Rechercher
Rechercher

À La Une - Etats-Unis/Iran

Sanctions américaines contre Zarif : colère de l'Iran, regrets de l'UE

"Nos ennemis sont si impuissants qu'ils ont perdu la capacité d'agir et de penser de manière sensée", lance Hassan Rohani, accusant Washington d'"enfantillages".

Le président iranien Hassan Rohani lors d'une cérémonie à Tabriz, le 1er août 2019. AFP PHOTO / HO / IRANIAN PRESIDENCY

 Le président iranien Hassan Rohani a estimé jeudi que Washington manifestait "peur" et "impuissance" en imposant des sanctions au chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, avec qui l'Union européenne a d'ores et déjà annoncé qu'elle continuerait de travailler.

Au lendemain de l'annonce de Washington de sanctions contre le diplomate en chef iranien, l'UE a "regretté" cette décision et insisté sur "l'importance de maintenir des relations diplomatiques" avec Téhéran.

Voix de l'Iran sur la scène internationale, M. Zarif est le principal interlocuteur des Européens, de la Chine et de la Russie, toujours parties prenantes à l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien violemment dénoncé par les Etats-Unis, qui s'en sont retirés en mai 2018.

Les Etats-Unis "ont peur des interviews données par notre ministre des Affaires étrangères", a fustigé M. Rohani dans un discours télévisé, en référence à des entretiens donnés par M. Zarif à la presse internationale lors d'une récente visite au siège des Nations unies, à New York. "Nos ennemis sont si impuissants qu'ils ont perdu la capacité d'agir et de penser de manière sensée", a poursuivi le président iranien, accusant les Etats-Unis d'"enfantillages".

M. Zarif avait déjà répliqué sur Twitter en estimant que Washington tentait de réduire l'Iran au silence, tandis que les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont qualifié d'"absurde" la décision de Washington.



(Lire aussi : Selon Téhéran, Washington a rejeté une proposition de dialogue)



Escalade des tensions 
Les sanctions contre M. Zarif, nouvelle étape dans la campagne américaine de "pression maximale" sur Téhéran, ne sont pas une surprise.

En annonçant fin juin imposer des sanctions "dures" contre le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le président américain Donald Trump avait prévenu que le ministre iranien des Affaires étrangères subirait "bientôt" le même sort. Les sanctions prévoient le gel des actifs que M. Zarif possèderait aux Etats-Unis et interdisent toute transaction avec lui, a précisé le Trésor américain dans un communiqué. Washington cherchera aussi à empêcher les voyages de M. Zarif à l'étranger, même si l'administration américaine ne l'empêchera pas de participer aux activités de l'ONU à New York.

Disant "regretter" la décision de Washington, Carlos Martin Ruiz de Gordejuela, un porte parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, a souligné que l'UE continuerait de travailler avec M. Zarif "en sa qualité de diplomate le plus haut placé de l'Iran". L'UE, dont trois pays sont toujours parties à l'accord de 2015 (Royaume-Uni, France, Allemagne), tente de sauver ce pacte qui mettait le programme nucléaire iranien sous un strict contrôle international en échange de la levée des sanctions économiques.

L'accord est fragilisé depuis le retrait en mai 2018 de Washington qui a rétabli des sanctions économiques contre Téhéran. Depuis, la tension n'a fait qu'augmenter. L'Iran s'est affranchi début juillet de certains engagements pris dans le cadre de l'accord et menace de poursuivre son désengagement graduel du pacte si les autres Etats parties ne l'aident pas à contourner les sanctions américaines, qui asphyxient son économie.

"Nous sommes actuellement en train de négocier avec certains pays. Nous avons reçu des offres, que nous n'avons pas acceptées puisqu'elles n'étaient pas équilibrées", a déclaré M. Rohani dans une intervention retransmise par la télévision d'Etat, sans préciser les pays concernés. Il a réitéré que faute de "résultat satisfaisant", Teheran s'affranchirait de nouveaux engagements contenus dans l'accord.

Depuis mai, des sabotages et attaques de navires dans le Golfe - imputées par les Etats-Unis à Téhéran, qui dément - ainsi que la destruction d'un drone américain par l'Iran ont encore fait monter la pression.



(Lire aussi : Touché par les sanctions, l'Iran enlève des zéros au rial et renomme sa monnaie)



"Ça suffit" 
Pour un haut responsable de l'administration Trump ayant requis l'anonymat, "Zarif est le visage du régime qui répand à l'étranger la propagande et les campagnes de désinformation favorables au programme nucléaire de Téhéran, à ses missiles balistiques et à ses réseaux terroristes". "Cela fait bien trop longtemps qu'on lui permet de se faire passer pour un représentant raisonnable et crédible de l'Iran", a-t-il ajouté, en référence à l'image de modéré de M. Zarif, aidée par son anglais courant, son humour et ses études aux Etats-Unis. "Aujourd'hui, le président Trump a décidé que ça suffit", a-t-il affirmé.

Tout en annonçant les sanctions contre M. Zarif, Washington, dans un mouvement apparemment contradictoire, a prolongé pour 90 jours des autorisations-clés pour trois projets en cours dans le cadre du programme nucléaire civil iranien.

"Il s'agit d'une prolongation de courte durée", a relativisé John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Trump. "Nous regardons de très très près ces activités nucléaires".




Lire aussi
L'Iran accuse des pays voisins de rendre "impossible" tout dialogue

Pas de sortie de crise en vue entre Washington et Téhéran

Donald Trump à court d'options face à l'Iran

Comment l’Iran tente de vendre son pétrole, malgré les sanctions US

L’Iran serait-il prêt à mettre ses missiles balistiques sur la table des négociations ?

Trump affirme qu'il devient "plus difficile" pour lui de vouloir négocier avec l'Iran

Pourquoi les Iraniens jouent-ils avec le feu ?

 Le président iranien Hassan Rohani a estimé jeudi que Washington manifestait "peur" et "impuissance" en imposant des sanctions au chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, avec qui l'Union européenne a d'ores et déjà annoncé qu'elle continuerait de travailler.
Au lendemain de l'annonce de Washington de sanctions contre le diplomate en chef iranien, l'UE a "regretté"...
commentaires (5)

Wait and see, jusque là il a tout juste, les conspueurs du "clown" risquent de se casser le coccyx dans leur chute.

Christine KHALIL

20 h 47, le 01 août 2019

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Wait and see, jusque là il a tout juste, les conspueurs du "clown" risquent de se casser le coccyx dans leur chute.

    Christine KHALIL

    20 h 47, le 01 août 2019

  • Mais...... p.t.n...on parle des usa 1ère puissance mondiale làaaaaaaaa... hahahaha... Ils ne savent plus quoi faire hahahaha... forcément avec un clown à leur tête....??? Le pire c'est que les membres de son fan club libanais viendront nous dire qu'ils "sentaient" que cela allait mal tourner pour lui le clown , une fois qu'ils l'auront constaté de visu.

    FRIK-A-FRAK

    17 h 40, le 01 août 2019

  • PLUS QU,ABSURDE... UNE GAFFE ET UNE ERREUR ! VRAIMENT DES ENFANTILLAGES.

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    16 h 06, le 01 août 2019

  • Ohhh mon pauvre Zarif tu vas perdre tout le fric que tu gardes dans les banques américaines. Hahahahaha... Que Dieu nous maintienne un clown pareil au pouvoir pour encore 4 ans, il aura eu le temps de sanctionner 80 millions d'iraniens loooooolllll.... Et tenez vous bien les amis, il a son fan club parmi les libanais. Lol.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 42, le 01 août 2019

  • Ce pauvre Trump ne sait plus quoi inventer pour se rendre important...et personne dans son entourage n'a le courage de lui dire qu'il atteint les sommets du ridicule, en tant que "président" des USA, situés à des milliers de Km de l'Iran. Irène Saïd

    Irene Said

    10 h 15, le 01 août 2019

Retour en haut