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Liban

Coup de tonnerre de Ghada Aoun : les carrières des Fattouche mises sous scellés

Aïn Dara

Le chef du PSP salue la décision de la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban.

27/07/2019

La procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, a pris hier une décision judiciaire ordonnant la mise sous scellés des carrières de pierre de Aïn Dara (Chouf), en l’occurrence les carrières de Pierre Fattouche, frère de l’ancien ministre et député Nicolas Fattouche. La décision a été prise à la lumière de l’enquête menée par la Sécurité de l’État de Aley et la police d’investigation de Baabda, après l’ouverture d’informations judiciaires transmises par le Comité d’initiative civile de Aïn Dara, les 3 et 10 juin derniers. Ces informations dénonçaient en substance les empiétements de ces carrières (dont le permis se limite à une parcelle de quelques milliers de mètres carrés) sur des terrains privés, ainsi que des terrains indivis et wakfs, couvrant près de deux millions de mètres carrés et atteignant la réserve des cèdres du Chouf.

La mise sous scellés s’est faite sans heurts, au milieu d’une mobilisation sécuritaire remarquée, rapporte le président du conseil municipal de Aïn Dara, le général Maroun Badr. « Il n’y a rien à signaler, sinon que d’importantes unités des Forces de sécurité intérieure étaient présentes aux côtés de l’armée, dès le matin pour veiller à la mise en œuvre de la décision », indique-t-il.

La crainte d’actes de violence de la part des hommes de Pierre Fattouche est justifiée par de nombreux précédents d’accrochages avec des habitants de la localité et des membres de la municipalité qui leur tiennent tête.

Les derniers accrochages en date remontent au 10 juin dernier : des individus armés avaient tiré en l’air blessant des habitants qui les empêchaient d’ouvrir une route menant à un chantier de la mégacimenterie dont Pierre Fattouche est le promoteur. Même si la décision de la juge Aoun ne concerne pas le contentieux de la mégacimenterie elle-même, la fermeture des carrières mettrait de facto en échec sa construction.

Le contentieux avec les frères Fattouche est à l’origine de tensions entre le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt, qui tient tête à leur projet, et le Hezbollah, dont Nicolas Fattouche, un proche de Damas, est l’allié.


(Pour mémoire : Joumblatt ironise sur le « grand exposé » de Nasrallah qui « se conclut sur Fattouche »)


« Le sursaut d’une magistrate »

À l’heure où les pressions du Hezbollah sur le PSP se traduisent en partie par un blocage prolongé de l’exécutif, la décision de la juge Ghada Aoun est célébrée pour son audace par les milieux opposés aux activités des frères Fattouche à Aïn Dara, et par ricochet au Hezbollah.

Le tweet de Walid Joumblatt est à cet égard significatif des enjeux politico-sécuritaires de cette affaire. « Je félicite la juge Ghada Aoun pour sa décision de fermer les carrières de Aïn Dara afin d’en préserver l’environnement et les biens fonciers. Mais je crains qu’elle ne soit accusée par l’axe de la moumanaa (Téhéran-Damas, NDLR) d’avoir pris sa décision dans le cadre d’un complot impérialiste et sioniste. C’est pourquoi je souhaite qu’elle prenne toutes les précautions pour faire face aux roquettes de Fattouche », a écrit le leader druze.

Interrogé par L’Orient-Le Jour, Marwan Hamadé a, pour sa part, salué « le sursaut d’une magistrate ».

Reste à savoir si la décision de fermeture sera maintenue. Il ne s’agit pas d’un jugement mais d’une décision prise par la juge sur la base de l’enquête dont elle a eu le retour. La mise sous scellés signifie que la juge a la main sur le dossier : elle peut revoir sa décision ou poursuivre la procédure judiciaire en renvoyant l’affaire devant le juge d’instruction. Si les parties concernées par cette affaire, en l’occurrence les frères Fattouche, sont intéressées par une révision de la décision de mise sous scellés, ils devront en convaincre la juge par des éléments matériels.

Or ce qui aurait facilité la décision de la juge serait l’empiétement flagrant des frères Fattouche sur les règles de procédure, au point de ne plus chercher à sauver les apparences. « Ils ont probablement outrepassé tous leurs droits et mis la magistrature dans l’embarras », relève un proche du dossier.

Cela a permis de réunir les intérêts du PSP et du Courant patriotique libre (majoritaire à Aïn Dara, et intéressé par sa base chrétienne) contre les frères Fattouche.

Pour Antoine Haddad, secrétaire général du Renouveau démocratique et notable de Aïn Dara, « la décision pourrait paraître à contre-courant des rapports de force actuels, seulement pour prouver que l’affaire de Aïn Dara est une question de principe et non de pure politique ».

Ce que le Hezbollah en fera est une autre affaire…



Pour mémoire

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Honneur et Patrie

C'est la plus importante victoire de l'Etat de droit depuis l'Indépendance en 1943 contre les clans des corrupteurs, des corrompus et des voleurs du patrimoine de la Patrie.
Tous les hommages de la part d'un vieillard kesrouanais qui a connu parfaitement l'histoire de son pays depuis plus de 85 ans.
Honneu, gloire et reconnaissance à Ghada Aoun surtout de la part de la Patrie reconnaissante.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL LEUR MANQUE LE SEMMAA.

Atalante fugitive

YEAAAAAAAH, KUDOS JUGE!

Bery tus

Les gars 4 articles sur le groupe? Ils ont affirmer que leur intention n’etait pas de manquer de respect ... basta on passe à autre chose !! Leur excuses on s’en tape on passe à autre chose

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