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Liban

Tollé chez les FL après le boycottage par la délégation syrienne du discours du Liban

Conférence de l’OIT

« J’exprimais les positions libanaises officielles », s’est défendu le ministre du Travail, Camille Abousleiman.

OLJ
14/06/2019

La délégation représentant la Syrie à la 108e session de l’Organisation internationale du travail (OIT), à Genève, a boycotté hier le discours du ministre libanais du Travail, Camille Abousleiman, qui a notamment évoqué le dossier des réfugiés syriens installés au Liban.

« L’un des plus grands défis du Liban est la présence d’un nombre sans précédent de réfugiés syriens et ses conséquences sur le pays dans plusieurs domaines, notamment économiques », a déclaré M. Abousleiman qui représente les Forces libanaises au sein du gouvernement. M. Abousleiman s’est prononcé dans son discours pour un « retour volontaire » des réfugiés. « Les déplacés syriens concurrencent désormais les Libanais qui cherchent un emploi, au moment où le phénomène de travail illégal s’aggrave, constituant un danger pour la sécurité économique et sociale », a souligné le ministre libanais.

« Depuis le début de la crise syrienne, le Liban n’a pas hésité à accomplir son devoir humanitaire envers les déplacés syriens qu’il accueille par respect des droits de l’homme et du droit humanitaire, a ajouté M. Abousleiman. Mais le Liban, après neuf ans de conflits en Syrie, souffre de crises économique et sociale majeures qui dépassent ses capacités. »Le ministre a enfin appelé à « intensifier les efforts pour un retour sécurisé des déplacés syriens chez eux, car ce retour est la solution à la crise et assure la sauvegarde du Liban et sa pérennité ».La délégation syrienne s’est retirée de la salle durant le discours de M. Abousleiman, ce qui a suscité des commentaires acerbes chez les responsables FL, à commencer par leur leader Samir Geagea. Ce dernier s’est dit « fier que la délégation syrienne boycotte le discours du ministre Abousleiman ». Il a d’ailleurs estimé qu’il était « déshonorant en premier lieu pour la conférence de l’OIT d’accueillir la délégation du régime syrien ».



(Lire aussi : Mobilisation contre « les discours de haine » après des propos de Bassil jugés « racistes »)



« Pas moyen de dialoguer avec Damas »

M. Abousleiman s’est pour sa part défendu dans un communiqué publié hier après-midi. « Mon discours à Genève exprime les positions libanaises officielles concernant le dossier des réfugiés syriens. Le fait que les réfugiés syriens fassent concurrence aux Libanais sur le marché du travail est une réalité », a lancé le ministre du Travail. « Le retrait de la délégation syrienne nous rappelle ce qui s’est passé lors de la fête du Travail, lorsque l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth, Ali Abdel Karim Ali, s’est retiré au moment où je prononçais mon allocution devant la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL). Ces agissements prouvent que le régime syrien ne veut pas faciliter le retour de ses citoyens réfugiés (au Liban) », a-t-il dit.Plusieurs députés FL ont également condamné l’attitude de la délégation syrienne. « La déclaration de M. Abousleiman reflétait la position officielle du Liban et ne comportait pas de provocation à l’encontre de quiconque, notamment la délégation syrienne. Par son retrait, elle a prouvé qu’il n’y a pas moyen de dialoguer avec le régime de Damas », a dit le député Fadi Saad sur Twitter.

« Le retrait (...) de la délégation syrienne témoigne d’un manque de respect à l’égard de l’État libanais représenté par le ministre du Travail. C’est une réponse directe aux appels au dialogue avec le régime syrien », a pour sa part écrit le parlementaire Ziad Hawat sur Twitter.

Même son de cloche du côté du député Pierre Bou Saab. « Ceux qui insistent sur le dialogue avec le régime syrien pour le retour des réfugiés devraient voir comment la délégation syrienne s’est retirée lorsque le ministre du Travail, qui représente le président de la République, a lu son discours », a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

Prié par L’Orient-Le Jour de commenter la réaction syrienne, l’ancien chef du Parti syrien national-social (PSNS) et député de Marjeyoun-Hasbaya Assaad Hardane, proche de Damas, a dit ignorer les motivations des Syriens. « Je n’ai pas suivi cette affaire, mais si la délégation syrienne s’est retirée, c’est qu’il a dû se passer quelque chose qui l’a dérangée. Je suis étonné car il n’y a pas de précédent à cette action », a indiqué M. Hardane. L’ancien chef du PSNS a par ailleurs démenti le fait que l’ambassadeur syrien se soit retiré parce que M. Abousleiman avait pris la parole à la CGTL le 1er mai dernier. « Le départ de M. Ali de cet événement n’avait rien à voir avec l’allocution du ministre ou avec les FL. Il est sorti parce qu’il avait un autre engagement », a dit le député.

« La Syrie et le peuple syrien sont victimes d’un complot. Ceux qui au Liban travaillent avec la communauté internationale ne veulent pas que les réfugiés rentrent chez eux. Il faut que le Liban fasse pression sur la communauté internationale à ce sujet, a souligné M. Hardane. La cause des réfugiés est exploitée. Je ne pense pas qu’ils sont contents de vivre ici dans la boue. Certaines forces politiques libanaises ont encouragé les Syriens à se réfugier au Liban. »




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C,ETAIT A ATTENDRE D,UN REGIME QUI IGNORE SES RESSORTISSANTS MEME S,ILS SONT DE L,OPPOSITION.

gaby sioufi

"""Le retrait (...) de la délégation syrienne témoigne d’un manque de respect à l’égard de l’État libanais """
VRAIMENT PAS UN SCOOP QUE CELA n'est ce pas ?

Honneur et Patrie

Assaad Hardane, ancien chef du PSNS pro-syrien et député de Marjeyoun-Hasbaya, défend sans savoir pourquoi...l'ambassadeur de Syrie au Liban Ali Abdel-Karim Ali, d'avoir quitté la réunion du 1er Mai parce qu'il avait un autre engagement... Belle lapalissade.

Assaad Hardane a la mémoire courte. Ce ne sont pas les Forces libanaises qui avaient livré le fondateur du PSNS Antoun Saadé aux autorités libanaises pour être exécuté le 8 juillet 1949 mais Housni al-Zaïm, le chef de l'Etat syrien.

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