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Liban

Un activiste convoqué après avoir annoncé son intention de dénoncer des affaires de corruption

Libertés

Ziad Zeidane comparaîtra aujourd’hui devant le bureau de lutte contre la cybercriminalité.

Je. J. | OLJ
04/02/2019

Ziad Zeidane, un jeune activiste qui avait annoncé vendredi son intention de rendre publics, via sa page Facebook, des documents compromettants sur des malversations attribuées au mohafez de Beyrouth Ziad Chbib, a reçu quelques heures plus tard une convocation du bureau de lutte contre la cybercriminalité, devant lequel il doit comparaître ce matin même, à 9h.

M. Zeidane, qui relève du Mouvement beyrouthin, un groupe de contestation de la corruption, de la répression et de l’appauvrissement des Libanais, avait déclaré qu’il comptait s’exprimer en direct sur sa page Facebook qui porte son nom, pour dénoncer des affaires de corruption dans lesquelles seraient « impliqués le mohafez de Beyrouth et son conseiller Fadi Baghdadi ».


(Lire aussi : Corruption : Le Liban s’accroche à sa mauvaise note)


À peine l’alerte lancée, M. Zeidane a reçu un appel du bureau de lutte contre la cybercriminalité relevant des Forces de sécurité intérieure (FSI), le sommant de se présenter devant les enquêteurs sans aucune précision sur les motifs de sa convocation. Cette mesure survient au lendemain de la naissance du gouvernement, placée sous le thème des réformes et de la lutte contre la corruption.

Contacté par L’Orient-Le Jour, M. Zeidane s’est dit certain que son interrogatoire est en lien direct avec les informations dont il serait détenteur. L’activiste affirme avoir contacté, il y a une semaine, l’ancien ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk, pour solliciter un entretien en vue de lui « remettre le dossier et les documents incriminant le mohafez et son entourage ». « M. Machnouk a tout simplement refusé de me voir », a indiqué M. Zeidane. « En lançant mon alerte vendredi dernier pour partager les informations que j’ai recueillies, j’espérais aviser la nouvelle ministre chargée de l’Intérieur, Raya el-Hassan, et susciter chez elle une réaction », a-t-il ajouté.

Ayant anticipé en amont une éventuelle arrestation à la suite de son interrogatoire, l’activiste, qui a reçu une flopée de messages de soutien de la part des internautes, s’est engagé à faire une grève de la faim s’il était incarcéré. « Que les autorités en assument la responsabilité », a-t-il écrit sur sa page Facebook.


(Lire aussi : Des centaines de manifestants à Beyrouth contre l'effondrement économique et la corruption)


Les convocations et arrestations d’activistes exprimant une opinion politique sur les réseaux sociaux, ou dénonçant des pratiques de malversations se sont largement banalisées au cours de l’année écoulée, qui a vu des dizaines d’activistes défiler devant les enquêteurs, et parfois arrêtés pour s’être aventurés à critiquer des responsables politiques.

En juillet dernier, et suite au lancement d’un hashtag intitulé #Contre_La_Répression, au moins 600 personnes dont des journalistes et des activistes de la société civile s’étaient rassemblés au centre-ville pour exprimer leur indignation contre la recrudescence des poursuites et arrestations liées à des commentaires sur les réseaux sociaux et des articles parus dans les médias critiquant des responsables politiques.

C’est un bilan peu reluisant sur la liberté d’expression au Liban qu’avait dressé Human Rights Watch (HRW) dans son rapport mondial 2018. L’ONG déplorait « le renforcement des restrictions de la liberté d’expression, dans un contexte de paralysie des réformes sur les droits ».



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Gebran Eid

VOUS SAVEZ, LES FONCTIONNAIRES AU LIBAN EN GÉNÉRALE SONT LÀ, PAS PAR COMPÉTENCE, MAIS PAR ABU DE POUVOIR. ILS APPARTIENNENT À UN DE CES ZAÏMS QUI EXPLOITENT LE PAYS. ILS DOIVENT SERVIR LEUR ZAÏM COUTE QUE COUTE. PLUS TU REND DES SERVICES, PLUS TU MONTES EN GRADES. ET S'ILS REFUSENT, ILS SERONT INJECTÉS IMMÉDIATEMENT. PAS DE PLACE POUR DES FONCTIONNAIRES LIBRES AU LIBAN. DONC IL FAUT SAVOIR À QUI APPARTIENT CE FONCTIONNAIRE "MOUHAFEZ" ET COMMENT IL EST ARRIVÉ DANS CE POSTE ? TU LE SERAS VITE QUEL ZAÏM EST IMPLIQUÉ DANS CE CAS DE CORRUPTION. L'ABU DE POUVOIR EST L'ESSENCE MÊME DE LA CORRUPTION. LA RÈGLE D"OR POUR LES FONCTIONNAIRES AU LIBAN EST:
TU RÊVES EN COULEURS SI TU PENSES QUE TU PEUX DEVENIR UN FONCTIONNAIRE AU LIBAN, UN JUGE, UN CAPITAINE, UN , UN ET UN N'IMPORTE POUR QUEL POSTE, SANS ÊTRE PISTONNER PAR UN ZAÏM. À GENOUX OU TU CRÈVES.

Honneur et Patrie

Dans le monde entier, voler l'argent du peuple est un crime contre l'humanité. Au Liban, cela s'appelle "chatara" et mérite tous les honneurs ainsi que les ministères les plus juteux.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SI ON SAIT IL FAUT DENONCER SINON A QUOI BON PARLER DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION...

Yves Prevost

La lutte contre la corruption est censée être une priorité du nouveau gouvernement, mais il est interdit aux citoyens d'y participer!

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