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Économie - Compte-Rendu

Salamé : nous enquêtons sur un milliard de dollars transférés hors du Liban depuis septembre

Le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, s’est exprimé hier sur France 24. Joseph Eid/AFP

Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, est revenu hier dans un entretien accordé à la chaîne d’information France 24 sur la dégradation de la situation économique et financière que vit le pays depuis plusieurs mois, sur fond de manifestations contre les dirigeants politiques qui ont démarré le 17 octobre dernier.

Le patron de la banque centrale a notamment évoqué l’enquête diligentée auprès des banques concernant les 2,6 milliards de dollars qui ont été transférés hors du pays depuis septembre, un dossier sur lequel il s’est déjà exprimé à plusieurs reprises. « L’enquête est sérieuse. Nous cherchons à savoir si des personnes politiquement exposées (des PPE ou PEP pour l’acronyme anglais, NDLR) ont fait des virements (pendant cette période), ce qui peut (être assimilé) à un abus de position. C’est ce que nous sommes en train de vérifier », a-t-il notamment déclaré avant de préciser que l’enquête ne portait plus que sur les mouvements d’un milliard de dollars sur le total. Les 1,6 milliard de dollars restants sont en fait des dépôts fiduciaires en provenance de l’étranger et qui avaient été placés au Liban, avant d’être de nouveau rapatriés, a-t-il précisé.

Courant janvier, la commission spéciale d’investigation (CSI) du Bureau de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme de la BDL avait demandé à toutes les banques exerçant dans le pays de réexaminer les comptes détenus par des « personnalités politiquement exposées » afin de déceler les transferts de fonds vers l’étranger effectués depuis le début des manifestations.

Un haircut pourrait être anticonstitutionnel

Le gouverneur a en outre pointé du doigts les rumeurs visant la santé financière des banques libanaises, qui ont mis en place depuis plusieurs mois des mesures informelles de contrôle de capitaux limitant notamment les retraits d’espèces en dollars comme en livres ou les transferts à l’étranger, et qui pourraient être réglementées dans les prochains jours (voir par ailleurs). « On se demande (d’où vient) cette insistance à vouloir déstabiliser le système. Elle ne peut être innocente », a-t-il notamment jugé.

Riad Salamé a en outre une nouvelle fois affirmé l’opposition de la BDL à la possibilité qu’un « haircut » (une ponction) sur les dépôts enregistrés dans les banques libanaises soit effectué pour éviter une faillite des banques et de l’État, dans le cas où celles-ci n’arrivent pas à absorber le coût d’une restructuration de la dette publique. Cette possibilité est revenue à de nombreuses reprises dans le débat public, les établissements libanais étant en effet les principaux détenteurs de la dette publique libanaise qui, à près de 90 milliards de dollars à fin novembre 2019, soit 150 % du PIB, a atteint un niveau insoutenable pour le pays, surtout dans un contexte marqué par une contraction de l’économie et une baisse des dépôts bancaires. « Nous ne sommes pas pour un haircut, et s’il devait avoir lieu, cela nécessiterait une loi, qui pourrait être anticonstitutionnelle », a-t-il estimé. Le gouverneur avait exprimé une position similaire le week-end dernier sur le compte Twitter officiel de la BDL après avoir été interpellé par le puissant homme d’affaires émirati Khalaf Ahmad al-Habtoor. Parmi les autres sujets abordés, le gouverneur a rappelé que les taux d’intérêt sur les dépôts avaient été abaissés à respectivement 5 % et 8,5 % pour ceux en dollars et en livres. Il a enfin affirmé que le système bancaire et financier libanais avait « suffisamment de fonds » pour « redémarrer », soulignant que ce redémarrage était lié à une amélioration de la situation politique au niveau régional.


Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, est revenu hier dans un entretien accordé à la chaîne d’information France 24 sur la dégradation de la situation économique et financière que vit le pays depuis plusieurs mois, sur fond de manifestations contre les dirigeants politiques qui ont démarré le 17 octobre dernier. Le patron de la banque centrale a notamment évoqué l’enquête diligentée auprès des banques concernant les 2,6 milliards de dollars qui ont été transférés hors du pays depuis septembre, un dossier sur lequel il s’est déjà exprimé à plusieurs reprises. « L’enquête est sérieuse. Nous cherchons à savoir si des personnes politiquement exposées (des PPE ou PEP pour l’acronyme anglais, NDLR) ont fait des virements (pendant cette période), ce qui peut (être assimilé) à un abus de...
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