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Dernières Infos - Réchauffement Diplomatique Franco-Algérien

Le ministre français de la Justice à Alger lundi


Un portrait du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie, est dévoilé lors d'une manifestation organisée par le Club de la presse d'Occitanie et l'organisation de défense des droits humains Reporters sans frontières (RSF) pour réclamer sa libération, à Montpellier, dans le sud de la France, le 29 janvier 2026. Photo d'archives Gabriel BOUYS / AFP

Nouvelle étape du réchauffement diplomatique ? Gérald Darmanin se rendra lundi à Alger pour discuter de la coopération judiciaire et du sort du journaliste Christophe Gleizes, l'un des sujets « sensibles » qui empoisonnent les relations franco-algériennes depuis près de deux ans.

La visite de la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, en mai, après celle du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez mi-février, avait permis de consacrer un dégel des relations entre Paris et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962. L'ambassadeur Stéphane Romatet avait fait son retour dans le pays à cette occasion, près d'un an après avoir été rappelé.

La crise avait été déclenchée à l'été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d'autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie avait immédiatement retiré son ambassadeur en France. Les tensions avaient été aggravées notamment avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié par le président Tebboune en novembre 2025.

Le déplacement de lundi « a pour objet de travailler l'ouverture d'un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre nos deux pays », souligne la Chancellerie. M. Darmanin sera notamment reçu à Alger par son homologue Lotfi Boudjemaa. « Des affaires individuelles sensibles seront également discutées, en particulier le cas de notre compatriote Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie », a assuré le ministère.

Gérald Darmanin a prévu d'en faire « le sujet majeur » de son déplacement, au même titre que la coopération judiciaire, a affirmé son entourage à l'AFP. Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».

Lundi le ministre français sera de manière « inédite » accompagné par une délégation de magistrats, dont la procureure nationale anticriminalité organisée (PNACO), Vanessa Perrée, ou encore le procureur national financier (PNF), Pascal Prache.

« Postures de politique intérieure »

Le président Emmanuel Macron avait dit la semaine dernière espérer que la récente visite de la ministre déléguée aux Armées marquerait « le début » d'une reprise des relations entre les deux pays, fustigeant les « postures de politique intérieure » des derniers mois qui ont, selon lui, « causé beaucoup de tort » aux deux pays.

C'est d'ailleurs lors d'une rencontre entre Mme Rufo et le président algérien Abdelmadjid Tebboune qu'avait été acté le principe d'une visite d'un diplomate français à Christophe Gleizes, la première depuis son incarcération, qui a finalement eu lieu lundi.

La ministre française déléguée aux Armées et le président algérien ont récemment établi une feuille de route pour « intensifier » leur coopération - notamment dans les domaines sécuritaire et militaire. Le 27 avril Emmanuel Macron avait lancé une pique aux partisans en France d'une ligne dure avec le pouvoir algérien, fustigeant « tous les mabouls » qui veulent « se fâcher avec l'Algérie ».

Le patron du parti de droite LR et ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, qui s'était senti visé, avait vertement répliqué. « Avec le régime d'Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l'échec et aucune douleur de l'Histoire ne donne le droit à ses dirigeants d'humilier et d'insulter la France », avait notamment jugé le candidat à l'élection présidentielle.

Nouvelle étape du réchauffement diplomatique ? Gérald Darmanin se rendra lundi à Alger pour discuter de la coopération judiciaire et du sort du journaliste Christophe Gleizes, l'un des sujets « sensibles » qui empoisonnent les relations franco-algériennes depuis près de deux ans.La visite de la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, en mai, après celle du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez mi-février, avait permis de consacrer un dégel des relations entre Paris et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962. L'ambassadeur Stéphane Romatet avait fait son retour dans le pays à cette occasion, près d'un an après avoir été rappelé.La crise avait été déclenchée à l'été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d'autonomie « sous souveraineté marocaine »...