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Qabr Chmoun

Avec la reprise de la médiation Ibrahim, le Conseil des ministres pourra-t-il se tenir ce soir ?

Walid Joumblatt souhaite des garanties solennelles de la part du Premier ministre.


Saad Hariri reçu hier par Michel Aoun à Baabda. Photo Dalati et Nohra

S’approche-t-on d’une sortie de crise? La reprise des contacts, hier, a représenté certes une brèche dans la tempête politique qui souffle sur le Liban depuis les affrontements de Qabr Chmoun, le 30 juin dernier. Mais après des semaines marquées par une tension croissante, une forte polarisation et des divisions politiques ponctuées d’accusations et de contre-accusations, les unes plus graves que les autres, la mission du directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, n’apparaissait pas de tout repos.

Le premier pas vers une éventuelle normalisation a été franchi par le Premier ministre, Saad Hariri, de retour d’Europe, avec une visite hier à Baabda et a été complété dans la journée par le général Ibrahim qui a fait la navette, à plusieurs reprises, entre Clemenceau, Khaldé et Aïn el-Tiné, sans parvenir en fin de journée à réaliser une percée déterminante au niveau des positions des principaux belligérants dans cette affaire, le leader druze, Walid Joumblatt, et le chef du Parti démocrate libanais, Talal Arslane.

La solution médiane au cœur de la mission du général Ibrahim repose sur la tenue d’une réunion du gouvernement, sans que la question d’une saisine de la Cour de justice dans l’affaire de Qabr Chmoun n’y soit évoquée. Cette formule qui permettrait une convocation du Conseil des ministres, sans que celui-ci ne soit confronté à un risque d’implosion, avait été concoctée à Baabda où Saad Hariri s’était rendu dans la matinée pour un entretien avec le président Michel Aoun, qui pressait le chef du gouvernement de convoquer son équipe. Deux scénarios étaient prévus. Le premier consistait à tenir le Conseil des ministres ce soir au Sérail, afin d’examiner l’ordre du jour ordinaire prévu pour la réunion du 2 juillet. L’affaire de Qabr Chmoun pourrait alors être abordée en dehors de cet ordre du jour mais seulement si le temps le permettra. Le deuxième portait sur la tenue de la réunion à Baabda, sous la présidence de Michel Aoun, qui évoquera la question en rappelant que le dossier est aux mains de la justice militaire et qu’il faudra attendre les conclusions de l’instruction avant de se prononcer sur la suite à donner à cette affaire.

Pour la première fois depuis des semaines, le Premier ministre, qui est apparu détendu et souriant en s’adressant à la presse, s’est dit optimiste. « La réunion était positive. Les solutions sont presque au point. Je suis plus optimiste que jamais. Nous devons attendre un peu, et vous entendrez la bonne nouvelle, si Dieu le veut », a-t-il déclaré au terme de l’entretien avec M. Aoun, mais sans vouloir donner davantage de détails.


(Lire aussi : Lettre ouverte au président de la République)


Des garanties

Les contacts qui s’étaient donc intensifiés dans la journée devaient cependant se heurter à l’intransigeance de Walid Joumblatt, hostile à ce que l’affaire de Qabr Chmoun soit évoquée durant la réunion et désireux d’obtenir des garanties solennelles de la part du chef du gouvernement. À l’origine de cette opposition, les événements des dernières semaines. Celles-ci s’étaient caractérisées par une politisation à outrance de ce dossier qui a fait craindre une volonté d’assiéger et d’affaiblir le chef du PSP et, par extension, le camp politique auquel il appartient, au point que les États-Unis, par le biais de leur ambassade au Liban, ont mis en garde contre cette politisation, appelant à un règlement « dans le cadre strictement judiciaire », et s’attirant hier une violente riposte du Hezbollah.

Or pour Walid Joumblatt, rien n’est moins sûr qu’un règlement strictement judiciaire, d’autant que le chef du PSP accuse le président d’avoir pris parti dans le conflit sur la qualification des accrochages de Qabr Chmoun. Selon des sources de Baabda, le président Aoun avait fait savoir à son entourage la semaine dernière que c’était son gendre, le chef du CPL, Gebran Bassil, et non pas le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, qui était visé « par la tentative d’attentat » dont le PSP est accusé par Talal Arslane.

Aussi, Walid Joumblatt s’est-il exprimé contre la tenue d’un Conseil des ministres tant que l’enquête se limite à ses partisans, dont quatre sont toujours aux arrêts, tout en attaquant vivement le chef de l’État. « La question n’est plus de savoir si le Conseil des ministres doit ou ne doit pas se tenir, mais si l’enquête va s’étendre à ceux qui ont provoqué les incidents de Bassatine (Qabr Chmoun) et si ces derniers vont continuer à ne pas être inquiétés parce que le chef de l’État et ceux qui le soutiennent souhaitent la vengeance. Si tel est le cas, il faut savoir que nous sommes extrêmement patients et placides. La seule garantie que nous réclamons provient de la loi », a-t-il écrit sur son compte Twitter.


(Lire aussi : Les États-Unis pourraient être suivis dans leur mise en garde par d’autres pays, l'éclairage de Philippe Abi-Akl)


Un peu plus tard, Talal Arslane devait à son tour monter au créneau en rejetant sur son compte Twitter « toute initiative qui ne permettra pas de clarifier la tentative d’attentat contre le ministre Saleh Gharib » et en s’en prenant vivement à son adversaire politique. « Il est évident que certains ne veulent d’aucun tribunal ou jugement et cherchent à provoquer des tensions aux plans interne et externe afin de briser le siège politique qu’il se sont eux-mêmes imposés », a-t-il ajouté.

Talal Arslane faisait notamment allusion à la mise en garde américaine, mais aussi aux informations selon lesquelles, à l’instar de Washington, les pays donateurs européens scrutent avec inquiétude la montée des tensions au Liban et notamment les tentatives d’affaiblir le camp souverainiste dans le pays.

Quoi qu’il en soit, le chef du PDL n’a pas évoqué le recours à la Cour de justice, qui était devenu son leitmotiv depuis les accrochages de Qabr Chmoun. Ce recul par rapport à une exigence qui semblait incontournable pourrait représenter la brèche par laquelle le général Ibrahim s’engouffrerait pour poursuivre sa médiation et faciliter la tenue du Conseil des ministres, avec les garanties que le chef du PSP souhaite obtenir principalement du chef du gouvernement.

Ce dernier souhaite que son équipe se réunisse avant son départ pour Washington où il se rendra dans les prochains jours, au terme d’un court passage en Arabie saoudite, pour le pèlerinage de l’Adha. Dans la capitale américaine, Saad Hariri doit s’entretenir avec le secrétaire d’État, Mike Pompeo, et d’autres responsables américains.


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S’approche-t-on d’une sortie de crise? La reprise des contacts, hier, a représenté certes une brèche dans la tempête politique qui souffle sur le Liban depuis les affrontements de Qabr Chmoun, le 30 juin dernier. Mais après des semaines marquées par une tension croissante, une forte polarisation et des divisions politiques ponctuées d’accusations et de contre-accusations, les...

commentaires (7)

SHAME, SHAME, SHAME re: GAME OF THRONES, " THE WALK OF SHAME ". EXECUTE PAR CERSEI pour se faire pardonner- ENCORE QUE PAS ENTIEREMENT . VOILA CE QUE DOIVENT EXECUTER NOS HONORABLES- TOUS NOS HONORABLES - AVANT QUE DE PASSER EN JUSTICE !

gaby sioufi

13 h 45, le 09 août 2019

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • SHAME, SHAME, SHAME re: GAME OF THRONES, " THE WALK OF SHAME ". EXECUTE PAR CERSEI pour se faire pardonner- ENCORE QUE PAS ENTIEREMENT . VOILA CE QUE DOIVENT EXECUTER NOS HONORABLES- TOUS NOS HONORABLES - AVANT QUE DE PASSER EN JUSTICE !

    gaby sioufi

    13 h 45, le 09 août 2019

  • Il faut arrêter de projeter des résultats probables qui n'ont pas nécessairement une base raisonnablement sérieuse. Arrêter les négociations. Arrêter les contacts et les discussions. Ne parlez plus de reunions gouvernementales. Oubliez les considerations locales et régionales. Dans six mois le mandat n'aura plus le putsch qu'il faut pour faire quoi que ce soit.

    Zovighian Michel

    12 h 27, le 09 août 2019

  • Quand il s'agit de corruption, de vol ou de denrées alimentaires avariées, personne ne s'en offusque et les réunions entre copains ministres se fait dans la plus stricte convivialité. Par contre dés qu'on touche à " l'honneur " de nos chers partis, là tout le pays est paralysé( comme s'il ne l'était pas d'ailleurs) et tous les copains ministres se démultiplient afin d'éviter que tel ou tel parti se vexe et boycotte la réunion, qui elle, n'a aucun autre but que de caresser les joues. C'est pitoyable.

    Citoyen

    11 h 02, le 09 août 2019

  • On nous donne quelques bonbons à sucer, en attendant "une bonne nouvelle"... C'est toujours ça de pris pour nous petit peuple libanais...et les bonbons vont certainement calmer notre faim... M E R C I M E S S I E U R S !!! Votre générosité nous fait du bien Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 37, le 09 août 2019

  • Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon nous n’aurions plus de gouvernement depuis longtemps...

    Gros Gnon

    09 h 37, le 09 août 2019

  • SOUHAITONS LA SEPARATION DE LA REUNION DU GOUVERNEMENT DE CETTE TRISTE AFFAIRE DE QARCHMOUN. ESPERONS QUE LA LOGIQUE DE LA SAUVEGARDE DU PAYS PREVAUDRA SUR TOUTE AUTRE CHOSE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 05, le 09 août 2019

  • Plus optimiste que jamais... ouf on se surpasses!!! Espérons que l'optimisme coulera vers nous...

    Wlek Sanferlou

    02 h 00, le 09 août 2019