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Émigrés

Lebolution, quand les jeunes Libanais de l’étranger renouent avec leurs origines

« C’est un travail extrêmement important que nous faisons ici pour le Liban », affirme d’emblée Antoine Menassa, organisateur et responsable du programme Lebolution organisé par l’Union libanaise culturelle mondiale (ULCM). Le programme s’est étalé sur 10 jours, du 22 au 31 juillet. Cet homme d’affaire franco-libanais, passionné par les sujets de l’émigration, participe à l’organisation de ce projet à des fins culturelles mais également afin de permettre à un maximum de « jeunes issus de l’émigration, quelquefois de la deuxième, troisième ou quatrième génération, de renouer avec leurs racines ». Cette année, Lebolution 2019 a accueilli 200 participants, venant de 18 pays d’émigration différents, avec une importante proportion de jeunes en provenance d’Amérique du Sud et d’Amérique latine, des Européens, Océaniens et Nord-Américains.

Hébergés dans le cadre idyllique des chambres d’hôtes de Notre-Dame-du-Mont à Fatka, les participants ont pu visiter des grands lieux touristiques du Liban, tels que les grottes de Jeïta, Baalbeck, les villes côtières ou encore l’iconique forêt des Cèdres, classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils ont aussi pu découvrir la vie nocturne libanaise lors de leurs soirées, et ont pu profiter de repas dans des restaurants de gastronomie libanaise, élément-clé de la culture nationale, dont beaucoup sont peu ou pas habitués aux saveurs. Des rencontres avec les sponsors locaux du programme ont également été organisées, au premier rang desquels les responsables du ministère du Tourisme et un important panel de chefs de municipalité, y compris la municipalité de Tripoli, où la délégation de Lebolution a été accueillie par le maire de la ville.

Le profil des candidats est, lui, assez varié, d’une tranche d’âge allant de 18 à 30 ans, arabophones ou non : si parmi les conditions de sélection il est impératif d’être de nationalité libanaise ou d’origine libanaise, certains sont déjà relativement familiers avec le pays, d’autres le découvrent pour la première fois. C’est notamment le cas de Yanin Kalil, colombienne d’origine libanaise par son grand-père, qui a découvert le pays il y a deux ans lors de l’édition 2017 de Lebolution, et qui a décidé d’y reparticiper cette année. Pour elle, le programme est réellement « l’occasion pour les participants de redécouvrir le pays, leurs origines, et finalement une part de leur identité ». De plus, le programme apporte une grande diversité et permet de rencontrer « d’autres jeunes d’origine libanaise et curieux de découvrir leurs origines ». Si elle y participe une fois de plus cette année, c’est parce que le programme lui avait déjà donné envie, il y a deux ans, de revenir l’été dernier faire du volontariat au sein d’une ONG œuvrant pour l’égalité des genres et la place des femmes au Liban.

Pour Ramy, participant français d’origine libanaise qui connaît déjà le pays, le programme a surtout été l’occasion de « découvrir le Liban dans un autre cadre que le cadre familial », lequel lui paraissait relativement limité en termes de visites et de connaissance approfondie de la société libanaise. Ayant déjà achevé ses études d’ingénieur, la visite de l’Université libano-américaine (LAU) lui a fait envisager de poursuivre sa spécialisation au Liban, éventuellement à partir de septembre prochain. Pour lui, les participants au programme, d’origines très diverses et parlant des langues différentes, « sont cependant tous unis par cette même sorte de patriotisme », qui les pousse à venir malgré la distance qui les sépare du Liban, en termes de kilomètres comme de générations pour certains.

Si l’objectif du programme est de faire redécouvrir et aimer le pays à ces jeunes enfants ou petits-enfants d’expatriés, on peut parler d’une réussite certaine. Le président de l’ULCM Jeunesse, Sergio De Los Rios Feghali, libano-colombien, a lui-même décidé de s’engager dans l’association pour permettre « à d’autres jeunes de découvrir le pays comme lui l’a découvert tardivement, à 22 ans, et à l’aimer comme son pays », travaillant ainsi à faire de Lebolution un moment unique pour tous les participants, parfois à peine plus jeunes que lui.

Dans un contexte général de fuite des cerveaux, surtout de la part des jeunes diplômés mais de la jeunesse en général, il est important pour le personnel encadrant d’accorder à d’autres jeunes Libanais, qui connaissent moins le pays mais qui ont énormément à lui apporter, la possibilité d’y revenir après avoir franchi la première étape, à savoir la découverte ou la redécouverte du Liban. Pour Antoine Menassa, il est essentiel de contribuer à un retour au moins partiel de ces jeunes. Lui-même refuse le terme de diaspora car « les Libanais ont un pays, une terre. Le peuple juif a une diaspora, mais les Libanais font face à l’émigration ». Il tient à ce que chaque participant puisse apprendre à se sentir chez lui au pays du Cèdre et déplore le manque d’évolution de la législation quant aux droits des jeunes enfants d’émigrées d’acquérir la nationalité libanaise par le biais de la mère.

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