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Liban

Un drag queen show haut en couleur pour clôturer la Beirut Pride

Droits de l’homme

Le premier grand festival LGBT au Liban a organisé dimanche une soirée hors du commun.

23/05/2017

Il est 18 heures, dimanche. Le Bardo, bar situé en plein cœur de Beyrouth, prend les couleurs de la Beirut Pride. Jaune, rouge, vert, violet... autant de couleurs affichées sur les bracelets « Beirut Pride 2017 » distribués à l'entrée. Non loin du bar, dans les rues avoisinantes, de nombreux curieux et habitués approchent pour assister à un événement exceptionnel : la dernière soirée de la première Pride beyrouthine. De la musique, des cocktails et une large palette de maquillage sont au rendez-vous, alors que le lieu se remplit peu à peu d'un public relativement jeune mais diversifié.

Au Bardo, dans le quartier festif et branché de Hamra, on ne lésine pas sur l'originalité. Jusqu'à 20 heures, un atelier drag queen est ouvert à tous. Un grand panel de maquillage, de faux cils et d'outils de coiffure... Tout est sur la table pour apprendre à devenir une drag queen d'un soir. Puisque l'accent est mis sur le maquillage, les participants échangent des conseils sur les fards à employer et apprennent à manier le pinceau. « Il faut créer ton propre personnage », entend-on dans la pièce. Le personnage peut être extraverti ou discret, séducteur ou amusant, les options sont nombreuses.

Si les hommes sont de la partie, les femmes osent un maquillage plus extraverti. Tom, un Américain présent dès le début de l'atelier, avoue : « C'est la première fois que je me fais maquiller ainsi. » Et il ne fait pas les choses à moitié : des faux cils, du rouge à lèvres, du fard à joues, tout y est. Le jeune homme et une amie, elle aussi maquillée, prennent des selfies pour immortaliser le moment, très satisfaits du résultat. Hans, la maquilleuse au style classe et simple, donne le ton de l'atelier en jeans et en talons. Elle maquille Tom, Fabienne et bien d'autres, avec des couleurs aux nuances vertes, bleues ou rouges.

21 heures 30. Tous les projecteurs sont sur la diva Evita Kedavra, connue du milieu libanais. L'ambiance est joyeuse, festive ; les cocktails circulent, et les spectateurs dansent sur une musique pop et R&B. Vêtue d'une longue robe rose, le maquillage resplendissant, la drag queen parade au milieu des spectateurs, des coulisses jusqu'à la scène, sous un tonnerre d'applaudissements. Les premiers arrivés sont les mieux placés pour profiter du défilé. La diva valse tout sourire sur des musiques actuelles et interagit avec le public qui l'entoure. Les autres spectateurs, plus en retrait, montent sur les chaises ou essaient de se faufiler pour mieux voir. Entre chaque danse, Evita Kedavra prend la parole afin de diffuser des messages de tolérance. « Je voudrais dire à toutes les femmes ici présentes qu'elles sont belles.

 

(Lire aussi : En privé, la communauté gay libanaise clôture la première gay pride du monde arabe)

 

Que vous soyez hétérosexuelles, homosexuelles, transexuelles, queers... vous êtes magnifiques. Parce que les femmes sont encore trop sous-représentées partout », lance-t-elle, acclamée par le public. Lorsque la diva demande à savoir qui assiste pour la première fois à un drag queen show, les bras se lèvent massivement. Un moment historique se dessine alors, pendant que les spectateurs continuent de danser, de rire et d'apprécier le show.

Pari gagné pour la Beirut Pride qui organise cette année sa première édition, une édition qui a débuté le 14 mai. Se présentant comme une plate-forme collaborative qui lutte contre la haine et les discriminations liées au genre et au sexe, la Beirut Pride fait beaucoup parler d'elle dans le monde entier. Pendant une semaine, elle a donné la parole à des initiatives luttant pour les droits des LGBTIQ+, une catégorie large qui englobe la communauté homosexuelle, transgenre, transexuelle, intersexe, queer, ou questioning. Des projections de films, des ateliers, des panels de discussion et des soirées ont été organisés dans plusieurs endroits de la capitale, une première au Liban.

Toujours dimanche, deux autres événements ont clôturé la semaine : une discussion à KED autour de l'exposition « Fluidité du genre dans la mode ». Installée à Station en plein Beyrouth, cette exposition reste ouverte jusqu'au 26 mai. Parallèlement, sur les hauteurs de Batroun, un pique-nique a été organisé dans la journée dans une ambiance estivale mêlant barbecues et concerts de jazz.
Si la joie de vivre et la musique sont des éléments-clefs de la Beirut Pride, l'art et la mode ont une place toute particulière. « Nous soutenons les industries créatives dont les activités sont en phase avec le positionnement de la Beirut Pride », précise Hadi Damien.

 

(Lire aussi : Diana Moukalled à « L'OLJ » : « Je n'ai pas porté atteinte à la Future TV »)

 

Très heureux du déroulement de cette semaine, l'initiateur de la Beirut Pride confie : « Nous ne nous attendions pas à un retour pareil. Le nombre de participants nous a agréablement surpris. » Citant l'exemple de la soirée story-telling avec Cliffhangers, le lundi 15 mai, il déclare : « Nous nous attendions à accueillir 200 participants, mais ce sont plus de 450 personnes qui étaient présentes. » Mise à part l'annulation, dimanche dernier, du séminaire organisé par l'association Proud Lebanon à l'hôtel Monroe, la semaine s'est déroulée pacifiquement. Samedi soir, alors qu'une soirée était initialement prévue à Radio Beirut, quinze bars avoisinants ont souhaité être de la partie en hissant le drapeau arc-en-ciel et en distribuant des bracelets Beirut Pride. Une réussite donc pour Hadi Damien, puisqu'il remarque un changement dans les mœurs : « Nous pensions que les gens soutenaient notre cause dans l'intimité de leur maison, mais ils ont montré cette semaine qu'ils voulaient s'exprimer et combattre les actions de haine et de discrimination au Liban. »

Après une fin en beauté, la Beirut Pride se prépare déjà pour l'année prochaine. « Un quart de l'édition 2018 est déjà programmé », confie Hadi Damien.

 

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Bery tus

Aie aie aie 3alamnehoun 3al shhadeh saba2ouna 3al boueb

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE L,AURAIS APPELE BEIRUT RIDE ET NON PAS BEIRUT PRIDE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE TROUVE DE LA DIFFICULTE A M,EXPRIMER... MAIS IL FALLAIT ETRE MOINS AGITES CONNAISSANT LE MILIEU OU L,ON SE MEUT ET SES SENSIBILITES !

Irene Said

Militants LGBT, pourquoi ne pas employer toute cette énergie et cet argent pour des projets plus utiles au Liban ?
Etes-vous vraiment obligés de vous exhiber ainsi ridiculement et de copier ce qui se fait de plus stupide e dans d'autres pays ?
Quels résultats positifs pour vous...et pour ceux qui ne vous acceptent pas ???
Irène Saïd

C.K

Et voila, la métastase vulgarité-laideur-décadence a atteint le Liban.

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