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Propos insultants contre Aoun et Nasrallah : un acteur relâché sous caution d'élection de domicile

Liban

Patrick Moubarak a été examiné par un médecin légiste qui a constaté que l'acteur souffrait de "maladies", sans préciser lesquelles.

OLJ
11/07/2019

L'acteur libanais Patrick Moubarak a été libéré sous caution d'élection de domicile, jeudi, après avoir été interrogé par le procureur général par intérim près la Cour de cassation, Imad Kabalan, à la suite de la fuite d'un enregistrement audio dans lequel il s'en prend au président, Michel Aoun, et au secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le juge Kabalan avait ordonné mercredi de placer l'acteur en état d'arrestation, à la suite d'une plainte déposée par l’avocate May Khansa auprès du département des enquêtes criminelles. Après avoir été examiné par un médecin légiste, qui a constaté que l'acteur souffrait de "maladies", sans préciser lesquelles, Patrick Moubarak a finalement été libéré sous caution d'élection de domicile. Le dossier a été transmis au parquet du Mont-Liban.

Selon l'acteur et animateur télé Wissam Hanna, le président Michel Aoun est intervenu dans ce dossier. "Hommage et respect au père de tous, le président Michel Aoun. Après avoir appris cette histoire, son bureau a dépêché un avocat pour suivre ce dossier. C'est comme ça que se comportent les hommes d'Etat", a écrit M. Hanna sur son compte Twitter.


Dans l'enregistrement, mis en ligne sur les réseaux sociaux, l'acteur se dit opposé au président Aoun et à Hassan Nasrallah, affirmant que si jamais une guerre éclatait au Liban, il serait le premier à prendre les armes contre les deux dirigeants. Il tient également des propos jugés insultants envers les musulmans. Cet enregistrement qui n'était pas destiné à être rendu public et à propos duquel M. Moubarak s'est excusé a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux.

Dans une lettre ouverte rédigée après sa libération, Patrick Moubarak a annoncé porter plainte contre la journaliste Amani Fayad qui l'interviewait via la messagerie WhatsApp, alors que, selon l'acteur, il se confiait en off à son interlocutrice qui enregistrait la conversation. "La discussion et les enregistrements étaient spontanés et non dans le cadre d'un entretien. Ils ont été diffusés par la journaliste Amani Fayad de son propre chef et sont pris hors contexte de cette discussion qui a duré plus de deux heures", explique l'acteur."Elle m'a piégé et provoqué à plusieurs reprises durant la discussion, de manière inacceptable", accuse Patrick Moubarak qui dit connaître la journaliste depuis deux ans. Il affirme ensuite avoir porté plainte contre la journaliste et dit réclamer son arrestation.
"Je veux assurer au public que je respecte le président Michel Aoun et (le secrétaire général du Hezbollah) Hassan Nasrallah ainsi que toutes les religions", a conclu l'acteur.



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Gros Gnon

Le problème est le suivant: s’il est illégal de dire du mal de nos dirigeants, lorsqu’on dira du bien d’eux, ils ne sauront jamais si c’est parce qu’on le pense vraiment, ou parce que c’est obligatoire.
Mais peut-être qu’ils s’en fichent après tout?

Tina Chamoun

Qu'on dise ce qu'on pense des politiciens, qui plus est, en aparté, est le droit de tout un chacun, que ces politiciens aient merdé ou pas! Mais que certains s'offusquent de la plainte déposée contre l'acteur incriminé ou qu'il ait éte arrêté, ça c'est vraiment un comble! Faut-il rappeler le nombre de plaintes déposées par M. Geagea himself contre nombre de personnes et journalistes l'ayant critiqué?? A une certaine époque pas si lointaine que cela c'était même devenu son activité préférée!!!
Par ailleurs, c'est la "journaliste" reponsable des fuites qui devrait être sanctionnée pour manque d'éthique certain!

Yves Prevost

Que des propos insultants contre le président de la République ou la communauté musulmane soient passibles de justice on peut le comprendre (encore à condition que ces propos soient publics). Mais contre Hassan Nasrallah?!
Il est un citoyen comme les autres et s'il s'estime insultés, c'est à lui de porter plainte.

TrucMuche

Et pourquoi l'ANI est elle officielle? On se croirait en Syrie dans les années 60 ou en URSS

TrucMuche

Très juste commentaire de PH! en un mot, dehors les incapables.

Pierre Hadjigeorgiou

Sans vouloir faire de la peine a Mr. Hanna, il ne fallait déjà pas arrêter Mr. Moubarak pour ses propos car en principe le Liban jouit de la liberté de la parole et d'expression. Il s'est attaqué a des politiciens qui ont causé d’énormes dommages au pays et il est du droit de tout un chacun de juger et exprimer ses griefs, a sa manière, et comme il le désire. Trump est attaqué journellement et a ce jour je ne me rappelle pas avoir entendu qu'un ressortissant ai été mis en arrêt pour diffamation.

Mettant de coté le fait qu'il n'aurait pas fallu qu'il y ai arrestation au départ, que le président intervienne pour Mr. Moubarak n'en fait pas un homme d’état, loin de la, mais nous prouve, malheureusement qu'il y a en effet intervention de nos dirigeants dans les affaires des tribunaux et de la police. Dieu sait combien de fois le font ils dans leurs intérêts propres!

A quoi ça sert de merder et après réparer les choses pour montrer notre mansuétude. Ce sont des méthodes d’état policé et de république bananière!

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