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Dette

Eurobonds : la BDL propose un nouveau swap aux banques

Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Photo d’archives

Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a proposé cette semaine aux banques du pays une nouvelle opération d’échange d’eurobonds (titres de dette en dollar émis par le Liban), selon un compte rendu de la dernière réunion entre la banque centrale, l’Association des banques du Liban (ABL) et la commission de contrôle des banques (CCB), qui s’est tenue lundi 30 décembre dernier. Ce compte rendu, qui n’a pas été diffusé dans la presse, a été distribué hier aux responsables des établissements bancaires.

Le « swap » évoqué par le gouverneur consiste à échanger des eurobonds de longue maturité détenus par la BDL contre d’autres détenus par les banques et arrivant à échéance en mars, avril et juin de cette année. Demandant aux établissements une réponse dans les meilleurs délais, Riad Salamé leur a en outre fait part de la possibilité que la BDL revende ces titres à courte maturité sur le marché secondaire, ajoutant que « l’un des principaux fonds détenant la dette extérieure libanaise » avait montré « un intérêt » dans ce sens.


(Pour mémoire : Le Liban a remboursé les eurobonds arrivant à échéance et en a émis de nouveaux)



IBL Bank augmente son capital

Le gouverneur a également soulevé la question de la mise en application de la circulaire n° 532 du 4 novembre 2019, à travers laquelle la BDL a demandé aux banques d’augmenter leurs fonds propres de 20 % par rapport au 31 décembre 2018. Une opération en dollars qui doit être réalisée en deux temps – soit 10 % avant le 31 décembre 2019, puis 10 % encore avant le 30 juin 2020. Le montant cumulé des nouveaux apports devrait dépasser les quatre milliards de dollars pour l’ensemble du secteur. Le gouverneur a ainsi indiqué que la plupart des banques lui avaient déjà transmis leurs plans respectifs visant à se conformer au texte, et que les autres établissements devaient se dépêcher d’en faire de même, « car ne pas s’y conformer serait inacceptable. » Plusieurs banques ont déjà publiquement annoncé avoir acté la première augmentation de 10 %, dont BLOM Bank, Byblos Bank et le Crédit libanais et, tout récemment IBL Bank, qui a communiqué à ce sujet hier (voir encadré). Parmi les autres sujets abordés pendant la réunion, le gouverneur a constaté l’ampleur du phénomène de thésaurisation qui s’est manifesté ces derniers mois dans le pays sur fond de crise de liquidités, notant par exemple que les retraits de fonds en liquide effectués par les banques auprès de la BDL avaient atteint 130 milliards de livres libanaises par jour pendant la période des fêtes (86,2 millions de dollars au taux officiel) contre 50 milliards de livres (33,2 millions de dollars) « lors de la période précédente ». Il a ajouté que ces montants ne retournaient pas à la Banque du Liban mais étaient thésaurisés, ce qui l’a amené à conclure que le pays se dirigeait vers une économie dominée par la circulation d’argent liquide.

Financement des importations

Une des autres illustrations de ce phénomène relevé est le fait que la majorité des envois de fonds des expatriés libanais vers leurs familles se faisaient désormais hors du circuit bancaire. M. Salamé a en outre informé les participants à la réunion qu’il allait émettre une circulaire accordant une liberté totale pour les transactions électroniques et le lancement de la cryptomonnaie. Il les a aussi notifiés en amont de la publication de la circulaire n° 537 (du 31 décembre) dans laquelle la BDL impose aux agences spécialisées dans les transferts d’argent (MoneyGram, OMT et autres) de payer les montants envoyés à leurs clients au Liban « dans la devise dans laquelle il ont été effectués ».

Le gouverneur a en outre abordé le sujet des moyens de financement des importateurs et des commerçants à travers des lignes de crédit accordées aux entreprises. Il a informé les banques qu’il avait établi des contacts à ce sujet avec des banques correspondantes et des institutions financières internationales, dont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI) ou encore l’Agence française pour développement (AFD) en vue de garantir les importations de produits de base. Il a néanmoins précisé qu’aucune réponse claire ne lui avait été pour l’instant communiquée.

Répondant à une question sur les normes comptables IFRS9 et leurs répercussions sur les capitaux des banques, il a indiqué à l’ABL qu’il allait suspendre l’exécution des circulaires concernant la mise aux normes des banques et qu’un projet avait été préparé par la CCB.

Enfin, concernant le dossier des milliards de dollars de fonds qui auraient été transférés à l’étranger courant décembre par plusieurs responsables politiques, le gouverneur a assuré que la commission spéciale d’investigation n’avait reçu « aucun retour » de banques vers lesquelles ces fonds auraient été virés, ni de signalement par les banques locales concernant des mouvements suspects de capitaux. Il s’est néanmoins engagé a publier prochainement l’ensemble des données qui permettront de lever le voile sur ce dossier.



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