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Liban

Conseil des ministres : le CPL et les FL réclament des réformes "drastiques" dans le budget 2020

"Ce qui s'est passé il y a deux jours, notamment les rumeurs, a fortement miné l'économie et les finances publiques", déplore le ministre de l'Information, Jamal Jarrah.

Le cehf de l'Etat libanais, Michel Aoun (c), présidant un Conseil des ministres au palais de Baabda, le 3 octobre 2019 en présence du Premier ministre, Saad Hariri (3e de g.). Photo Dalati et Nohra

Le Courant patriotique libre du chef de la diplomatie Gebran Bassil et les Forces libanaises de Samir Geagea ont insisté jeudi en Conseil des ministres sur la nécessité d'inclure des réformes "drastiques" dans le projet de budget sur lequel planche le gouvernement.

"Les Forces libanaises et le Courant patriotique libre ont insisté sur la nécessité d'inclure dans le budget des réformes drastiques qui assureront la stabilité de l'économie", a annoncé le ministre de l'Information, Jamal Jarrah, lors d'un point de presse à l'issue de la réunion. "Toutes les réformes doivent faire l'objet d'un projet de loi qui sera transmis au Parlement, et le travail de la commission (ministérielle) en charge des réformes économiques va se poursuivre", a ajouté M. Jarrah, affirmant en outre que le cabinet a approuvé la totalité des 38 points qui figuraient à l'ordre du jour de sa réunion, à l'exception d'un seul, sans plus de détails.

Présidée par le chef du gouvernement Saad Hariri, la commission ministérielle en charge des réformes économiques, qui s'est réunie dans l'après-midi, a examiné la feuille de route économique des FL. La commission ministérielle a approuvé certains points, tandis que d'autres seront examinés lors de la prochaine réunion de la commission, qui aura lieu samedi à 14 heures.

"L’atmosphère lors de la réunion était très positive. L'examen du budget progresse et est presque terminé au niveau des chiffres", avait affirmé le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, à l'issue de la réunion de la commission qui s'est tenue hier.

Le budget 2020, qui est actuellement à l'étude par le gouvernement, est attendu aussi bien par les donateurs de la conférence de Paris (CEDRE) que par les agences de notation financière. L’objectif prioritaire des dirigeants libanais dans le budget 2020 est d’accélérer le processus de réformes afin de réduire le déficit. L’avant-projet du budget de 2020 table sur un déficit public de 4,37 milliards de dollars (6.590,1 milliards de livres libanaises), en prenant en considération les transferts du Trésor public à Électricité du Liban. La part du déficit par rapport au PIB serait alors de 7,38 %, en se basant sur une prévision de croissance de 1,2 % et une inflation à 2,8 %. Un ratio légèrement inférieur à celui prévu dans le budget de 2019 (voté le 19 juillet dernier) fixé à 7,59 %, mais qui devrait plutôt osciller entre 9 et 10 % pour l’année en cours, selon les principales agences de notation.

Mardi, le vice-président du Conseil, Ghassan Hasbani, membre des Forces libanaises, avait affirmé que sa formation n'accorderait pas son aval à un budget "sans réformes".



(Lire aussi : Salamé : La BDL continue de soutenir la livre)



Libertés
"Ce qui s'est passé il y a deux jours, notamment les rumeurs, a fortement miné l'économie et les finances publiques", a déploré par ailleurs Jamal Jarrah, appelant "les médias à retransmettre les informations avec précision", tout en se défendant de "faire assumer la responsabilité du chaos aux médias". "Il y a également des députés et des ministres qui font des déclarations qui causent du tort à la stabilité monétaire", a-t-il estimé. Insistant sur "le principe des libertés", le ministre de l'Information a toutefois rappelé que celle-ci "a des limites définies par la Constitution, notamment lorsqu'il s'agit des responsables étatiques et de la présidence de la République".

En début de réunion, le président de la République, Michel Aoun, a affirmé qu'il représentait "la dignité des Libanais" en affirmant que la liberté d'expression ne signifiait pas la "liberté d'insulter", en référence aux manifestations populaires de dimanche durant lesquels plusieurs protestataires avaient apostrophé le chef de l’État.

"Le droit de manifester n'implique pas le droit d'insulter, et la liberté de la presse ne veut pas dire liberté de diffuser les rumeurs qui portent atteinte à la nation", a affirmé le président Aoun, en début du Conseil des ministres qu'il préside au palais de Baabda.

"Aujourd'hui, il n'y a pas de temps pour la surenchère, mais plutôt pour trouver des solutions aux problèmes, surtout ceux d'ordre économique, à commencer par l'adoption d'un budget" pour l'année 2020, a ajouté le président. "Je suis le chef de l’État et je représente la dignité des Libanais et le prestige de l’État. Nous tous, nous représentons le pouvoir exécutif, et tout échec est un échec pour tout le pouvoir. C'est pour cela que nous ne pouvons pas échouer, et nous n'échouerons pas", a affirmé le président, insistant par ailleurs sur la nécessité d'"examiner la question de la livre libanaise, conformément à la législation en vigueur".



(Lire aussi : CPL-Futur : la cohabitation toujours de mise, envers et contre tout)



Dimanche, des centaines de Libanais, excédés par les difficultés économiques avaient manifesté sur l'ensemble du territoire. La plupart des manifestants exprimaient des revendications à caractère social, mais certains n'ont pas hésité à réclamer "la chute du régime". Le mouvement de contestation avait été marqué par une série de débordements. Les milieux proches du président de la République affirment que ces manifestations sont le résultat d'une campagne orchestrée visant à mettre en échec le mandat du chef de l’État. Le bureau de presse du palais de Baabda avait rappelé certains articles du Code pénal portant sur "les atteintes à la réputation financière de l’État".

Depuis dimanche, deux citoyens ont été convoqués en justice, le premier pour avoir écrit sur Twitter, il y a quelques jours, qu’il n’avait pas pu retirer des dollars dans un des établissements bancaires de la capitale, et le second pour avoir insulté des responsables dans un enregistrement vocal diffusé sur les réseaux sociaux, selon les autorités.



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Le Courant patriotique libre du chef de la diplomatie Gebran Bassil et les Forces libanaises de Samir Geagea ont insisté jeudi en Conseil des ministres sur la nécessité d'inclure des réformes "drastiques" dans le projet de budget sur lequel planche le gouvernement.

"Les Forces libanaises et le Courant patriotique libre ont insisté sur la nécessité d'inclure dans le budget des...

commentaires (4)

SANS DE VRAIES MESURES D,AUSTERITE... QU,ON SEMBLE OUBLIER... ET DES REFORMES DRASTIQUES IL N,Y A PAS DE SALUT ECONOMIQUE ET FINANCIER.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

18 h 39, le 03 octobre 2019

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Commentaires (4)

  • SANS DE VRAIES MESURES D,AUSTERITE... QU,ON SEMBLE OUBLIER... ET DES REFORMES DRASTIQUES IL N,Y A PAS DE SALUT ECONOMIQUE ET FINANCIER.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 39, le 03 octobre 2019

  • On aimerait bien savoir ce que font au juste ces 30 ministres, ainsi que leurs chefs...??? Irène Saïd

    Irene Said

    17 h 41, le 03 octobre 2019

  • Qu'ils arretent de tourner autour du pot. Ils savent trop bien ou est le probleme et qui l'a cree. C'est Baba et les 30 voleurs

    Jean Michael

    16 h 50, le 03 octobre 2019

  • Du calme et au travail, tout se résoudra comme par miracle !

    Chucri Abboud

    16 h 31, le 03 octobre 2019