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À La Une - Justice

Le Japon défend son système judiciaire avant la conférence de Ghosn

Lundi, des avocats de l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan s'en étaient pris tant à la justice japonaise qu'au gouvernement français.

L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, escorté à sa sortie de la prison de Tokyo, le 6 mars 2019. AFP / JIJI PRESS

L'arrestation et l'inculpation de Carlos Ghosn reposaient sur des bases judiciaires solides et respectueuses des droits de la défense, a insisté mardi devant quelques journalistes un responsable du gouvernement japonais, à la veille d'une conférence de presse très attendue que l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan doit tenir à Beyrouth.

"L'expression de justice de l'otage, souvent employée vis-à-vis du système japonais, n'a pas lieu d'être, car il n'est pas exact que les interrogatoires visent à obtenir des aveux", a affirmé ce responsable dont le nom ne peut être cité. "Les arrestations se font sur la base de soupçons avérés, immédiatement notifiés à l'intéressé, avec un mandat d'arrêt délivré par un juge, et les inculpations reposent sur des pièces à conviction", a-t-il développé.

Les droits de la défense sont garantis, selon lui : "Certes, l'avocat n'est pas présent lors des interrogatoires, mais une personne en garde à vue peut garder le silence et consulter son défenseur à tout moment". "Tous les interrogatoires sont enregistrés en audio et vidéo. C'est le choix que nous avons fait au terme de longs débats", a-t-il insisté en réponse à des critiques virulentes découlant notamment des protestations émises par Carlos Ghosn et ses proches. Dans le cas de M. Ghosn, "le bureau des procureurs a expliqué que le tribunal avait estimé inévitable de l'arrêter et de le maintenir en détention compte tenu du risque que M. Ghosn, se sachant objet d'investigations, ne quitte le Japon, détruise des éléments de preuves et influence des personnes en lien avec ses malversations présumées", a encore souligné le responsable.

Le fait que M. Ghosn ait été libéré sous caution in fine prouve selon ce responsable que la justice japonaise garantit les droits de la défense, puisque cette liberté sous condition, sans surveillance 24h/24, "a été motivée par le tribunal par la nécessité de lui donner assez d'occasions de voir ses avocats et préparer son procès". M. Ghosn n'avait cependant pas le droit de voir ou parler à sa femme sans autorisation spéciale du juge, ce dont il n'a cessé de se plaindre. "Ce n'est pas parce qu'il est interdit à une personne de contacter des membres de sa famille en raison de risque de destruction de preuves que cela est inhumain", a tranché le responsable.

M. Ghosn avait été arrêté fin novembre 2018 au Japon et avait passé 130 jours sous les verrous, soupçonné de diverses malversations financières. Depuis fin avril 2019, il était en liberté sous caution avec interdiction formelle de quitter le pays dans l'attente de son procès qui devait s'ouvrir cette année. Mais, fin décembre, dans un scénario hollywoodien autour duquel demeurent plusieurs zones d'ombre, il a réussi à fuir le Japon pour rejoindre le Liban, un pays dont il a la nationalité. Demain, il donnera une conférence de presse très attendue à 13h00 GMT (15h00 à Beyrouth, 14h00 à Paris), la première depuis son arrestation au Japon, durant laquelle il pourrait lever un coin de voile sur les circonstances de sa fuite vers le Liban et sur le "complot" à l'origine, selon lui, de sa disgrâce soudaine.  Le patron déchu n'a eu de cesse de clamer son innocence et se présente comme la victime d'une machination ourdie, selon lui, par des dirigeants de Nissan décidés à faire échec à son projet de renforcement de l'alliance des deux constructeurs.



(Lire aussi : Carole Ghosn visée par un mandat d'arrêt japonais pour faux témoignage)



"Écraser M. Ghosn"
Lundi, des avocats de M. Ghosn s'en étaient pris tant au système judiciaire japonais qu'au gouvernement français. Dans un premier communiqué, François Zimeray attaque frontalement le Japon, dont il estime que le système judiciaire vise "à briser et non à juger". "Vous savez que votre gouvernement a délibérément voulu écraser M. Ghosn. Face à un tel déni de justice, quelle alternative pour quiconque se sait innocent?", poursuit-il. "Vous êtes les seuls responsables de la situation que vous avez créée et qui nuit à l'image du Japon dans le monde", ajoute t-il, s'en prenant à la justice de ce pays "incapable d'organiser un procès équitable", selon lui.

Dans un deuxième communiqué, transmis à l'AFP, Jean-Yves le Borgne, un autre conseil de l'ancien patron de Renault et Nissan, attaque cette fois la France et notamment son ministre de l'Economie, Bruno le Maire. "Bruno Le Maire tient curieusement, depuis des mois, des propos défavorables à Carlos Ghosn. Est-ce pour plaire aux Japonais?", s'interroge t-il. "Est-ce pour accabler un grand patron et ainsi séduire la France des gilets jaunes ? Toujours est-il que son hostilité constante ne repose sur rien", ajoute t-il.

"Carlos Ghosn est un justiciable comme les autres. On lui reproche un certain nombre de faits. Il doit y répondre devant la justice", avait dit Bruno Le Maire sur France Inter lundi. "Lorsqu'il y a eu des faits délictueux qui ont été reprochés à Carlos Ghosn chez Renault, j'ai demandé un audit à Renault. J'ai demandé à Renault de faire toute la lumière. Il y a des faits qui ont été mis en lumière. Nous avons transmis tous ces faits à la justice et une procédure a été ouverte", a encore déclaré le ministre.




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L'arrestation et l'inculpation de Carlos Ghosn reposaient sur des bases judiciaires solides et respectueuses des droits de la défense, a insisté mardi devant quelques journalistes un responsable du gouvernement japonais, à la veille d'une conférence de presse très attendue que l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan doit tenir à Beyrouth. "L'expression de justice de l'otage,...
commentaires (1)

SI C,ETAIT UN SYSTEME JUDICIAIRE CORRECT ET NON ARBITRAIRE IL N,Y AURAIT PAS EUT BESOIN DE SORTIR SUR LES MEDIAS POUR LE DEFENDRE...

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

15 h 53, le 07 janvier 2020

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Commentaires (1)

  • SI C,ETAIT UN SYSTEME JUDICIAIRE CORRECT ET NON ARBITRAIRE IL N,Y AURAIT PAS EUT BESOIN DE SORTIR SUR LES MEDIAS POUR LE DEFENDRE...

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    15 h 53, le 07 janvier 2020

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