Le président américain Donald Trump parle au téléphone alors qu’il quitte la Maison Blanche pour se rendre au Trump National Golf Club à Sterling, en Virginie, le 31 mai 2026. REUTERS/Aaron Schwartz.
Après une journée particulièrement tendue au Liban-Sud, marquée par la poursuite des frappes israéliennes, et à Beyrouth, où la banlieue sud a de nouveau été évacuée sous la menace de bombardements israéliens, et alors que l’Iran a haussé le ton en menaçant d’ouvrir de « nouveaux fronts » en cas de franchissement de ses « lignes rouges », le président américain Donald Trump a eu lundi un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin de tenter de freiner l’escalade.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé que Benjamin Netanyahu s'était engagé, lors d'un entretien téléphonique « très productif », à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, alors qu'Israël a menacé d'attaquer la banlieue sud de la capitale libanaise. « Il n'y aura pas de troupes à Beyrouth et toutes les troupes qui étaient en route pour Beyrouth ont déjà fait demi-tour », a-t-il affirmé. Un peu plus tard, le media Axios rapportait que Trump était furieux contre Netanyahu qu'il aurait qualifié de « fou ».
Donald Trump a aussi annoncé avoir eu un « très bon » échange avec le Hezbollah via des intermédiaires, en ajoutant que la formation pro-iranienne allait « cesser totalement le feu ». « Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël », a écrit le président américain. Les forces israéliennes, qui disent vouloir « écraser » le Hezbollah pro-iranien, se sont avancées en territoire libanais comme jamais depuis plus de 25 ans et avaient appelé lundi à l'évacuation de la banlieue sud de Beyrouth, menaçant de frapper ce bastion du mouvement chiite.
S'en est suivi un communiqué de l’ambassade du Liban à Washington qui a annoncé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de « cessation mutuelle des attaques » avec Israël. « Les autorités libanaises ont reçu la confirmation de l’acceptation par le Hezbollah de la proposition américaine prévoyant une cessation mutuelle des attaques », indique un communiqué de l’ambassade diffusé par le bureau de la présidence libanaise. « Dans le cadre de l’arrangement proposé, les frappes israéliennes sur Dahyé (la banlieue sud de Beyrouth) cesseraient en échange de l’engagement du Hezbollah à s’abstenir de lancer des attaques contre Israël, le cadre du cessez-le-feu devant être élargi pour couvrir l’ensemble du territoire libanais ».
M. Netanyahu a de son côté déclaré avoir dit au président américain Donald Trump, que « si le Hezbollah ne cesse pas d’attaquer nos villes et nos citoyens, Israël frappera des cibles terroristes à Beyrouth ». « Cette position reste inchangée , a-t-il ajouté. Parallèlement, l’armée israélienne continuera d’opérer comme prévu dans le sud du Liban ».
De son côté, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a déclaré qu’« un cessez-le-feu total constituerait le prélude au retrait des troupes israéliennes de l’ensemble du territoire libanais ». Il a ajouté, selon des propos rapportés par l'agence Reuters : « Nous soutenons un cessez-le-feu total sur l’ensemble du territoire libanais. » Plus tôt, une source proche du parti chiite avait affirmé à l'AFP que Hezbollah ne cessera pas de bombarder le nord d'Israël.
« Tu es complètement fou »
Dans un message plus tard sur Truth Social, le président américain a exhorté Israël et le Hezbollah à arrêter de se battre « pour toujours ». Dans ce message il a réitéré que Netanyahu a « fait faire demi-tour à ses troupes » qui voulaient lancer « une opération d'envergure à Beyrouth ». « Merci, Bibi ! », souligne-t-il. Il souligne aussi qu'Israël « a également accepté de cesser de tirer » sur le Hezbollah. « Voyons combien de temps cela durera — espérons que ce sera pour toujours », a-t-il ajouté.
Selon le média américain Axios, Donald Trump a qualifié Benjamin Netanyahu de « fou » et l'a accusé de mettre en péril les négociations de paix avec l'Iran. Résumant les propos de Trump, un responsable américain rapporte qu'il lui aurait lancé : « Tu es complètement fou. Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. » Une autre source informée de l'appel a indiqué à Axios que Trump était « furieux » et aurait crié à Netanyahu à un moment : « Mais qu'est-ce que tu es en train de faire ? »
« Un accord séparé de l'Iran ou avec l'Iran, peu importe »
Ces développements interviennent alors que des négociations politiques se tiendront avec Israël, à Washington, les 2 et 3 juin. Au rythme de l'escalade militaire intense et de l'élargissement de l'avancée israélienne dans le Sud, des négociations libano-israéliennes au niveau militaire se sont tenues vendredi au Pentagone, sous parrainage américain, sans aboutir à des progrès. Un nouveau rendez-vous devrait quand même être fixé dans les deux prochaines semaines.
Dans un message distinct, toujours sur Truth Social, Donald Trump a assuré que « les discussions continuaient à un rythme rapide avec la République islamique d'Iran ». L'affirmation du président américain contredit celle de l'agence de presse iranienne Tasnim, selon laquelle Téhéran a rompu le dialogue indirect avec Washington, notamment à cause de l'offensive israélienne au Liban. Durant la journée du lundi, alors que les tensions entre Israël et le Hezbollah s'aggravaient au Liban-Sud et que la banlieue sud de Beyrouth étaient menacée d'une frappe israélienne, Téhéran a haussé le ton et évoqué la possibilité d’ouvrir de « nouveaux fronts » en cas de franchissement de ses « lignes rouges ».
Dans une interview accordée au New York Times, le président de la Chambre, Nabih Berry, également chef du Amal Movement, a laissé entendre que le Hezbollah pourrait accepter une trêve indépendante d'un accord plus large entre Washington et Téhéran. « Un accord séparé de l'Iran ou avec l'Iran, peu importe », a-t-il déclaré. « Nous avons besoin d'un cessez-le-feu. Israël veut négocier tout en bombardant, et cela nous coûte très cher. »



Si Trump parle du même cessez-le-feu entre l’Iran et les E.U. on prend. Entre ce que dit et ce que fait Trump il y a à prendre et à laisser. Apparemment il est bien inspiré par ses adversaires et joue à fond leur jeu de « je mens et libre à vous de me croire ou pas », fonctionne à merveille. Les mollahs sont servis par la monnaie de leurs pièces. Enfin quelqu’un qui parle leur langue. Le flou n’en est pas un ce sera un cessez-le-feu comme un autre agrémenté de tirs croisés et d’attentats ciblés sur tous ces fanfarons qui tombent comme des mouches mais crient victoire pour se convaincre de leur
09 h 58, le 02 juin 2026