Dans la presse

Hamed Sinno, le chanteur de Mashrou' Leila, a "le cœur brisé" par la montée de l'homophobie au Liban

"C'est fou de voir autant de haine. C'était vraiment accablant de voir ce déluge constant de menaces de mort", confie l'artiste libanais dans un entretien à l'agence Reuters, un peu plus d'un mois après l'annulation du concert du groupe.

Hamed Sinno, le chanteur du groupe de rock libanais Mashrou' Leila, lors d'un concert à Dubaï en avril 2017. Photo d'archives AFP Photo/KARIM SAHIB

Hamed Sinno, le chanteur ouvertement gay du groupe de rock libanais Mashrou' Leila, se dit le cœur brisé par la montée de l'homophobie au Liban, plus d'un moins après l'annulation d'un concert de sa formation, sous la menace.

Fin juillet, le Festival international de Byblos avait été contraint d'annuler le concert prévu le 9 août du groupe accusé d’atteinte aux valeurs et symboles chrétiens et victime d’une campagne de menaces et d’incitations à la violence. La polémique avait éclaté quelques semaines auparavant sur les réseaux sociaux en raison d’une atteinte présumée à la religion chrétienne due à une photo représentant une icône de la Vierge dont le visage a été remplacé par celui de la chanteuse Madonna, accolée à un article partagé par Hamed Sinno, en 2015. Deux des titres du groupe étaient également pointés du doigt. Sur un plan plus implicite, l’homosexualité affichée du chanteur semblait également déranger.



(Pour mémoire : Le concert de Mashrou' Leila est annulé, la bataille pour la défense des libertés se corse)



"Il y avait des pages Facebook et des groupes WhatsApp créés afin que leurs membres puissent répertorier l'arsenal à leur disposition. L'idée était d'aller là-bas (au concert à Byblos, ndlr) et de tirer sur les gens... Vous ne pouvez pas garantir la sécurité du public lorsque les menaces atteignent un tel degré", dénonce Hamed Sinno, dans un entretien téléphonique accordé à l'agence Reuters depuis New York.

"Cette répression contre la liberté d'expression est complètement ridicule", ajoute le chanteur de 31 ans qui possède également la nationalité américaine et s'est installé en début d'année à New York. "C'est effrayant, et malheureusement, ceci (la répression) commence à s'étendre à l'homosexualité... L'homosexualité est à nouveau considérée comme un sujet qui ne peut être abordé dans la presse ou à travers l'art", regrette Hamed Sinno. "C'est fou de voir autant de haine. C'était vraiment accablant de voir ce déluge constant de menaces de mort. (...) J'ai cru à tort que le Liban était différent du reste de la région en ce qui concerne les libertés. Mais après l'annulation du concert au festival de Byblos, j'ai senti qu'il était justifié, à plusieurs niveaux, que je m'en aille, et ce sentiment de justification a vraiment brisé mon cœur", conclut Hamed Sinno.



(Pour mémoire : « Si vous avez interdit à un groupe de chanter, 20 autres groupes chanteront »)



La communauté homosexuelle du Liban a constaté une très relative amélioration de sa situation au Liban durant les dix dernières années. Cette amélioration s’est concrétisée par sept décisions de justice en faveur de membres de la communauté LGBTIQ+, entre les années 2009 et 2019, et par un refus des juges de faire appliquer à ces cas l’article 534 du Code pénal qui criminalise les relations charnelles "contre nature". La dernière décision de justice remonte au mois d’avril dernier. Elle avait été prise par le Tribunal militaire, qui pour la première fois dans l’histoire du Liban avait acquitté quatre militaires accusés d’homosexualité.

Mises à part ces quelques mesures positives, les homosexuels continuent d’être peu ou pas tolérés au pays du Cèdre où ils n’en finissent pas d’être victimes d’arrestations arbitraires, d’intimidations, de moqueries, de discriminations en tous genres, et de violations de leurs droits humains liées à leur orientation sexuelle.


Lire l'intégralité de l'entretient de Reuters avec Hamed Sinno ici



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Hamed Sinno, le chanteur ouvertement gay du groupe de rock libanais Mashrou' Leila, se dit le cœur brisé par la montée de l'homophobie au Liban, plus d'un moins après l'annulation d'un concert de sa formation, sous la menace.

Fin juillet, le Festival international de Byblos

commentaires (4)

Tous ne sont pas des messieurs...bien sur,la masculinite au Liban ,c est battre son epouse,l assassiner,ou pousser la femme de menage philipinne depuis le balcon.

HABIBI FRANCAIS

09 h 03, le 16 septembre 2019

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Commentaires (4)

  • Tous ne sont pas des messieurs...bien sur,la masculinite au Liban ,c est battre son epouse,l assassiner,ou pousser la femme de menage philipinne depuis le balcon.

    HABIBI FRANCAIS

    09 h 03, le 16 septembre 2019

  • C'est notre os à ronger pour le week-end ?

    lila

    23 h 10, le 13 septembre 2019

  • Quelle mauvaise foi , quelle malhonnêteté intellectuelle ! !!!!! VOUS faites exprès ou bien vous l'êtes vraiment ? VOUS pensez vous adressez à qui en nous faisant de la diversion idiote comme ça ?

    FRIK-A-FRAK

    16 h 51, le 13 septembre 2019

  • L,HOMOSEXUALITE DU CHANTEUR N,A POINT JOUER DE ROLE DANS LA CRITIQUE CONTRE MASHROU3 LAYLA MAIS BEL ET BIEN LES INSULTES CONTRE LA RELIGION DE CES MESSIEURS MEME SI TOUS NE SONT PAS DES MESSIEURS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    16 h 12, le 13 septembre 2019