Exécutif

Coronavirus : le gouvernement limite le trafic aérien, mais ne se décide pas encore à fermer les frontières

Avec l’interdiction des pèlerinages en Iran, les vols vers ce pays, qui connaît une importante flambée de cas de coronavirus, ont été réduits de près de 80 %.

Le Conseil des ministres a tenu hier une réunion extraordinaire afin de discuter des mesures à prendre pour limiter la propagation du coronavirus au Liban. Photo Dalati et Nohra

Le Conseil des ministres a entériné hier les mesures prises la veille par la cellule de crise ministérielle pour limiter la propagation du nouveau coronavirus Covid-19 dans le pays, notamment celle de contrôler les déplacements de et vers les régions endémiques (la Chine, la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran, NDLR) ainsi que d’interdire les pèlerinages religieux dans les pays touchés par l’épidémie.

Si le gouvernement se montre soucieux d’épargner au Liban une éventuelle épidémie, les ministères et parties concernés multipliant à cet effet les réunions et renforçant les mesures de prévention, il tarde encore à emboîter le pas aux pays ayant fermé, jusqu’à nouvel ordre, leurs frontières avec les pays endémiques, comme l’Irak, le Bahreïn ou les Émirats arabes unis qui ont interdit les vols de et vers l’Iran. Interrogé sur la question, le ministre de la Santé, Hamad Ali Hassan, explique à L’Orient-Le Jour qu’une telle décision revêt deux dimensions. « En interdisant les pèlerinages, nous avons réduit de près de 80 % les vols vers l’Iran, assure-t-il. Ce qui est important, puisque ce sont principalement les personnes âgées, c’est-à-dire les plus vulnérables, qui sont le plus concernées par cette mesure, qui a été d’ailleurs corroborée par le Conseil supérieur chiite. En la prenant, nous avons considérablement réduit le risque de contamination. »


(Lire aussi : Des masques, pour quoi faire..., l'éditorial de Issa GORAIEB)


Et M. Hassan de poursuivre : « Désormais donc, les vols vers l’Iran sont presque limités aux cas urgents et nécessaires, c’est-à-dire à ceux liés à l’éducation, aux soins médicaux et aux missions diplomatiques. Par ailleurs, vu l’ampleur de l’épidémie, les autorités iraniennes ont avancé les vacances du Nouvel An, Norouz, (le 20 mars prochain). Or, près de 1 500 Libanais poursuivent leurs études en Iran. Il est de notre responsabilité donc de leur offrir les moyens de rentrer chez eux. En outre, il n’y a pas de vol direct entre Qom et le Liban. Les autorités iraniennes font montre de coopération. Elles examinent tous les passagers avant qu’ils ne prennent le vol. »

M. Hassan note en outre que les mesures prises par son ministère s’alignent sur les recommandations émises par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Or, jusqu’à présent, l’agence onusienne « n’a pas interdit le trafic aérien de et vers l’Iran ou un autre pays endémique », avance M. Hassan, se félicitant du fait qu’au Liban, « le bilan est toujours limité à un cas confirmé, tous les autres tests effectués s’étant avérés négatifs ».

D’après le bilan quotidien de l’hôpital Rafic Hariri, le cas de T. S., la Libanaise revenant d’Iran dont on a appris la confirmation vendredi, est toujours stable. « Trois personnes ont quitté l’hôpital aujourd’hui (hier), précise la direction de l’établissement dans un communiqué. Il leur a été demandé d’observer une période d’isolement à domicile de quatorze jours. Et les recommandations nécessaires leur ont été fournies. » L’hôpital précise qu’entre lundi et mardi, « trente-deux cas ont été admis aux urgences du bâtiment consacré au coronavirus, dont sept qui ont été placés en quarantaine, sachant que le test qui leur a été effectué est négatif ». Toujours selon le communiqué, au total, dix-huit tests ont été effectués entre lundi et mardi. Tous sont négatifs.


(Lire aussi : Les régions libanaises qui accueillent les pèlerins rentrés d’Iran, entre défi et panique)


Responsabilité civique
À la question de savoir si les personnes qui observent l’isolement chez elles sont bien surveillées, M. Hassan précise à L’OLJ qu’une « équipe du ministère est constamment en contact avec elles et s’enquiert de leur état de santé matin et soir ». Il note que les municipalités et les forces de l’ordre sont impliquées et s’assurent que les personnes isolées se conforment aux recommandations.

« Les personnes qui rentrent des régions endémiques ont peur pour leur santé et pour leur entourage, constate le ministre. Au moindre symptôme, elles appellent le ministère. Par ailleurs, nous misons beaucoup sur le sens de responsabilité civique et sanitaire des individus envers leur communauté. Cette épidémie constitue une crise nationale et nous avons tous le devoir de coopérer pour la surmonter avec le moins de dégâts possible. »


(Lire aussi : Face aux étals dévalisés à Milan, les Libanais se souviennent des « années de guerre »)


Mesures dans les écoles
Le Conseil des ministres, qui a tenu hier une réunion extraordinaire, a discuté également des mesures à prendre dans les écoles et universités. À l’issue de la séance, la ministre de l’Information, Manal Abdel Samad Najd, a déclaré que celles-ci « ne seront fermées que lorsque cela s’avérera nécessaire », précisant qu’une telle mesure « sera prise par le ministère de la Santé selon les recommandations de l’OMS ».

Plus tôt dans la journée, cette même question avait été à l’ordre du jour de la commission parlementaire de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, qui a affirmé qu’« il n’y avait aucune raison de fermer les écoles » et qu’« il suffisait de suivre à la lettre les mesures de prévention, notamment de recourir à une stérilisation complète et de ne pas envoyer aux écoles les enfants qui présentent un syndrome grippal ».

Hilda Khoury, directrice de l’orientation pédagogique et scolaire au ministère de l’Éducation, a expliqué que « le ministère organisera une série de réunions avec tous les directeurs de toutes les écoles jeudi et vendredi ». « Nous distribuerons également des produits antiseptiques aux écoles publiques, a-t-elle ajouté. Une équipe de supervision va entreprendre des visites dans les écoles publiques. Nous comptons également sur la sensibilisation des parents. » « Le ministère de l’Éducation coordonne avec celui de la Santé publique et l’Organisation mondiale de la santé sur les mesures préventives à prendre », a noté Mme Khoury, précisant que « le virus n’a pas provoqué de mort chez les personnes de moins de 9 ans ».


(Lire aussi : Mensonges et pénuries : l’Iran face au coronavirus)


Cellule corona
L’infection à Covid-19 a également été à l’ordre du jour de la commission parlementaire de la Santé, présidée par Assem Araji qui a annoncé que « le Liban a demandé à l’OMS d’aider le ministère de la Santé à mettre en place des chambres d’isolement dans plusieurs régions libanaises ». Il a en outre indiqué que « des mesures efficaces ont été mises en place à l’aéroport, mais que le nombre des employés est très faible ».

De son côté, le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, a déclaré à l’issue de la même réunion que « le ministre de la Santé a promis d’organiser une visite des différents entrepôts pour vérifier le stock des équipements de protection ». « Il nous informera ensuite des résultats pour que nous puissions éviter une pénurie de ces dispositifs », a-t-il poursuivi, indiquant que la possibilité d’aménager des ailes d’isolement dans les hôpitaux gouvernementaux de Saïda et de la Békaa était en train d’être étudiée.

Enfin, une équipe de la faculté des sciences médicales de l’Université libanaise a annoncé hier avoir formé une « cellule corona » à l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri, formée de quatorze médecins volontaires.


Lire aussi
Coronavirus : le Liban a les capacités médicales pour gérer une éventuelle épidémie

Coronavirus : quand les Libanais se lâchent sur les réseaux sociaux


Le Conseil des ministres a entériné hier les mesures prises la veille par la cellule de crise ministérielle pour limiter la propagation du nouveau coronavirus Covid-19 dans le pays, notamment celle de contrôler les déplacements de et vers les régions endémiques (la Chine, la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran, NDLR) ainsi que d’interdire les pèlerinages religieux dans les pays...

commentaires (4)

UN PRINCIPE DOIT ETRE BIEN CLAIR TOUT LIBANAIS QUI A ETE OU QUI VA ALLER EN IRAN DEPUIS LE DECLANCHEMENT DU VIRUS CORONA SURTOUT CEUX QUI VONT ALLER AU PELERINAGE MAINTENANT EN IRAN N'AURONT PAS LE DROIT DE REVENIR AU LIBAN AVANT UNE QUARANTAINE DE 3 SEMAINES DANS UN HOPITAL IRANIEN VERIFIEE PAR L'OMS EN IRAN TOUTE AUTRE RESOLUTION VOUDRA DIRE QUE CE GOUVERNEMENT S'EN FOU DE LA SANTE DES LIBANAIS ET EST A LA SOLDE DE HEZBALLAH UN POINR C'EST TOUT

LA VERITE

15 h 12, le 26 février 2020

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • UN PRINCIPE DOIT ETRE BIEN CLAIR TOUT LIBANAIS QUI A ETE OU QUI VA ALLER EN IRAN DEPUIS LE DECLANCHEMENT DU VIRUS CORONA SURTOUT CEUX QUI VONT ALLER AU PELERINAGE MAINTENANT EN IRAN N'AURONT PAS LE DROIT DE REVENIR AU LIBAN AVANT UNE QUARANTAINE DE 3 SEMAINES DANS UN HOPITAL IRANIEN VERIFIEE PAR L'OMS EN IRAN TOUTE AUTRE RESOLUTION VOUDRA DIRE QUE CE GOUVERNEMENT S'EN FOU DE LA SANTE DES LIBANAIS ET EST A LA SOLDE DE HEZBALLAH UN POINR C'EST TOUT

    LA VERITE

    15 h 12, le 26 février 2020

  • QUAND EST-CE QU,ILS ONT PRIS DES DECISIONS JUSTES ET A TEMPS POUR LE FAIRE MAINTENANT.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 42, le 26 février 2020

  • Les ministres de la santé et de l'éducation ne sont-ils pas aptes à prendre les décisions adéquates et laisser le gouvernement se concentrer sur les réformes et les échéances? Par exemple, pour quelle raison est-ce que la ministre de la défense participe systématiquement aux réunions relatifs aux euro bonds et FMI? C'est quoi au juste sa valeur ajoutée?

    Zovighian Michel

    05 h 18, le 26 février 2020

  • "... nous misons beaucoup sur le sens de responsabilité civique et sanitaire des individus ..." Responsabilité civique? Au Liban? On est déjà le 1er avril?

    Gros Gnon

    03 h 09, le 26 février 2020