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Moyen Orient et Monde - Israël

Mis en difficulté, Netanyahu tente d’ajouter d’autres cordes à son arc

Le chef du gouvernement israélien évoque une guerre potentielle contre la bande de Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu faisant une déclaration à Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 2019. Menahem Kahana/AFP

Quatre jours avant les élections législatives pour lesquelles il est candidat à un cinquième mandat de Premier ministre, Benjamin Netanyahu, au coude-à-coude avec son principal rival Benny Gantz, tente le tout pour le tout. Conscient de jouer sa « survie politique », coincé dans différentes affaires de corruption, le chef du gouvernement israélien essaye d’ajouter le plus de cordes possible à son arc, sécuritaires et diplomatiques, en multipliant gestes et promesses dont certaines ont suscité la polémique.

Sa dernière sortie concerne le (sensible) dossier sécuritaire de l’État hébreu. M. Netanyahu – qui s’est principalement fait élire Premier ministre à plusieurs reprises grâce à l’image de « Monsieur sécurité » qu’il s’est peu à peu forgée – a évoqué hier, selon des informations du quotidien israélien Haaretz, la possibilité d’une guerre contre la bande de Gaza afin de faire cesser les tirs de roquettes sur la partie sud de son pays. Au micro de la radio nationale Kan Bet, M. Netanyahu a précisé qu’une telle option est un « ultime recours », mais qu’Israël « n’aurait probablement pas d’autre choix que de se lancer dans une campagne militaire, une guerre, contre les forces terroristes à Gaza ».

Ces dernières semaines, des salves de roquettes ont été tirées à plusieurs reprises, depuis l’enclave palestinienne, contre le territoire israélien. Des attaques auxquelles l’État hébreu a répondu notamment par des frappes aériennes contre les positions du Hamas. Les derniers incidents, impliquant deux roquettes qui visaient la ville d’Ashdod (Sud), alors que le Premier ministre y tenait un meeting, auraient été tirées par des combattants non affiliés au Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. M. Netanyahu a néanmoins affirmé qu’il tenait le Hamas pour responsable de ces tirs, jurant d’« abattre le régime du Hamas à Gaza » afin d’éliminer la menace de nouveaux tirs de roquettes.

Le chef du gouvernement israélien a précisé qu’il n’enverrait les troupes israéliennes dans la bande de Gaza que lorsque « les conditions optimales » seront « réunies ». « Il existe un élément terroriste qui veut nous détruire », a-t-il déclaré. « Le Hamas comprend où il va, mais ne peut pas arrêter. Parce qu’ils ne peuvent pas, il n’y aura pas d’autre choix que d’entrer dans une guerre », a affirmé M. Netanyahu, qui a également laissé entendre qu’Israël pourrait passer par plusieurs étapes militaires avant de se lancer dans une véritable guerre.



(Lire aussi : "Les Arabes veulent nous détruire" : Facebook sanctionne la page officielle de Netanyahu)



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Sont-ce là des arguments à but uniquement électoral ? Sous sa gouvernance (plus de treize ans), deux guerres de courte durée ont été menées contre le territoire palestinien : celle de 2012 (sept jours) et celle de 2014 (un mois et demi). Les autres incidents mêlant l’armée israélienne sous son mandat ont été réalisés par le biais de frappes aériennes – et non par l’envoi de troupes au sol – comme celles menées régulièrement en Syrie.

La Syrie mais aussi l’Iran devraient d’ailleurs être évoqués par Benjamin Netanyahu lors de sa visite entamée hier à Moscou, où il doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine. Le Premier ministre israélien tente ici de s’afficher en « Monsieur diplomatie ». Mais symboliquement, cette visite pourrait s’apparenter à une nouvelle tentative de gratter des voix auprès des électeurs israéliens russophones, et ce en montrant sa proximité diplomatique et stratégique avec le président russe. En cas de succès, cette stratégie serait un grand coup porté à son ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman – également candidat aux élections de la semaine prochaine et devenu un rival – qui se veut le défenseur des Israéliens russophones, lui-même étant né en Moldavie, à l’époque soviétique.

Le Haaretz estimait, pour sa part, que le Premier ministre israélien a « déclaré que ce voyage en Russie était une visite de routine dans le but apparemment d’écarter les accusations selon lesquelles il ferait partie d’une stratégie pré-électorale visant à le montrer comme un proche collaborateur d’éminents dirigeants mondiaux ». Le Kremlin a par ailleurs condamné le projet d’annexion de la vallée du Jourdain, présenté mardi par Benjamin Netanyahu, s’il était réélu à la tête d’Israël – un projet qui a d’ailleurs reçu de nombreuses critiques tant au sein de la classe politique israélienne que de celles du monde arabe. La vallée du Jourdain représente 30 % de la Cisjordanie, et son annexion aurait de quoi ravir les 400 000 colons israéliens qui pourraient apporter leurs voix à « Bibi ».

Reste maintenant à savoir si la stratégie de M. Netanyahu portera ses fruits mardi prochain.



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commentaires (3)

Pas une bonne idee de parler de corde . Des fois qu'il confondrait avec des cordes à pendre.

FRIK-A-FRAK

12 h 26, le 13 septembre 2019

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Commentaires (3)

  • Pas une bonne idee de parler de corde . Des fois qu'il confondrait avec des cordes à pendre.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 26, le 13 septembre 2019

  • IL EST TEMPS DE PARTIR POUR CE FANATIQUE.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE OPINION

    09 h 40, le 13 septembre 2019

  • Chitanyahou a surtout dit que les arabes voulaient anéantir les juifs. Ce mec a été rendu fou par l'Iran et l'axe de la résistance. C'est même plus en taule quil faudra l'envoyer mais dans un asile psychiatrique. Il n'a jamais pu battre la résistance de Gaza, toutes les confrontations avec les résistants palestiniens ont vu cette entité signer rapidement des cessez-le-feu. Son voyage à Moscou n'apportera rien de nouveau de Poutine qui se paye sa tête, Poutine sait à quel malade mental il a affaire.

    FRIK-A-FRAK

    00 h 36, le 13 septembre 2019

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