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La décharge de Bourj Hammoud saturée fin juillet, prévient HRW

Liban

"Le gouvernement est peut-être prêt à faire la politique de l'autruche, mais les résidents ne veulent pas finir enterrés sous des tas de déchets", déclare la directrice de l'ONG pour le Moyen-Orient. 

OLJ
25/06/2019

La décharge de Bourj Hammoud (au nord de Beyrouth), qui n'aurait pas dû arriver à saturation avant 2020, atteindra sa pleine capacité d'ici fin juillet, a averti mardi l'organisation Human Rights Watch, qui a appelé le gouvernement à "rendre des comptes" sur le fait que les infrastructures de gestion des déchets n'ont pas été améliorées au cours des quatre dernières années. 

"La décharge de Bourj Hammoud, une des deux principales décharges desservant le grand Beyrouth, devrait arriver à sa pleine capacité à la fin du mois de juillet, alors que le gouvernement avait initialement estimé qu'elle resterait en opération jusqu'à 2020", dénonce HRW dans un communiqué

Mi-juin, le ministère de l'Environnement avait souligné, dans une nouvelle feuille de route pour la gestion des déchets ménagers, qu'il était urgent d'agir pour trouver une solution à la crise de la gestion des déchets au Liban, précisant déjà que la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé, créée au départ à titre temporaire, serait saturée fin juillet. Celle de Costa Brava (au sud de Beyrouth), qui est actuellement en cours d’agrandissement arrivera, elle, à capacité d'ici 2022 au plus tard. Les décharges côtières de Bourj-Hammoud et Costa Brava avaient été ouvertes en 2016, afin de mettre un terme à la crise des déchets qui avait commencé en juillet 2015, suite à la fermeture de la décharge de Naamé (sud de Beyrouth). 


(Lire aussi : Plan de Jreissati pour la gestion des déchets : le ver est-il dans le fruit ?)



Politique de l'autruche
"Le gouvernement libanais doit répondre des raisons pour lesquelles les infrastructures de gestion des déchets n'ont pas été améliorées au cours des quatre dernières années, c'est-à-dire depuis la dernière crise des déchets, au cours de laquelle des montagnes de déchets recouvraient les rues de Beyrouth", affirme Lama Fakih, directrice de HRW pour le Moyen-Orient. "Le gouvernement est peut-être prêt à faire la politique de l'autruche, mais les résidents ne veulent pas finir enterrés sous des tas de déchets", a-t-elle ajouté. "Le retard dans la mise en place d'un plan de gestion des déchets respectueux des droits de tous est inexcusable et le ministère devrait urgemment prendre les décisions nécessaires pour résoudre ce problème au lieu d'adopter des demi-mesures". 

HRW a, dans ce contexte, critiqué la feuille de route du ministère, qui doit être approuvée par le Conseil des ministres. "Le gouvernement n'a rien fait pour assurer un site alternatif pour rassembler les déchets ménagers de Beyrouth", souligne le texte. Au contraire "la feuille de route suggère d'agrandir la décharge de Bourj Hammoud, sans évaluation environnementale, pourtant requise par la législation, ni consultation avec les communautés affectées, et alors même que les experts disent que ce site a des conséquences négatives sur la santé des résidents", accuse l'ONG. Les résidents craignent également, selon le texte, que les odeurs nauséabondes émanant du site, dont un expert a déterminé qu'elles proviennent bien de la décharge, "ne signalent l'émission de matières toxiques polluantes". Citant des experts, Human Rights Watch souligne que l'exposition chronique à ces odeurs provoque des maladies respiratoires, des allergies et la propagation de bactéries. 

L'ONG appelle dès lors à une réunion immédiate du comité ministériel chargé de la gestion des déchets "afin de discuter de la feuille de route et de partager son contenu avec des experts et le public, avant qu'elle ne soit soumise à l'approbation du gouvernement". Elle précise avoir déjà envoyé des recommandations au gouvernement, sur base d'une ébauche de feuille de route, suggérant notamment d'organiser des consultations communautaires et des activités de conscientisation aux bonnes pratiques de gestion des déchets. 



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