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La Ligue arabe veut "soutenir le Liban", Aoun veut des "mesures concrètes"

Les consultations parlementaires contraignantes ont été reportées à la semaine prochaine.

Le président libanais Michel Aoun recevant, jeudi 28 novembre 2019 à Baabda, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, à la tête d'une délégation. Photo Dalati et Nohra

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, actuellement en tournée auprès des responsables libanais, a affirmé jeudi que la Ligue "soutient le Liban" dans la crise économique et politique qu'il traverse, soulignant toutefois que la solution "doit venir des Libanais" eux-mêmes.

A l'issue d'un entretien avec le président libanais Michel Aoun, M. Zaki a affirmé lui avoir transmis "l'appui de la Ligue". "Nous sommes prêts à contribuer à un règlement de la crise, tout en ayant conscience que cette résolution doit venir des Libanais eux-mêmes", a-t-il indiqué. Le diplomate égyptien a par ailleurs annoncé qu'il allait rencontrer un grand nombre de responsables politiques libanais "afin de voir si la Ligue peut jouer un rôle pour aider à trouver une solution". M. Zaki a affirmé que les pays arabes doivent aider le Liban notamment dans sa crise économique et a promis que la Ligue va suivre ce dossier.

De son côté, le président Aoun a affirmé que les responsables "doivent coopérer pour sortir de la crise, d'une façon qui sert les intérêts des Libanais". "La situation actuelle ne peut plus supporter les conditions et contre-conditions" établies par les différentes parties impliquées dans les tractations, a-t-il ajouté. Et de souligner que "le soutien arabe au Liban doit se traduire par des mesures concrètes prises pour aider le pays à trouver des solutions à la crise économique dramatique" qu'il traverse.

Houssam Zaki s'est ensuite entretenu avec le Premier ministre sortant, Saad Hariri, à la Maison du Centre. "C'était l'occasion d'écouter M. Hariri exposer sa vision de la situation actuelle et je lui ai transmis un message du président de la Ligue arabe concernant la situation au Liban", a expliqué M. Zaki. "La situation nous inquiète aujourd'hui, comme je l'ai déjà dit, car elle comporte les éléments d'une crise politique et d'une situation économique critique, ainsi qu'une mobilisation dans la rue. Tout le monde sait que les protestataires ont des demandes justes, de l'aveu de tous les responsables politiques libanais, et nous comprenons cela. Mais la mobilisation dans la rue a un coût économique qui aggrave la situation, et cela nécessite de soutenir le Liban et les Libanais, a estimé le responsable. Nous sommes venus ici aujourd'hui afin de proposer notre aide au Liban et lui dire qu'il n'est pas seul. (...) La Ligue se tient aux côtés du Liban en ces temps de crise et elle veut l'aider".


M. Zaki reçu par M. Hariri. Photo Dalati et Nohra



Les consultions la semaine prochaine?
Selon notre correspondante à Baabda Hoda Chédid, M. Zaki ne porte pas une initiative pour sortir le Liban de l'impasse mais est venu transmettre au président libanais un message de soutien de la part de l'organisation panarabe. Le secrétaire général de la Ligue Ahmad AboulGheit dans ce message souligné sa confiance dans la sagesse du président Aoun pour trouver une sortie à la crise et rétablir la stabilité.

Une des réalisations de la révolte libanaise dirigée contre la classe dirigeante accusée de corruption, entrée dans son 43e jour, a été la chute du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre. Les protestataires réclament actuellement la formation rapide d'un gouvernement de technocrates. Toutefois depuis cette date, le chef de l’État n'a toujours pas lancé les consultations parlementaires contraignantes pour la nomination d'un président du Conseil, arguant qu'il faut préparer le terrain à la formation du cabinet. On s’attendait à ce que le retrait de Saad Hariri et l’option Samir Khatib accélèrent la tenue des consultations. Mais c’est encore une fois partie remise, faute d’entente. Selon notre correspondante à Baabda Hoda Chédid, citant des sources informées, les consultations ont été reportées à la semaine prochaine afin de donner plus de temps aux concertations, durant les jours restants de cette semaine. Selon ces sources, tous les protagonistes ont demandé au président un délai supplémentaire et ce dernier a accepté. 



(Lire aussi : Les consultations parlementaires compromises avant même de commencer)



"Retard injustifiable"
Cette impasse politique survient alors que le Liban connaît une grave crise économique. C'est sur ces crises qu'a insisté, après sa réunion avec M. Zaki, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, qui a estimé que, dans la situation actuelle, le retard dans la nomination d'un futur Premier ministre était "injustifiable".

"Je ne sais pas si certains responsables vivent au Liban ou à l'étranger mais ceux qui ne se rendent pas compte de l'énorme catastrophe actuelle ont un grand problème", a affirmé M. Gemayel lors d'une conférence de presse, après avoir reçu à Saïfi le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki. Il a notamment cité pour illustrer la crise actuelle "le nombre de sociétés qui ferment leurs portes", le taux de chômage élevé et les coupes salariales. Il a par ailleurs estimé que "le retard pris dans la nomination d'un futur Premier ministre est injustifiable". "Ce qui prend du temps, c'est le partage du gâteau", a-t-il accusé, soulignant que la mise sur pied d'un cabinet de spécialistes, choisis pour leurs compétences et pas pour leur appartenance politique, "ne devrait pas prendre de temps".

Concernant les échauffourées ayant éclaté mardi soir dans son fief de Bickfaya, dans le Metn, entre des habitants et un convoi de partisans du Courant patriotique libre (CPL, fondé par Michel Aoun), M. Gemayel a sommé les responsables à cesser de "semer la zizanie et détourner le dialogue et à se pencher plutôt sur le sauvetage du pays". 


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Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki, actuellement en tournée auprès des responsables libanais, a affirmé jeudi que la Ligue "soutient le Liban" dans la crise économique et politique qu'il traverse, soulignant toutefois que la solution "doit venir des Libanais" eux-mêmes.

A l'issue d'un entretien avec le président libanais Michel Aoun, M. Zaki a...

commentaires (11)

SOUTENEZ-VOUS POUR QU,ON VOUS SOUTIENNE EST LE MOT D,ORDRE DE TOUS LES AUTRES.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 34, le 29 novembre 2019

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Commentaires (11)

  • SOUTENEZ-VOUS POUR QU,ON VOUS SOUTIENNE EST LE MOT D,ORDRE DE TOUS LES AUTRES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 34, le 29 novembre 2019

  • Aoun veut des "mesures concrètes". Mais c'est à lui qu'on demande une mesure concrète: la nomination d'un premier ministre!

    Yves Prevost

    08 h 16, le 29 novembre 2019

  • "le soutien arabe au Liban doit se traduire par des mesures concrètes prises pour aider le pays à trouver des solutions à la crise économique dramatique"  comme c'est bien dit!!! Comme si depuis le temps que le pays tombe en misère notre classe politique fût une source intarissable dé "mesures concrètes" tant et si bien qu'on est capable de l'exiger de ceux-là même qui nous donnent de l'argent dans l'espoir de le voir mis à bon emploi... J'espère bien que cette demande fût, quand même, formulée avec sérieux et sans ricanements pour mieux les dupés.. Allah yisseiidak ya watan

    Wlek Sanferlou

    19 h 06, le 28 novembre 2019

  • À quel moment de son existence la ligue arabe a soutenu une cause et que cette cause a été entendue ?????? À vos classiques..

    FRIK-A-FRAK

    18 h 34, le 28 novembre 2019

  • Hafez el asad disait que Aoun est obtus et têtu...donc dangereux ! la preuve ; qui'il a mis le Liban en péril...encore une fois

    Jack Gardner

    15 h 31, le 28 novembre 2019

  • TOUS VEULENT SOUTENIR LE LIBAN EXCEPTE LES ABRUTIS CORROMPUS ET INCOMPETENTS QUI JUSQU,AUJOURD,HUI LE GOUVERNENT.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 21, le 28 novembre 2019

  • Et le feuilleton passionnant des visiteurs à Baabda continue ! On remarque que leur hôte ne change jamais de position, en tête de table...les deux mains agrippées au sous-main, au milieu de celui-ci une feuille de papier, ou un bloc-notes...?... jamais utilisés... Heureusement que certains visages côté visiteurs changent...sinon on se croirait dans ce musée célèbre pour ses personnages de cire... Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 19, le 28 novembre 2019

  • toujours tendre la main en notre nom...quelle soumission....

    Elementaire

    15 h 02, le 28 novembre 2019

  • M. le Président vous n'avez pas le droit de tergiverser et votre comportement est inconstitutionnel. Ignorez ceux qui vous posent des conditions et contre-conditions et nommez un premier ministre suite aux consultations parlementaires contraignantes. Le soutien arabe au Liban pourrait se traduire en des mesures concrètes pour aider le pays à trouver des solutions à la crise économique dramatique une fois qu'un gouvernement est en place.

    Zovighian Michel

    14 h 51, le 28 novembre 2019

  • Nos responsables œuvrent avec une telle abnégation afin de nous permettre d'accéder, au rang de pays du quart monde...faire fi avec autant d'ostentation de l'avenir de leurs concitoyens relève du mépris ou dans le pire des cas démontre que ces d'individus n'ont pas les aptitudes requises afin de prendre et vite les mesures qui s'imposent.L'on assiste actuellement à un bal de vautours qui continuent à dépecer le gâteau pourtant déjà rance depuis des lustres.

    c...

    14 h 39, le 28 novembre 2019

  • MONSIEUR AHMAD ABOUL GHEIT A CONFIANCE DANS LA SAGESSE DE AOUN POUR RETABLIR LA STABILITÉ. QU'EST CE QU'ON VEUT DE PLUS.....DORMEZ SVP.

    Gebran Eid

    14 h 35, le 28 novembre 2019