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Trois personnalités libano-américaines réaffirment leur attachement à leurs origines

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Lors de son trentième gala qui s’est tenu le 10 avril dernier, l’American Task Force for Lebanon (ATFL), une des principales organisations faisant du lobbying pour le Liban et opérant au sein de la capitale fédérale américaine, a remis des prix à plusieurs éminentes personnalités américaines d’origine libanaise. À cette occasion, trois d’entre elles, Peter Rahal, David Yazbeck et Darin Lahood, ont répondu aux questions de « L’Orient-Le Jour ».

08/07/2019

I- Peter Rahal : « Je rêve de vivre pour de bon au Liban »

À tout juste 32 ans, Peter Rahal est devenu une célébrité après avoir créé avec son meilleur ami les barres protéinées RXBar. Au bout de quelques années, son entreprise s’est vendue à 600 millions de dollars.

Quelles sont vos racines libanaises ?

Mes deux parents sont d’origine libanaise. Ma mère est originaire de Zahlé, mon père d’un petit village. Tous les deux sont des entrepreneurs. Ils se sont rencontrés lors des funérailles d’un ami commun. Comme vous pouvez le penser, l’entrepreneuriat a accompagné toute ma vie (ça, c’est libanais aussi, n’est-ce pas ?). J’ai grandi à Chicago dans une petite banlieue très classique et très américaine où tous se ressemblaient physiquement. Je pense que selon les critères des autres, nous n’étions pas dans la « normale ». Nous étions beaucoup plus hospitaliers, beaucoup plus passionnés, beaucoup plus créatifs. Je sentais que ma famille était très différente, alors j’ai voulu comprendre d’où je venais. À 24 ans, alors que j’étais étudiant, j’ai pu me rendre au Liban pour poursuivre mes études à l’Université américaine de Beyrouth. Et là, j’ai tout compris : la culture, les valeurs, les traditions, l’ADN entrepreneurial, cette propension à embrasser le chaos... Je suis tombé amoureux du pays.

Comment vos origines ont-elles influencé votre parcours ?

De plusieurs façons. Je suis même profondément convaincu que c’est en raison de mes origines que j’ai pu devenir ce que je suis. Le fait d’être aussi passionné n’est pas américain ! Qui d’autre qu’un Libanais est capable de rester dans le sous-sol de ses parents pour fabriquer, avec son meilleur ami, des barres de céréales (rire) ? Nous avons fait du porte-à-porte pour vendre un produit auquel nous avons cru passionnément. Il y a aussi l’esprit créatif, complètement lié à mon histoire familiale. J’ai par ailleurs pris des cours de business au Liban qui m’ont beaucoup appris. Le plus important, c’est la confiance que la famille a développée en moi. L’entraide familiale est ancrée en nous et nous influence profondément. Cela aussi est un trait libanais !

Quel message souhaitez-vous transmettre aux Libanais ?

Vous êtes forts, passionnés et rien ne peut vous arrêter. Mon rêve ultime serait de revenir au Liban, y vivre pour de bon et fonder un établissement vinicole.

II- David Yazbeck : « Mon oreille musicale s’est développée au Liban »

David Yazbeck est actuellement l’un des compositeurs les plus en vue de Broadway. Il est lauréat du Tony Award pour sa dernière comédie musicale The Band’s Visit.

Quelles sont vos racines libanaises ?

Je suis libanais du côté paternel. Mon grand-père, originaire de Bickfaya, m’a inculqué profondément les valeurs libanaises. Je me rappelle encore comment il me parlait en arabe et apprenait à ma mère les recettes du terroir. La première fois qu’on s’est rendus au pays, je devais avoir sept ans. Ce voyage m’a marqué à vie. Nous étions dans un taxi et, sur notre chemin en direction de la montagne, j’ai écouté à la radio pour la première fois la diva égyptienne Oum Kalsoum. Quand on est jeune, on ne peut pas comprendre à quel point cela peut vous bouleverser. Mais j’ai tellement aimé cette musique que, durant toute ma carrière, plus tard, mon oreille musicale revenait vers ce souvenir particulier.


Comment vos origines ont-elles influencé votre parcours ?

En tout ! C’est en effet après ce voyage au Liban que j’ai senti en moi une étrange énergie. Ma curiosité artistique a commencé à se développer. Je sentais le besoin et l’envie de transmettre aux autres ce que cette grande chanteuse, Oum Kalsoum, a su m’offrir pour un court instant. La musique que je cherche à proposer est comme le Liban. Elle est étrange, peut-être hétéroclite, mais elle cache en elle une véritable richesse.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux Libanais ?

Je veux revenir jouer de la musique pour vous, vous présenter mes shows et faire voyager Broadway et New York au Liban. Je suis sérieux, je rêve de me rendre prochainement au Liban, dès cet été peut-être. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve !

III- Darin Lahood : « Le soutien au Liban ne va pas s’arrêter »

Darin Lahood, membre du Congrès, vient d’être réélu pour représenter le 18e district de l’Illinois. Il est connu pour sa forte mobilisation pour la défense des relations libano-américaines.

Quelles sont vos racines libanaises ?

Mes arrière-grands-parents ont quitté Aïto, une des régions les plus pauvres du pays. Ils ont pris le bateau et ont débarqué à Peoria, en Illinois. Ils n’ont jamais oublié d’où ils viennent et, génération après génération, ils nous ont appris à aimer à notre tour notre histoire familiale. D’ailleurs, avec mes parents et mes frères et sœurs, nous nous sommes rendus plusieurs fois à Aïto et avons eu la chance de visiter la maison familiale.

Comment vos origines ont-elles influencé votre parcours ?

Les valeurs libanaises m’ont été inculquées dès mon plus jeune âge. Les Libanais croient profondément au travail, en Dieu, en la famille et en l’éducation. J’ai été le premier de ma famille à poursuivre des études en droit, ma sœur a étudié la médecine. Les Libanais sont des bosseurs. Ils sont ambitieux et tiennent absolument à donner le meilleur d’eux-mêmes en toutes circonstances.


Quel message souhaitez-vous transmettre aux Libanais ?

Les relations libano-américaines vont continuer à se développer. Nous faisons tout pour promouvoir les intérêts des Libanais.

Avec quatorze autres membres du Congrès, nous constituons un groupe dédié au Liban. Les six dernières années, 1,5 milliard de dollars ont été versés par le gouvernement américain pour renforcer l’armée libanaise. Ce soutien ne va pas s’arrêter.


Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com


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