X

À La Une

Après les accusations contre l'Iran, les Etats-Unis de Trump tiraillés

Questions-réponses

Malgré le ton martial, l'administration du président américain s'est gardée d'annoncer des mesures de représailles dans l'immédiat.

OLJ/Francesco FONTEMAGGI/AFP
16/06/2019

Riposter ou jouer la retenue? Durcir encore les sanctions? Négocier? L'administration américaine, tiraillée entre ses faucons et Donald Trump qui ne veut pas d'une nouvelle guerre, peine à définir sa stratégie face à l'Iran, comme le montre sa réaction aux dernières attaques en mer d'Oman.

Quelle a été la réaction des Etats-Unis?

Il n'aura fallu que quelques heures pour que Washington accuse directement Téhéran d'être "responsable" des attaques de jeudi contre deux pétroliers. Les attaques sont "signées" de l'Iran, a insisté vendredi le président Trump, évoquant une vidéo censée montrer, d'après la description du Pentagone, l'accostage d'un des tankers par une vedette des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime iranien, qui retire une mine non explosée de la coque du navire.

Pour autant, malgré le ton martial, son administration s'est gardée d'annoncer des mesures de représailles dans l'immédiat. Ce qui peut s'apparenter à une certaine retenue de la part d'un gouvernement qui, depuis un an, ne cesse de durcir ses sanctions économiques et diplomatiques contre l'Iran et qui a porté en mai sa campagne de "pression maximale" sur le terrain militaire en multipliant les déploiements de navires, bombardiers et troupes au Moyen-Orient.


(Lire aussi : Pourquoi les Iraniens jouent-ils avec le feu ?)


Guerre des mots ou guerre tout court?

"La situation entre les Etats-Unis et l'Iran devient de plus en plus dangereuse", prévient sur Twitter Colin Kahl, ancien de l'administration démocrate de Barack Obama aujourd'hui expert à l'université de Stanford, en Californie. "Les deux parties pourraient très facilement se faire emporter dans une guerre qu'elles disent pourtant vouloir éviter."

Avec la guerre des mots permanente et la récente escalade des tensions, la crainte de nombreux observateurs et alliés des Etats-Unis est celle d'un incident qui dégénérerait en confrontation ouverte entre les deux ennemis.

Mais pour Aaron David Miller, ancien négociateur dans des administrations démocrates et républicaines, les attaques en mer d'Oman "ne suffisent pas à créer un casus belli". "Si, après cet incident, l'administration Trump choisissait de frapper directement des navires iraniens, ou le territoire iranien, ou des forces iraniennes en Irak et en Syrie, ou au Yémen, il aurait zéro soutien" international, dit à l'AFP ce spécialiste du Moyen-Orient au sein du cercle de réflexion Wilson Center.


(Lire aussi : Les carburants de la crisel'édito de Issa GORAIEB)


Une ou plusieurs lignes?

D'ailleurs, Donald Trump l'a dit et répété: il ne veut plus engager l'armée américaine dans des conflits coûteux et "sans fin". Si le ministre de la Défense par intérim Patrick Shanahan s'est dit déterminé à "défendre" les "forces" et les "intérêts" américains à travers le monde, il a réitéré que Washington ne cherchait pas le conflit. "Le gouvernement américain met l'accent sur la diplomatie", a-t-il insisté. Au Pentagone, on souligne que ni les intérêts ni le personnel américains n'ont été attaqués à ce stade et qu'il s'agit donc d'une question de trafic maritime mondial, qui doit être réglée au niveau international.

Mais il est de notoriété publique que le propre conseiller du président pour la sécurité nationale, John Bolton, a des positions beaucoup plus va-t-en-guerre. Le chef de la diplomatie Mike Pompeo est lui-même considéré comme un faucon sur le dossier iranien, même s'il s'efforce de coller à la ligne de Donald Trump.


(Lire aussi : Les transporteurs maritimes inquiets face aux attaques dans le Golfe)


Que veut Trump?

Au-delà de la riposte à ces attaques, c'est tout l'objectif de la stratégie de pression américaine qui reste flou. Donald Trump a quitté il y a un an l'accord international de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, assurant vouloir contraindre la République islamique à accepter un texte plus contraignant en matière nucléaire et à cesser son comportement jugé "déstabilisateur" au Moyen-Orient.

Et ces derniers temps, alors même que ses équipes renforçaient la pression économique, diplomatique et militaire contre l'Iran, le milliardaire républicain a multiplié les appels au dialogue direct avec les dirigeants iraniens. Mais face au refus catégorique du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, il semble indécis sur la position à adopter. "Il est trop tôt pour ne serait-ce qu'envisager de trouver un accord", a-t-il temporisé jeudi, avant de relancer son invitation dès vendredi: "Nous voulons qu'ils reviennent à la table des négociations", "dès qu'ils sont prêts, c'est OK".

"Le vrai problème c'est que l'administration ne sait pas vraiment ce qu'elle vise", estime Aaron David Miller, d'autant qu'un "effondrement du régime paraît improbable pour l'instant". Les sanctions servent-elles seulement à "détruire l'économie iranienne" ou réellement "à négocier un meilleur accord"? L'ex-diplomate doute de la sincérité de l'administration lorsqu'elle plaide le dialogue. "Je ne pense pas qu'elle soit prête aux concessions que réclameraient les Iraniens dans des négociations sérieuses."


Lire aussi

La tension monte encore d’un cran dans le Golfe

Pétroliers attaqués : l'armée US diffuse une vidéo incriminant l'Iran, selon elle

Tensions régionales : l’Iran est-il en train de faire monter les enchères ?


Pour mémoire

« La guerre est le pire scénario pour les pays du Golfe, comme pour l’Iran »

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

HABIBI FRANCAIS

Il faudrait un vrai homme a la maison blanche,un militaire comme Poutine et non pas un fils a papa peureux comme Trump....comme durant Obama,les Usa sont la risee du monde entier.....

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants