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Liban - Droits de l’homme

Beyrouth se met aux couleurs de la Gay Pride

Pour sa deuxième édition, le festival de la communauté LGBT propose une pléiade d’événements.

L’artiste Khansa, durant le show d’ouverture de la Beirut Pride, a proposé un ballet aérien à un public ravi. Photo Philippe Pernot

Plusieurs centaines de personnes avaient fait le déplacement à Station Beirut vendredi soir pour la soirée de lancement de la Beirut Pride 2018, un rendez-vous désormais annuel, étalé sur neuf jours. L’événement, qui sera clôturé dimanche, propose de nombreuses animations, discussions et soirées pour parler des LGBT (le mouvement LGBT englobe les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres). 

« C’est la première fois que nous assistons à la Beirut Pride. Nous soutenons les droits des LGBT, mais nous sommes également là pour la musique », lancent Mickael et Nadine, venus en couple. Pour lancer les neuf jours de la Beirut Pride, Hadi Damien, l’organisateur, a choisi des artistes connus et reconnus. C’est Khansa, chanteur, danseur et performeur qui a tout d’abord chauffé la salle par une performance époustouflante. Un turban posé sur les yeux, vêtu d’un vêtement ample, ajusté à la taille et reprenant les codes féminins, l’artiste, véritable bête de scène, a occupé tout l’espace avec ses tableaux corporels. Tel un acrobate de cirque présentant un numéro de danse aérienne avec les tissus, il s’est hissé tantôt à une corde, tantôt à une chaîne, multipliant les montées, les suspensions et les enroulés. Tel un mannequin, il a changé de tenue au fil de ses chansons. Drapé de noir par un système d’attaches à un moment, son vêtement a soudain suivi son mouvement pour dévoiler un côté blanc. Il a réalisé sa dernière prestation torse nu, chaussé de talons aiguilles vertigineux, et s’est suspendu à des chaînes en réalisant des acrobaties, au-dessus du public. Ses performances vocales et scéniques ont laissé le public admiratif.

La seconde tête d’affiche était Alsarah & the Nubatones. Le groupe soudanais était déjà au Liban en 2016 pour soutenir les droits de la communauté LGBT. « Le choix semblait évident. Le groupe avait déjà une date de prévue à Station, mais, surtout, la chanteuse et la choriste sont des femmes intenses, avec des choses à dire », confie l’organisateur. En effet, durant son concert, Alsarah, la chanteuse qui était accompagnée de trois musiciens et d’une choriste, s’est arrêtée à plusieurs reprises pour interpeller la foule sur des notions telles que la culture du viol. Son discours a reçu de nombreux échos positifs dans la salle.

L’ensemble musical a enchaîné les titres, tantôt rythmés, tantôt doux. Il a suffi de quelques accords à peine pour que le groupe fasse danser l’assemblée aux sons de ses chansons.


(Lire aussi : A Beyrouth, un salon de beauté refuge pour la communauté gay)


« Non, l’homosexualité ne détruit pas forcément une famille »
La soirée d’ouverture de la Beirut Pride se voulait festive, mais le dossier des LGBT au Liban n’a pourtant rien de léger. L’article 535 du code pénal sanctionne toujours les relations sexuelles dites « contraires aux lois de la nature ». La Beirut Pride, qui accorde une importance particulière à la condition juridique des LGBT et qui organise pour cela samedi un atelier de travail sur les lois relatives aux homosexuels et aux transgenres, souhaite aussi changer le regard que les gens portent sur l’homosexualité. « Pour changer les choses, il faut travailler à plusieurs niveaux », explique Hadi Damien. Dans cette optique précise, pour venir à bout des tabous et des idées fausses, un temps de parole de personnes LGBT, venues avec leurs parents, a justement été proposé. « C’était une façon de célébrer les parents qui ont bien accueilli l’homosexualité de leurs enfants. Ça a également une portée politique, puisque cette causerie devait surtout montrer que non, l’homosexualité ne détruit pas forcément une famille », ajoute le jeune homme.

Autre temps fort de cette semaine riche en événements, le lancement, hier, de « The corporate plegde », un dispositif qui vise à prévenir les discriminations subies par les LGBT dans le cadre de leur vie professionnelle. Le projet débutera en septembre 2018. La Beirut Pride prévoit également une soirée « micro ouvert », jeudi, au cours de laquelle des bisexuels, des homosexuels et des transgenres pourront venir raconter leur histoire. « Nous l’avions fait l’année dernière et plus de 400 personnes étaient venues », rappelle Hadi. Un engouement qui traduit bien une volonté de faire changer les choses.

Dimanche 20 mai, la Beirut Pride s’achèvera avec un défilé dans les rues de Mar Mikhael. « Préparer ces neuf jours représente environ un an de travail. Le dernier jour, symboliquement, c’est la Journée mondiale de l’homophobie », détaille Hadi Damien. L’an passé, un même type de parade avait été prévu, avant d’être annulé pour des raisons dites de sécurité. Des menaces auraient été lancées à l’encontre de la communauté LGTB.



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Plusieurs centaines de personnes avaient fait le déplacement à Station Beirut vendredi soir pour la soirée de lancement de la Beirut Pride 2018, un rendez-vous désormais annuel, étalé sur neuf jours. L’événement, qui sera clôturé dimanche, propose de nombreuses animations, discussions et soirées pour parler des LGBT (le mouvement LGBT englobe les personnes lesbiennes, gays,...

commentaires (4)

LAISSEZ-LES S,EXPRIMER EN TANT QU,ETRES HUMAINS ENGENDRES TELS QU,ILS LE SONT PAR DIEU LA NATURE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 45, le 15 mai 2018

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Commentaires (4)

  • LAISSEZ-LES S,EXPRIMER EN TANT QU,ETRES HUMAINS ENGENDRES TELS QU,ILS LE SONT PAR DIEU LA NATURE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 45, le 15 mai 2018

  • Lequel, entre le droit d’expression de la communauté LGBT et le droit d’expression de politiciens déraisonnés, qu’ils soient du Liban, du M.O. ou d’ailleurs, est le plus dangereux?

    Punjabi

    18 h 56, le 15 mai 2018

  • Enfin le Liban fait montre d'un début de tolérance envers la communauté LGBT qui doit avoir le droit de s'exprimer en public sans aucune contrainte. L'article 535 du code pénal n'a plus de sens car il est discriminatoire et injuste. Il faut vite l'abroger.

    Tony BASSILA

    16 h 52, le 15 mai 2018

  • je ne suis pas du tout d'accord

    Chucri Abboud

    14 h 14, le 15 mai 2018

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