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Économie

Le budget 2019 sera en principe adopté la semaine prochaine

Finances publiques

Le président de la commission des Finances, Ibrahim Kanaan, organise une conférence de presse pour évoquer les modifications apportées au projet de loi transmis par le gouvernement.

P.H.B. | OLJ
11/07/2019

Deux mois et demi après avoir été mis entre les mains du gouvernement, le projet de budget pour 2019 va enfin être examiné par le Parlement réuni en assemblée plénière pour être en principe définitivement adopté. Le président de la Chambre, Nabih Berry, a en effet convoqué trois séances, mardi, mercredi et jeudi prochains, consacrées à l’examen du texte, avec deux réunions prévues par jour. Mardi, la commission parlementaire des Finances et du Budget avait déjoué les pronostics en adoptant en trois heures environ les dispositions les plus problématiques qui étaient restées en suspens à l’issue de la trentaine de séances qu’elle avait tenues depuis le 10 juin pour amender le projet de loi. Un texte que le Conseil des ministres avait lui-même mis un mois – et une vingtaine de réunions – à finaliser.

Selon les informations qui ont circulé jusqu’à présent, le projet amendé par la commission table sur un ratio déficit public/PIB de 6,59 %, soit un point de moins que celui figurant dans celui du gouvernement. Un objectif ambitieux, voire difficile à atteindre pour le Fonds monétaire international, qui a jugé, dans ses conclusions rendues suite à la récente visite d’une délégation d’experts à Beyrouth, que le déficit du pays atteindrait 9,75 % du PIB en 2019. Tout aussi sceptique, l’agence de notation américaine Fitch avait exprimé des doutes, fin juin, sur la capacité du gouvernement à exécuter le budget.



(Lire aussi : Le projet de budget enfin prêt à être voté au Parlement)



« Assassinat économique »
Il reste que ce point sera certainement abordé aujourd’hui par le président de la commission des Finances, Ibrahim Kanaan, qui a prévu de revenir sur le travail effectué par les députés jusqu’ici, lors d’une conférence de presse organisée à 10h30 au Parlement. M. Kanaan devrait également revenir sur les principales mesures figurant dans le texte amendé. L’interdiction des budgets annexes, la hausse temporaire du taux d’imposition sur les intérêts bancaires, qui passerait de 7 à 10 % pendant trois ans, ou encore la taxation à un taux allant de 3 à 7 % de 1 500 produits importés ayant leur équivalent produit localement, font partie des mesures les plus commentées, avec les différentes dispositions relatives aux militaires, en activité comme à la retraite.

Le contenu projet de budget actuel a enfin provoqué des réactions contrastées. Cité par le député Ali Bazzi membre du mouvement Amal qu’il dirige, le président du Parlement s’est dit « très satisfait » du texte finalisé par la commission. « Nous ne pouvons pas contrôler le travail des institutions sans budget », a ajouté M. Bazzi, citant toujours Nabih Berry.

Le président de l’Association des commerçants de Beyrouth et secrétaire général des organismes économiques (une organisation patronale), Nicolas Chammas, a de son côté qualifié le projet « d’assassinat économique » ciblé contre les commerçants et les consommateurs, critiquant notamment la décision des autorités de taxer certains produits importés.

Le budget sera voté avec au moins 6 mois et demi de retard sur le délai maximal prévu par la Constitution pour la procédure d’adoption normale. Son adoption reste cependant cruciale pour le Liban et ses dirigeants qui se sont engagés, lors de la conférence de Paris d’avril 2018, à lancer plusieurs réformes pour réduire le déficit public d’un point de PIB par an pendant cinq ans, restructurer l’économie ou encore lutter contre la corruption. Le lancement effectif de ces réformes permettra en outre au pays de débloquer les plus de 11 milliards de dollars de prêts et dons réservés par ses soutiens lors de la conférence de Paris pour être injectés dans la réhabilitation de ses infrastructures sur la base de projets inclus dans le programme d’investissement (Capital Investment Plan, CIP) préparé par le gouvernement.

Le déficit public a atteint 6,2 milliards de dollars en 2018 (soit plus de 11 % du PIB), alors que les dirigeants tablaient sur 4,8 milliards (environ 9 % du PIB) dans le budget prévisionnel voté la même année. À environ 86 milliards de dollars, soit plus de 150 % du PIB, l’endettement du pays inquiète également le FMI, la Banque mondiale ainsi que les agences de notation financière. L’économie du pays tourne enfin au ralenti, avec un taux inférieur à 1 % en 2018, selon les estimations qui ont circulé.



Lire aussi

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Pierre Hadjigeorgiou

Un budget qui aurait du être adopté en Novembre 2018 au plus tard! Ils sont pressés les mecs!

Vous aller voir que le CPL et Aoun vont crier victoire pour avoir eu un budget qui, malheureusement, est déjà obsolète puisque l’année et presque terminée.

Nos politiciens découvriront qu'il n'y a plus de sous dans les caisses, s'accuseront mutuellement de corruption et de vol et mettrons 10 mois pour se mettre d'accord sur le prochain qu'ils vont siffler!

Irene Said

Dites, Messieurs les brillants "responsables financiers",

à quoi bon encore voter un
BUDGET 2019
"en principe la semaine prochaine" ???

Nous savons tous, et vous aussi, que les caisses de l'Etat sont vides= plus un sou !

Pourquoi ? Parce que ces sous, vous les avez volés et planqués sur vos comptes bancaires à l'étranger, bien à l'abri, ou investis dans vos nombreux biens immobiliers etc.

UN BUDGET 2019

pour quoi et pour qui ?

Pour continuer votre corruption qui vous rapporte gros, mais laisse le petit peuple crever de misère, l'économie s'effondrer...et le monde se moquer de nous ?

Au fait, Messieurs les présidents, ministres, députés, directeurs de...etc., vous êtes payés pour quoi faire au juste ?
Irène Saïd


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