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Dette publique

Des détenteurs internationaux d’eurobonds s’organisent pour négocier avec le Liban

Selon Bloomberg, les eurobonds libanais ont perdu environ 20 % de leur valeur en 2019, soit « la pire performance parmi les marchés émergents ».

Un mur de béton érigé dans la "rue des banques" dans le centre-ville de Beyrouth, le 24 janvier 2020. Photo REUTERS/Aziz Taher

Alors que le Liban est plongé dans une grave crise économique, se pose avec acuité, ces dernières semaines dans les cercles économiques et politiques, la question de l'opportunité de rembourser début mars une série d’eurobonds arrivant à échéance et qui s’élèvent à 1,2 milliard de dollars, face à celle d’une restructuration de la dette. C'est dans ce contexte que Greylock Capital Management, un fonds d'investissement spéculatif, a annoncé mercredi avoir formé un groupe avec d’autres détenteurs d’eurobonds afin de négocier avec l’État libanais « de ses options » en cas de restructuration de sa dette publique. Greylock a vocation à acheter des obligations de pays ou entreprises qui sont dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, en pariant sur la possibilité future de réaliser des profits, si, plus tard, la valeur du titre ou de l’action remonte.

Environ deux tiers des eurobonds, dont les émissions sont régies par la loi de l’État de New York, sont détenus par les banques locales et la BDL. Le reste l'étant pas des investisseurs internationaux.

Dans le contexte de la crise libanaise, les eurobonds qui arrivent à maturité le 9 mars prochain ont connu une diminution de leur prix de 12 centimes de dollars pour atteindre un prix record de 70 centimes. Le prix des eurobonds arrivant à échéance en avril 2021 (d’une valeur de 2,1 milliards de dollars) a, lui, baissé de 8 centimes pour atteindre un prix de 38 centimes. Selon Bloomberg, les eurobonds libanais ont perdu environ 20 % de leur valeur en 2019, soit « la pire performance parmi les marchés émergents ».

Tout ceci indique que le marché anticipe un  « défaut (de paiement) dans les douze mois », a déclaré à Bloomberg Mohieddine Kronfol, chef de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de Franklin Templeton, une société spécialisée dans l’investissement.

Mercredi, une source gouvernementale indiquait d'ailleurs à Reuters que le Liban s'apprête à demander officiellement l’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) pour l’aider à restructurer sa dette. Le Liban croule sous une dette d'environ 92 milliards de dollars, soit plus de 150% de son produit intérieur brut, l'un des ratios les plus élevés mondialement.


En général, une restructuration de la dette signifie que de nouvelles séries d’eurobonds sont émises avec des dates de maturité plus longues, une réduction des intérêts et souvent du principal. Les séries existantes sont alors échangées contre les nouvelles séries. Si une telle opération est décidée, les principaux détenteurs d’eurobonds se regroupent au sein d’un comité pour en négocier les termes avec l’État concerné. Une fois un accord conclu, les termes de la restructuration doivent être approuvés par une majorité de 75 % des détenteurs de chaque série, votant série par série.

Dans le débat autour de l'opportunité ou non de rembourser l'échéance de mars, ceux qui prônent le non remboursement craignent notamment une baisse supplémentaire des réserves en dollars du Liban, déjà en cours d'érosion, tandis que ceux qui soutiennent l'option du remboursement, notamment les banques donc, mettent en garde contre l'impact négatif d'un éventuel défaut de paiement alors que le pays n'a jamais failli à ses engagements.

Ces derniers mois, les banques locales ont imposé des restrictions draconiennes sur les retraits et les transferts, notamment en dollars, par crainte d'un épuisement de leurs réserves en billets verts, nécessaires pour financer les importations du pays et maintenir le taux de change intacte. La monnaie nationale, indexée au dollar depuis 1997, a déjà perdu plus du tiers de sa valeur sur le marché noir face au dollar.



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Alors que le Liban est plongé dans une grave crise économique, se pose avec acuité, ces dernières semaines dans les cercles économiques et politiques, la question de l'opportunité de rembourser début mars une série d’eurobonds arrivant à échéance et qui s’élèvent à 1,2 milliard de dollars, face à celle d’une restructuration de la dette. C'est dans ce contexte que Greylock...

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ET LES DEPOSANTS LIBANAIS DOIVENT FORMER UN FRONT UNI POUR NEGOCIER LA SAUVEGARDE DE LEURS ECONOMIES D,UNE VIE EN DEPOTS CHEZ LES BANQUIERS QUI CHERCHENT A SAUVER LEURS INVESTISSEMENTS ET NON CEUX DES DEPOSANTS.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 17, le 12 février 2020

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Commentaires (1)

  • ET LES DEPOSANTS LIBANAIS DOIVENT FORMER UN FRONT UNI POUR NEGOCIER LA SAUVEGARDE DE LEURS ECONOMIES D,UNE VIE EN DEPOTS CHEZ LES BANQUIERS QUI CHERCHENT A SAUVER LEURS INVESTISSEMENTS ET NON CEUX DES DEPOSANTS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 17, le 12 février 2020