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Liban

Le PSP exaspéré par la position jugée trop accommodante du Futur à l’égard de Bassil

Vie politique

Hamadé : « Il y a quelque chose de pourri dans la République libanaise »


Fady NOUN | OLJ
24/06/2019

Une polémique entre le Parti socialiste progressiste et le courant du Futur a enflé inconsidérément hier sur Twitter, reflétant la dégradation des rapports entre ces deux formations, détérioration qui fait elle-même partie d’un malaise plus général. En gros, le PSP est exaspéré par la position jugée trop accommodante du parti haririen à l’égard de Gebran Bassil. Dans la soirée, Walid Joumblatt a tenté de mettre un terme à ces échanges acerbes. « Je m’adresse à l’ensemble des camarades et des partisans en leur demandant de ne pas tomber dans le piège des passes d’armes et des réactions publiques avec le courant du Futur », a écrit le leader druze sur Twitter.

Citant le Hamlet de Shakespeare, « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark », le député Marwan Hamadé, engagé lui aussi dans les efforts visant à rétablir le calme, a confié hier soir à L’Orient-Le Jour : « Il y a quelque chose de pourri dans la République libanaise, et ce n’est la faute ni de Walid Joumblatt ni de Saad Hariri. »

En cause, selon des sources concordantes, l’accord passé entre le chef du CPL Michel Aoun et le leader du courant du Futur Saad Hariri a permis l’accession à la présidence de la République de M. Aoun (2016), mais a introduit des rapports de force malsains au niveau de toutes les formations politiques en donnant libre cours à un Gebran Bassil « qui se mêle de tout ».

« Il faut ramener les choses à leur juste proportion, estime M. Hamadé, qui réclame que « les choses soient réformées là où elles peuvent l’être ».


« Approche critique »
La passe d’armes avait été engagée en fin de matinée par Waël Bou Faour, membre du directoire du PSP, qui avait fait état d’une « approche critique » de sa formation à l’égard de la façon de faire du courant du Futur, notamment au niveau des nominations administratives.

« Les relations avec le courant du Futur ne sont pas au beau fixe. Nous avons une vision critique et nous contestons le processus politique actuel », avait affirmé M. Bou Faour lors d’une réunion avec les présidents des municipalités de la région de Rachaya. Selon lui, ces divergences sont notamment liées « aux fondements du système politique libanais, dont notamment l’accord de Taëf » (qui a mis fin à la guerre civile, 1975-1990).Répliquant au député, Saad Hariri avait posté sur Twitter : « Le problème du PSP est qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Lorsque vous saurez ce que vous voulez, faites-le-nous savoir. »

Sous la signature du député Bilal Abdallah (PSP), une réponse fusait reprochant à la formation haririenne « d’affaiblir » la communauté sunnite qu’elle représente en faisant trop de concessions au CPL, dans le souci de préserver l’entente interne.

« Que ceux qui tentent de jeter de l’huile sur le feu sachent que cela ne marche pas avec moi », répliquait à son tour M. Hariri.

« Ce serait bien que vous répondiez de la sorte à ceux qui rognent tous les jours sur vos prérogatives », a renchéri M. Abdallah dans un second tweet, faisant allusion à un « contrat sur l’électricité signé la semaine dernière en Grèce », dont les deux formations pourraient indirectement tirer bénéfice.

L’ancien ministre Wi’am Wahhab, pour sa part, s’invitait dans la polémique en écrivant : « Le seul qui savait ce que voulait Walid bey, c’était Rafic Hariri, il avait le remède. Le problème aujourd’hui, c’est que le remède n’existe plus (allusion aux moyens financiers). Tout le monde est confronté à des problèmes financiers. »


Hamadé et la Conférence de Paris
Pour en revenir aux propos de Marwan Hamadé recueillis par L’Orient-Le Jour, il a estimé que la polémique interne est en train d’affaiblir la position du Liban à l’égard des fonds et États donateurs de la Conférence de Paris (CEDRE, avril 2018). « Du côté de la CEDRE, a dit M. Hamadé, il y a de moins en moins de branches. » M. Hamadé prend aussi à témoin les Forces libanaises. « Gebran Bassil est en train de diviser les chrétiens, constate-t-il à la sortie d’un meeting en souvenir du militant FL assassiné, Ramzi Irani, au cours duquel ont pris la parole Waël Bou Faour et Georges Adwan. Le discours des FL devient très dur à l’égard de M. Bassil », souligne M. Hamadé.

Le chef du CPL, qui avait tenu un discours aux accents de revanche à l’égard du « sunnisme politique », avait été invité la semaine dernière par Samir Geagea à « peser ses mots » pour ne pas exacerber les réflexes communautaires.

« Nous avons réussi la seconde indépendance, mais nous avons raté la suite, l’édification de l’État », regrette Marwan Hamadé.

Au demeurant, on reproche à Gebran Bassil de compromettre par des propos irréfléchis la réconciliation de la Montagne, et même de torpiller Taëf, notamment en insistant à faire régner la parité confessionnelle islamo-chrétienne à tous les échelons de l’administration, alors que l’accord de Taëf la prévoit au seul premier échelon, et dans certains cas au second. C’est aller contre le bon sens, contre la démographie, relèvent les milieux du PSP.

En tout état de cause, l’échange de tweets qui a meublé les bulletins télévisés s’est arrêté hier soir grâce à une rencontre entre MM. Berry et Hamadé, et des contacts engagés par les deux hommes auprès de Walid

Joumblatt et Saad Hariri, ainsi qu’une rencontre de Waël Bou Faour avec le député Ghattas Khoury. Des contacts annonciateurs de rencontres futures, selon M. Hamadé.


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MAKE LEBANON GREAT AGAIN

Le gendre a ete catapulte a la presidence du CPL sans vote mais par une decision du beau pere

le gendre voudrait suivre la voie de son beau pere catapulte a la presidence par les armes de HB comme il a ete reconnu en plein parlement par un membRE de HB. cad etre catapulte a la presidence dans les memes conditions

DIEU NOUS EN GARDE.

CE MELLE TOUT A DEJA DEMONTRE COMBIEN IL EST DANGEREUX POUR L'UNITE DU LIBAN ET COMME IL FAIT FI DE TOUT ACCORD SIGNE QUE CE SOIT AVEC LES AUTRES CHRETIENS OU LES SUNNITES.



Honneur et Patrie

Marwan Hamadé : "Il y a quelque chose de pourri dans la République libanaise et ce n'est pas la faute de Walid joumblatt ni de Saad Hariri".
Pour cracher le galet, le pourri c'est la prochaine élection présidentielle. Le 31/10/2016 Michel Aoun fut "nominé" par le fusil du Hezbollah. Hier à al-Kaa et Ras-Baalbek, en appuyant obséquieusement le triptyque milicien, Gébran Bassil, espère être "nominbé" par les drones des Pasdaran.
C'est cela le pourri dans la République bananière.

Irene Said

"...quelque chose de pourri..." seulement ?

Tout, absolument tout est pourri dans la soi-disant "République Libanaise", qui n'en est plus une, depuis bien longtemps, de par votre faute à vous TOUS !
Irène Saïd

Eddy Arida

Pour moi, Marian Hamde est le plus raisonable de tous les politicians libanais.
Eddy Arida

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE FUTUR S,ACCOMODE AUX ODEURS DES GAZ QUI S,ECHAPPENT EN PORTANT UN MASQUE ! LE PSP EN ETOUFFE !

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