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Liban - Lgbt

Beirut pride : une soirée annulée, mais la lutte continue

L’annulation du concert prévu demain s’inscrit dans « la vague de pressions qu’exerce l’État », constate un activiste interrogé par « L’OLJ ».

Affiche de la soirée d’ouverture de la Semaine pour la sensibilisation et la défense des droits de la communauté LGBT organisée par Beirut Pride. Photo tirée de la page Facebook de Beirut Pride.

Les relations homosexuelles restent pour de nombreuses parties, notamment les autorités religieuses, une question d’immoralité, éloignant encore la possibilité d’un changement de mentalité à grande échelle et la modification de la loi pénalisant les relations de même sexe, ce qui n’empêche pas la communauté homo de poursuivre son combat en vue de faire valoir ses droits.

La soirée d’ouverture de la Semaine organisée par l’organisation Beirut Pride pour la sensibilisation et la défense des droits de la communauté LGBT, prévue pour demain au Palace (Hamra), a été suspendue jusqu’à nouvel ordre, avait annoncé l’organisation mardi. Diverses institutions religieuses s’étaient indignées de l’événement, réclamant son annulation au motif qu’il porte atteinte aux bonnes mœurs et représente un caractère immoral. Des personnes ont publié des déclarations menaçant d’agresser aussi bien les participants au concert que le théâtre, dont la direction a d’ailleurs reçu des appels en ce sens.

Contacté par L’Orient-Le Jour, Hadi Damien, directeur de Beirut Pride, affirme que « Dar el-Fatwa et d’autres institutions religieuses, pour qui l’homosexualité représente la débauche et la corruption, ont exercé des pressions sur les services de sécurité en vue de faire annuler l’événement ». Il souligne au passage que « des individus ont joint au téléphone les propriétaires de Palace en se faisant passer pour des agents de ces services, alors qu’en réalité ceux-ci utilisent une autre méthode, qui est celle de convoquer les personnes concernées ou de se rendre auprès d’elles ». « Toujours est-il que les menaces ont si abondamment plu sur les réseaux sociaux à l’encontre des propriétaires, organisateurs et participants, que The Palace ne pouvait plus porter la responsabilité de l’événement », indique M. Damien.

Depuis bientôt une quinzaine d’années, le combat est tenace entre d’une part les personnes et associations prônant les libertés et droits fondamentaux, et d’autre part les milieux religieux, musulmans et chrétiens, qui considèrent l’homosexualité comme une enfreinte à la morale.

Un concert du groupe de rock alternatif libanais, Mashrou’ Leila, prévu en août dernier dans le cadre du Festival international de Byblos, avait été annulé sous la pression de parties chrétiennes, notamment le Centre catholique d’information, pour entre autres motifs l’homosexualité du chanteur du groupe. Il y a près d’un an, une soirée gay-friendly qui devait se tenir à Mar Mikhaël avait subi le même sort, suite aux pressions exercées par des milieux religieux sunnites.

À l’opposé, en juillet 2018, la cour d’appel du Mont-Liban avait acquitté deux personnes accusées d’homosexualité, jugeant que les relations entre partenaires de même sexe ne constituent pas un crime lorsqu’elles se pratiquent en privé. Cette avancée judiciaire avait été constatée dès 2009, lorsqu’un juge pénal de Batroun avait ordonné la relaxe d’un homosexuel.


(Pour mémoire : La soirée d'ouverture de Beirut Pride 2019 "suspendue jusqu'à nouvel ordre")


« Éducation oui, provocation non »
Georges Azzi, directeur de l’association Arab Foundation for Equality, ne s’étonne pas de l’annulation forcée du concert, dans la mesure où, dit-il à L’OLJ, « elle s’inscrit dans la vague de pressions qu’exerce l’État ». Il dénonce dans ce cadre « le Conseil des ulémas musulmans et le mufti de la République, soutenus par la Sûreté générale ». « Toutes les conférences régionales que nous organisons à Beyrouth depuis 2009 sont désormais interdites dans la capitale », déplore M. Azzi, indiquant « qu’elles ont lieu maintenant à l’étranger, notamment en Turquie ». « Les journalistes, avocats et activistes, qui étaient venus au Liban pour y participer, sont à présent empêchés d’y retourner même pour des raisons touristiques », s’indigne-t-il.

Interrogé à son tour, Bertho Makso, directeur de Proud Lebanon, une autre association qui milite pour les droits de la communauté gay, affirme que son organisation « n’a pas participé à l’événement organisé par Beirut Pride, en raison des dangers escomptés ». « On a tort de croire que nous sommes protégés », estime-t-il, soulignant que son expérience lui a appris que « lorsqu’il y a un problème avec les milieux homophobes, les responsables sur lesquels on croit pouvoir compter s’abstiennent d’intervenir ». « C’est pour cette raison que Proud Lebanon programme des événements dans la discrétion plutôt qu’à travers les réseaux sociaux et la médiatisation », ajoute M. Makso, citant par exemple « des activités culturelles ou encore des tables rondes organisées en mai dernier avec des politiciens sans que pour autant il y ait eu un tapage en ligne et dans les médias ». « La société libanaise a besoin d’éducation et non de provocation, telle est notre conviction », lance-t-il.


(Pour mémoire : La Beirut Pride annulée après l'arrestation, quelques heures durant, de son coordinateur)


Un second front
C’est à un second front que Beirut Pride fait face depuis dimanche soir. Des membres de la population LGBT ont lancé sur les réseaux sociaux un appel au boycott de l’ensemble des événements qui étaient supposés commencer demain et s’achever le 6 octobre. Dans leurs commentaires, ils accusent Hadi Damien de « vouloir monopoliser l’organisation des activités sans permettre aux autres de s’impliquer ». En réponse à cette accusation, M. Damien affirme à L’OLJ qu’il collabore avec une équipe de 80 personnes, précisant que « plus de 30 personnes, notamment des spécialistes en communication et des techniciens, étaient à pied d’œuvre pour les événements qui auraient dû débuter samedi ». Le directeur de Gay Pride est également accusé sur Facebook de « manque de transparence », ses détracteurs alléguant que « ses sources de financement ne sont pas claires ». Réaction de l’intéressé : « Il s’agit d’une campagne de diffamation contre moi, basée sur la recherche de profits. À ceux qui croient que je conclus des affaires avec les pubs, bars et boîtes de nuit qui nous accueillent, je leur assure vouloir leur présenter tous les quitus que j’ai en ma possession. »

Dans un souci d’apaisement et une volonté de dialogue, Hadi Damien appelle ceux qui le critiquent à discuter avec lui lors d’une réunion publique qui serait transmise sur les réseaux sociaux, soulignant qu’en tout état de cause, il est prêt à venir en aide à tout membre de la communauté LGBT, quel qu’il soit.


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Les relations homosexuelles restent pour de nombreuses parties, notamment les autorités religieuses, une question d’immoralité, éloignant encore la possibilité d’un changement de mentalité à grande échelle et la modification de la loi pénalisant les relations de même sexe, ce qui n’empêche pas la communauté homo de poursuivre son combat en vue de faire valoir ses droits.La soirée d’ouverture de la Semaine organisée par l’organisation Beirut Pride pour la sensibilisation et la défense des droits de la communauté LGBT, prévue pour demain au Palace (Hamra), a été suspendue jusqu’à nouvel ordre, avait annoncé l’organisation mardi. Diverses institutions religieuses s’étaient indignées de l’événement, réclamant son annulation au motif qu’il porte atteinte aux bonnes mœurs et représente un...
commentaires (4)

ILS DOIVENT ETRE ACCEPTES TELS QU,ILS SONT SANS DISCRIMINATION PAR TOUT LE PEUPLE LIBANAIS. QUAND AUX MARIAGES, A LA FAMILLE ET A L,ADOPTION D,ENFANTS LA NATURE S,EST EXPRIMEE.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

12 h 29, le 27 septembre 2019

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Commentaires (4)

  • ILS DOIVENT ETRE ACCEPTES TELS QU,ILS SONT SANS DISCRIMINATION PAR TOUT LE PEUPLE LIBANAIS. QUAND AUX MARIAGES, A LA FAMILLE ET A L,ADOPTION D,ENFANTS LA NATURE S,EST EXPRIMEE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 29, le 27 septembre 2019

  • Fanatiques des 18 religions au Liban contre les mouvements LGBT...mieux vaut l Iran qui n a que le fanatisme des ayatollahs

    HABIBI FRANCAIS

    11 h 47, le 27 septembre 2019

  • Est ce une lutte qui doit impérativement se dérouler à Beyrouth ?

    FRIK-A-FRAK

    11 h 39, le 27 septembre 2019

  • Celui ou celle qui veut que les gens vivent à sa guise, il/elle doit leur procurer du pain quotidien, prise en charge médicale, etc.

    Eddy

    10 h 54, le 27 septembre 2019

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