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L'offensive turque en Syrie suscite une vague de condamnations à travers le monde

Conflit

Le Congrès américain va faire payer "très cher" au président turc son offensive en Syrie, avertit l'influent sénateur républicain Lindsey Graham.

OLJ/AFP
09/10/2019

Le début d'une nouvelle opération militaire turque en Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), annoncé mercredi après-midi par le président turc Recep Tayyip Erdogan, a suscité une vague de condamnations de par le monde, alors qu'Ankara affirmait ces derniers jours qu'une telle opération était imminente, après l'annonce dimanche par la Maison Blanche d'un retrait des soldats américains de Syrie.

Alliée des Occidentaux dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), la milice des YPG est considérée par Ankara comme un groupe "terroriste" en raison de ses liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une guérilla en Turquie. La Turquie a déjà mené deux offensives en Syrie, dont une début 2018 qui a permis à son armée et des supplétifs syriens de prendre le contrôle de l'enclave kurde d'Afrine (nord-ouest).


Le président en exercice du Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadeur sud-africain Jerry Matthews Matjila, a appelé la Turquie à "épargner les civils" et à "exercer un maximum de retenue" dans ses opérations militaires en Syrie.

Le président russe Vladimir "Poutine a appelé ses partenaires turcs à bien réfléchir à la situation afin d'éviter de porter atteinte aux efforts communs visant à résoudre la crise syrienne".

"Ce matin, la Turquie, membre de l'OTAN, a envahi la Syrie. Les Etats-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée", a réagi le président américain Donald Trump.

L'influent sénateur républicain US Lindsey Graham, a pour sa part prévenu que le Congrès américain va faire payer "très cher" au président turc son offensive en Syrie. "Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés par l'administration Trump", a-t-il écrit sur Twitter. "Je vais mener les efforts aux Congrès pour qu'Erdogan paie très cher", a ajouté celui qui est d'ordinaire un proche soutien du président Donald Trump.



"La France, l'Allemagne et le Royaume uni sont en train de finaliser une déclaration commune qui sera extrêmement claire sur le fait que nous condamnons très fortement et très fermement ce qui est rapporté", a annoncé la secrétaire d'État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin.

"Nous exhortons la Turquie à mettre fin à son offensive et à défendre ses intérêts sécuritaires de manière pacifique" car cela "risque de déstabiliser davantage la région et de provoquer une résurgence" de l'EI, a dit le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. 


Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a de son côté exigé l'arrêt de l'offensive turque, et a averti qu'aucun financement européen ne serait accordé "pour une zone de sécurité". "La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne", a-t-il affirmé devant le Parlement européen réuni à Bruxelles".

Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a pour sa part appelé la Turquie à la "retenue" et à ne "pas compromettre les succès réalisés" contre le groupe Etat islamique.

Le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a exprimé sa "sérieuse préoccupation". L'opération turque "risque de déstabiliser la région, exacerber la crise humanitaire et saper les progrès accomplis dans la lutte contre Daech" (acronyme arabe du groupe jihadiste Etat islamique), a-t-il déclaré, avertissant que le Royaume-Uni ne "soutiendra pas de projets de rapatriement (de réfugiés syriens) tant que les conditions ne sont pas en place pour un retour volontaire et sûr".

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok a, lui, annoncé avoir convoqué l'ambassadeur turc aux Pays-Bas.

"Des actions unilatérales risquent uniquement de porter préjudice aux résultats obtenus dans la lutte contre la menace terroriste (...) et de déstabiliser la situation sur le terrain", a mis en garde le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio.

"Les actions de la Turquie sont irresponsables et une violation du droit international", a estimé pour sa part la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde.


L'Arabie saoudite condamne "l'agression de l'armée turque", a indiqué le ministère des Affaires étrangères saoudien, estimant que l'offensive turque risque de "saper les efforts internationaux de lutte contre le groupe terroriste Etat islamique".

Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné l'opération militaire menée par la Turquie affirmant qu'il s'agit d'une "agression contre un pays arabe frère". "Le ministère des Affaires étrangères dénonce l'opération militaire menée par les forces turques dans le nord de la Syrie, qui constitue unee agression contre un pays arabe frère et une occupation du territoire syrien", affirme le communiqué du ministère dirigé par le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil. Il appelle "les dirigeants turcs à reconsidérer leur décision" et les invite à "oeuvrer avec les pays concernés pour rétablir la stabilité en Syrie et mettre en œuvre les résolutions internationales". 



Après l'annonce américaine dimanche du retrait des soldats US de Syrie, le président Donald Trump a soufflé le chaud et le froid, assurant ne pas avoir "abandonné" les Kurdes et menaçant d'anéantir "complètement l'économie de la Turquie" si celle-ci "dépassait les bornes".

Des troupes américaines ont quitté lundi le secteur de Ras al-Aïn et d'autres zones frontalières où elles étaient stationnées, avant que Washington ne tempère les craintes en assurant qu'il s'agissait d'un redéploiement vers d'autres régions.

Le conflit syrien déclenché par la répression de manifestations prodémocratie en 2011 a fait plus de 370.000 morts, et jeté sur la route de l'exil des millions de réfugiés.


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Amère Ri(s)que et péril.

Est-ce que ça vaut le coup de se faire hara kiri en se discréditant, pour miser sur des conflits qui risqueraient de tourner à son désavantage, ne serait serait-ce que par la perte de confiance que cela engendrerait vis-à-vis soi ?

Machiavel aurait répondu par l'affirmative.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL NE SUFFIT PAS DE CONDAMNER. IL FAUT AGIR ET NON SEULEMENT EN PAROLES VIDES. DES ACTES CONTRE LA TURQUIE, QUE DIABLE !

Gros Gnon

Ils ont du pétrole? Non? Alors il ne va rien se passer.
Quelques cris d’orfraies pour faire bien, et puis tout retombera dans l’oubli.
Ainsi va la vie.
Pauvres kurdes, victimes d’avoir choisi un allié aussi fourbe.

Chucri Abboud

Ceci est fait afin que les Kurdes soient acculés à libérer les Daechiens de leurs prisons chez les Kurdes afin que , à leur tour, les Iraniens , les Syriens , les Irakiens , les Russes , y compris le Hezbollah  etc  soient acculés  à mettre encore une fois toutes leurs énergies militaires afin de combattre la résurgence de l'EI , en laissant Israel tranquille , observant avec délice ce qui se passe autour . Le chaos contrôlé , si cher a Condoleeza , n'a jamais été aussi efficace .

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