Le président du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo d'archives HO/LEBANESE PARLIAMENT/AFP
Le président du Parlement, Nabih Berry, a affirmé mercredi que cinq propriétaires de banques au Liban ont transféré à l'étranger des fonds personnels à hauteur de plus de 2 milliards de dollars, au moment où le Liban fait face à une crise financière et économique inédite depuis 30 ans, couplée à une crise de liquidités sur le marché local.
"Nous avons pu confirmer que les propriétaires de cinq banques ont transféré leurs fonds personnels à l'étranger, le montant s'estimant à 2,3 milliards de dollars", a affirmé le député Ali Bazzi, membre de la formation de Nabih Berry, le mouvement Amal, évoquant les propos du président du Parlement.
Ali Bazzi ne précise toutefois pas vers quels pays les fonds ont été transférés et n'explique pas comment le chef du Législatif a pu identifier ces cinq propriétaires de banques qu'il ne nomme pas.
Le Liban connaît une importante crise de liquidités depuis plusieurs mois. En raison de cette crise, le taux de change de la livre libanaise a grimpé en flèche auprès des changeurs, dépassant allègrement les 2.200 livres, tandis que le taux officiel interbancaire, observé par les banques et certains grands établissements commerciaux, reste stable, entre 1515 et 1520 livres pour un dollar. Face à cette crise, les banques du pays ont imposé une série de restrictions à leurs clients et le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, cherche à réglementer ces restrictions.
Courant janvier, la commission spéciale d’investigations (CSI) du Bureau de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, relevant de la Banque du Liban, avait demandé à toutes les banques exerçant dans le pays de réexaminer les comptes détenus par des "personnalités politiquement exposées" afin de déceler les transferts de fonds vers l’étranger effectués depuis le début des manifestations.
Jeudi dernier, le gouverneur de la BDL a indiqué que l'enquête porte sur des transferts à hauteur d'un milliard de dollars. Quelques semaines auparavant, une polémique avait éclaté autour d’informations non vérifiées sur des transferts présumés de milliards de dollars vers des banques suisses en décembre par neuf hommes politiques libanais. Le ministre sortant de la Justice, Albert Serhane, avait pour sa part transmis aux autorités suisses une demande "d’aide judiciaire" concernant ces transferts suspects.
(Lire aussi : Contrôle des capitaux : des associations assignent l’Association des banques du Liban en justice)
"Lynchage de la population"
Dans ce contexte, le bloc parlementaire du mouvement Amal a demandé au gouvernement d'"œuvrer rapidement pour trouver des solutions rapides mettant fin à l'humiliation des gens et des déposants". Il a appelé par ailleurs les banques et leurs propriétaires à "prendre leurs responsabilités juridiques concernant la mise en danger de l'argent et des moyens de subsistance" des Libanais.
En outre, Nabih Berry a estimé que "la sensibilité de la situation actuelle ne peut pas supporter un lynchage de la population, du pays et de ses institutions". "Nous sommes face à une réelle opportunité de sauvetage, à nous de la saisir (...)", a-t-il affirmé selon M. Bazzi.
Nabih Berry a ensuite abordé la question de la déclaration ministérielle du gouvernement de Hassane Diab, qui a été finalisée lundi et qui doit être soumise à l'approbation du cabinet jeudi, en vue de la présenter au Parlement la semaine prochaine, en principe, lors des séances du vote de confiance.
"Les séances de vote de confiance auront lieu en principe à partir de mardi, si la déclaration est transmise à la Chambre au plus tard vendredi", a souligné M. Berry. Il s'est en outre dit "étonné de l'approche du dossier de l'électricité dans la déclaration ministérielle". "Pourquoi ce dossier n'est pas résolu sur le plan national comme il a été résolu à Zahlé ?", s'est demandé M. Berry.


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Et 5 politiciens ont volé dix milliards...! Ça fait 12,3...
23 h 57, le 05 février 2020