination du virus dans ces zones, par ailleurs moins bien équipées sur le plan sanitaire.

"La période d'incubation du virus tourne autour des 15 jours et, si on constate une diminution du nombre des cas dans le Nord, nous allons continuer à voir une augmentation dans le Sud", explique Walter Ricciardi. "Ce n'est donc que dans deux semaines que nous pouvons espérer voir le pays se diriger d'abord vers la stabilisation puis vers une décroissance mais, je le répète, seulement si les mesures de confinement sont respectées", a-t-il insisté.

"Les chiffres de ces deux derniers jours montrent un ralentissement mais je suis prudent, je ne veux pas me faire d'illusion", a déclaré mardi Giorgio Gori, le maire de Bergame, vue par les Italiens comme la ville martyre du coronavirus.

"J'espère que les deux semaines de confinement sont en train de porter leurs fruits mais je ne peux pas vous dire combien de temps nous allons vivre cette situation totalement anormale", a-t-il déclaré au cours d'une rencontre, via Facebook, avec les correspondants de la presse étrangère.

Des experts considèrent que l'importance du nombre des cas enregistrés à Bergame et dans sa région est à corréler au match de 8e de finale aller de la Ligue des champions Atalanta-Valence, le 19 février, qui aurait joué le rôle d'"accélérateur de la propagation du virus" en Lombardie mais aussi en Espagne après le retour dans leur pays des supporteurs de Valence.


Lire aussi :

Le coronavirus assombrit un peu plus le tableau au Moyen-Orient

Didier Raoult à L'OLJ : Les essais sur l'hydroxychloroquine doivent avancer pour pouvoir lutter contre le Covid-19

« Crier victoire trop vite, face au coronavirus, est irresponsable »



À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PAUVRES ITALIENS, ILS SONT A PLAINDRE. TRES TRISTE.

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants