Liban

La contestation palestinienne contre le ministère du Travail s'étend à Beddaoui

Des jeunes bloquent les entrées et la route principale du camp à l'aide de pneus, de chaises et de voitures.

Des jeunes bloquant une route principale du camp de réfugiés palestinens de Beddaoui, au Liban-Nord, le 17 juillet 2019, en signe de protestation contre des mesures du ministère libanais du Travail. Photo ANI

La contestation palestinienne contre les nouvelles restrictions imposées par le ministère libanais du Travail à l'emploi des étrangers s'est poursuivie mercredi au lendemain d'une série de protestations dans plusieurs régions du pays.

Aujourd'hui, c'est le camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, au Liban-Nord, qui était le théâtre de la colère palestinienne. Des jeunes gens ont ainsi bloqué les entrées et la route principale du camp à l'aide de pneus, de chaises et de voitures, et les camions transportant des fruits et légumes ont été interdits d'entrée. Les entrées Est et Ouest ont elles aussi été fermées par les protestataires. Les habitants du camp, ainsi que les employés de l'agence onusienne UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). ne pouvaient pas sortir ou entrer dans le camp.

Les autres camps du Liban, notamment au Liban-Sud où des protestations avaient eu lieu mardi, étaient calmes.


Les Palestiniens protestent contre la campagne menée par le ministère du Travail contre l'emploi illégal d'étrangers. En juin, celui-ci a donné un délai d'un mois aux entreprises pour acquérir les permis de travail nécessaires. Après l'expiration de ce délai la semaine dernière, le ministère a commencé des inspections, fermé des établissements en infraction et donné des avertissements. Des militants ont critiqué ces mesures, affirmant qu'elles visaient particulièrement les Syriens qui seraient 1,5 million au Liban selon les autorités.

Mais les réfugiés palestiniens du Liban craignent aussi de faire les frais de cette campagne. Les réfugiés palestiniens au Liban bénéficient d'une exemption des frais appliqués aux travailleurs étrangers pour l'obtention d'un permis de travail. Les entrepreneurs parmi eux doivent en revanche payer 25% des frais appliqués au permis de travail et inscrire leur activité au registre du commerce, à l'instar de toute société opérant au Liban. En 2010, le Parlement libanais avait levé les restrictions imposées en matière d'emploi aux réfugiés palestiniens, jusque-là confinés à quelques secteurs, comme l'agriculture ou le bâtiment. Les professions libérales et la fonction publique restent réservées aux Libanais.



(Lire aussi : Abousleiman tente de résister à la pression des Palestiniens)



Abousleiman défend de nouveau son plan
Le ministère du Travail a pour sa part défendu son plan relatif à la lutte contre la main-d’œuvre étrangère illégale et démenti les informations selon lesquelles les Palestiniens étaient la cible de ce plan. Contacté lundi par L’Orient-Le Jour, le ministre du Travail, Camille Abousleiman, a assuré que les mesures prises par son ministère ne sont dirigées contre personne mais qu’il était nécessaire d’appliquer la loi.

Lors d'une visite au siège de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) mercredi, M. Abousleiman a une nouvelle fois assuré que les travailleurs palestiniens allaient bénéficier de mesures d'exception. Il a affirmé que son plan de lutte contre la main d’œuvre illégale "a permis d'assurer des opportunités de travail aux Libanais". "Nous suivons l'application de ce plan, et j'espère que les travailleurs libanais seront à nos côtés. Quant aux travailleurs palestiniens, ils bénéficient d'une situation spéciale, ils sont victimes d'un drame et nous ne voulons pas aggraver leur situation, mais il y a des lois que nous allons appliquer, et ces lois accordent des dérogations et des privilèges aux travailleurs palestiniens", a-t-il expliqué. "Le ministère du Travail accordera les droits nécessaires à ces travailleurs", a encore dit M. Abousleiman.

Il a souligné que "le rôle du ministère du Travail est de protéger la main d’œuvre et les travailleurs libanais". "Un dialogue social est requis, sachant que nous nous trouvons dans une situation économique difficile. Pour qu'un tel dialogue soit efficace, il doit se faire entre la CGTL, les patrons et le ministère", a estimé le ministre.

En outre, le bureau de presse du ministre a annoncé que M. Abousleiman avait reçu un appel téléphonique de son homologue palestinien, Nasri Abou Jeich. "M. Abousleiman a dit à son homologue comprendre les souffrances du peuple palestinien et lui a assuré qu'il accordera toutes les facilités nécessaires aux travailleurs palestiniens pour obtenir des permis de travail en vertu de la loi libanaise, sans que cela ne nécessite pour eux des coûts supplémentaires".

Pour sa part, le ministre libanais de l'Industrie, Waël Bou Faour, a jugé que la campagne de M. Abousleiman devait être revue."Notre soutien au peuple palestinien, en tan que Parti socialiste progressiste, est clair. La campagne du ministère du Travail doit être revue, en ce qui concerne les travailleurs palestiniens. Il y a des spécificités et des lois qui doivent être respectées par le ministère. La discussion que nous avons eu avec le ministre a montré qu'il était compréhensif", a expliqué M. Bou Faour.

Même son de cloche de la part de la député de Saïda, Bahia Hariri, qui a affirmé, en recevant une délégation palestinienne, que le ministre du Travail "fait preuve d'une totale coopération" à ce sujet.



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La contestation palestinienne contre les nouvelles restrictions imposées par le ministère libanais du Travail à l'emploi des étrangers s'est poursuivie mercredi au lendemain d'une série de protestations dans plusieurs régions du pays.

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LE BORDEL DANS TOUTE SON OPULENCE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

18 h 49, le 17 juillet 2019

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Commentaires (2)

  • LE BORDEL DANS TOUTE SON OPULENCE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 49, le 17 juillet 2019

  • Voilà où on en arrive dans un pays sans gouvernement et sans lois, où n'importe qui, même "réfugié palestinien" se croit autorisé d'exiger...et, s'il ne l'obtient pas, de mettre le désordre dans ce pays qui l'a accueuilli ! Mais allez demander à ces contestataires, avec narguilé et cellulaire en mains, vêtus à la derniêre mode...de s'engager pour libérer leur patrie, la Palestine, vous n'en trouverez pas un qui répondra:"je suis prêt !" Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 54, le 17 juillet 2019