X

À La Une

Des détenteurs internationaux d’eurobonds s’organisent pour négocier avec le Liban

Dette publique

Selon Bloomberg, les eurobonds libanais ont perdu environ 20 % de leur valeur en 2019, soit « la pire performance parmi les marchés émergents ».

OLJ
12/02/2020

Alors que le Liban est plongé dans une grave crise économique, se pose avec acuité, ces dernières semaines dans les cercles économiques et politiques, la question de l'opportunité de rembourser début mars une série d’eurobonds arrivant à échéance et qui s’élèvent à 1,2 milliard de dollars, face à celle d’une restructuration de la dette. C'est dans ce contexte que Greylock Capital Management, un fonds d'investissement spéculatif, a annoncé mercredi avoir formé un groupe avec d’autres détenteurs d’eurobonds afin de négocier avec l’État libanais « de ses options » en cas de restructuration de sa dette publique. Greylock a vocation à acheter des obligations de pays ou entreprises qui sont dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, en pariant sur la possibilité future de réaliser des profits, si, plus tard, la valeur du titre ou de l’action remonte.

Environ deux tiers des eurobonds, dont les émissions sont régies par la loi de l’État de New York, sont détenus par les banques locales et la BDL. Le reste l'étant pas des investisseurs internationaux.

Dans le contexte de la crise libanaise, les eurobonds qui arrivent à maturité le 9 mars prochain ont connu une diminution de leur prix de 12 centimes de dollars pour atteindre un prix record de 70 centimes. Le prix des eurobonds arrivant à échéance en avril 2021 (d’une valeur de 2,1 milliards de dollars) a, lui, baissé de 8 centimes pour atteindre un prix de 38 centimes. Selon Bloomberg, les eurobonds libanais ont perdu environ 20 % de leur valeur en 2019, soit « la pire performance parmi les marchés émergents ».

Tout ceci indique que le marché anticipe un  « défaut (de paiement) dans les douze mois », a déclaré à Bloomberg Mohieddine Kronfol, chef de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord de Franklin Templeton, une société spécialisée dans l’investissement.

Mercredi, une source gouvernementale indiquait d'ailleurs à Reuters que le Liban s'apprête à demander officiellement l’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) pour l’aider à restructurer sa dette. Le Liban croule sous une dette d'environ 92 milliards de dollars, soit plus de 150% de son produit intérieur brut, l'un des ratios les plus élevés mondialement.


En général, une restructuration de la dette signifie que de nouvelles séries d’eurobonds sont émises avec des dates de maturité plus longues, une réduction des intérêts et souvent du principal. Les séries existantes sont alors échangées contre les nouvelles séries. Si une telle opération est décidée, les principaux détenteurs d’eurobonds se regroupent au sein d’un comité pour en négocier les termes avec l’État concerné. Une fois un accord conclu, les termes de la restructuration doivent être approuvés par une majorité de 75 % des détenteurs de chaque série, votant série par série.

Dans le débat autour de l'opportunité ou non de rembourser l'échéance de mars, ceux qui prônent le non remboursement craignent notamment une baisse supplémentaire des réserves en dollars du Liban, déjà en cours d'érosion, tandis que ceux qui soutiennent l'option du remboursement, notamment les banques donc, mettent en garde contre l'impact négatif d'un éventuel défaut de paiement alors que le pays n'a jamais failli à ses engagements.

Ces derniers mois, les banques locales ont imposé des restrictions draconiennes sur les retraits et les transferts, notamment en dollars, par crainte d'un épuisement de leurs réserves en billets verts, nécessaires pour financer les importations du pays et maintenir le taux de change intacte. La monnaie nationale, indexée au dollar depuis 1997, a déjà perdu plus du tiers de sa valeur sur le marché noir face au dollar.



Lire aussi

L'ABL prône le remboursement des eurobonds en mars mais se dit ouverte à un rééchelonnement de la dette

Restructuration de la dette : L’excuse du temps n’est plus recevable, selon Sibylle Rizk

Le budget 2020 n’a aucune légitimité


À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET LES DEPOSANTS LIBANAIS DOIVENT FORMER UN FRONT UNI POUR NEGOCIER LA SAUVEGARDE DE LEURS ECONOMIES D,UNE VIE EN DEPOTS CHEZ LES BANQUIERS QUI CHERCHENT A SAUVER LEURS INVESTISSEMENTS ET NON CEUX DES DEPOSANTS.

Dernières infos

Les signatures du jour

impression de Fifi ABOU DIB

Les démons du fatalisme

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants