par Nicolas SBEIH

Salon Élie

Élie, le bon coiffeur folklorique du quartier, est vraiment consterné. Il se vantait du fait qu’il était un rare spécialiste de la technique du « haircut »… Et voilà maintenant que, subitement, tout le monde s’y est mis. Mais, heureusement, cette pratique, qui consiste dans son sens financier à puiser dans les dépôts bancaires au profit de l’État, ne va pas se faire en fin de compte. Cela dénote néanmoins une situation critique, due à une hémorragie financière qui dure depuis des années.

D’où provient donc cette hémorragie ? Il y a bien sûr la corruption et la mauvaise gestion dont tout le monde parle. Ce qui est vrai, sauf que cet argent de la corruption reste en gros dans le pays.

Quelle est donc la source principale de l’hémorragie ? Il ne faut pas chercher loin : c’est le Hezbollah. Le parti de Dieu le Père a multiplié les oracles pour hériter des Syriens le casse du siècle : assassinats, guerre, occupations, invasion militaire, blocages politiques, contrebandes, blanchiment d’argent… D’où les sanctions et la faillite de deux banques. Puis, pour éloigner les méchants donateurs, il a multiplié les diatribes contre l’Arabie saoudite qui promettait de l’argent (dont trois milliards pour l’armée) et d’autres grands Satans.

Chacun de ses épisodes a coûté des milliards de dollars de pertes. De sorte que même le très réservé Riad Salamé y a fait allusion, dont deux fois en l’espace d’un mois. La première fois en indiquant que la crise du dollar était en partie due à une augmentation anormale des importations de carburant cette année, sous-entendu que des quantités ont été transmises aux Syriens. La deuxième fois en disant que l’affaire de Jammal Trust Bank a provoqué une fuite de capitaux. Deux faits incombant au Hezbollah. En plus, les dollars étaient transférés en Syrie à partir du système bancaire libanais. Pour preuve, les restrictions qui furent appliquées localement sur le retrait du billet vert en novembre ont provoqué une chute de la livre syrienne à hauteur de 30 % en une semaine, jusqu’à un bas historique de 765 livres par dollar.

Mais est-ce que l’affaiblissement ou la faillite du système bancaire ne risquerait-il pas de toucher aussi le Hezb ? Justement non : comme il est exclu du système bancaire, autant l’abattre pour que les autres n’en profitent pas non plus. Ça leur apprendra à ne pas se mobiliser avec lui pour récupérer Samir Kontar. Y avait-il une cause plus noble ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


Élie, le bon coiffeur folklorique du quartier, est vraiment consterné. Il se vantait du fait qu’il était un rare spécialiste de la technique du « haircut »… Et voilà maintenant que, subitement, tout le monde s’y est mis. Mais, heureusement, cette pratique, qui consiste dans son sens financier à puiser dans les dépôts bancaires au profit de l’État, ne va pas se...

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