Rechercher
Rechercher

Politique - Diplomatie

Nouvelle journée de négociations entre le Liban et Israël à Washington, le Hezbollah dénonce un « complot »

« Tant que l’agression israélienne se poursuit, on ne peut pas demander à un combattant du Hezbollah de livrer ses armes. Si j’essaie de le faire, il va me dire d’aller me faire voir ! », lance Joumblatt.

Nouvelle journée de négociations entre le Liban et Israël à Washington, le Hezbollah dénonce un « complot »

Le siège du département d'État américain dans le quartier de Foggy Bottom à Washington, le 15 avril 2025. Photo AFP/ Jim Watson

Une nouvelle journée de négociations s'ouvre vendredi au département d’État à Washington, entre les délégations libanaise et israélienne, engagées depuis la veille dans des réunions directes pour tenter de mettre fin à la guerre en cours. Ces pourparlers, menés côté libanais par l'ancien ambassadeur Simon Karam, sont qualifiés de « complot » par le Hezbollah, qui se bat contre les forces israéliennes occupant une partie du Liban-Sud.

La délégation libanaise est arrivée au département d’État à 9h, heure locale (16h, heure de Beyrouth) ont rapporté des médias libanais, dont la chaîne télévisée MTV.

Avant le lancement de cette nouvelle journée, le président du Parlement Nabih Berry s’est dit vendredi « pess-optimiste », soit mi-optimiste, mi-pessimiste, dans un jeu de mots en arabe. Dans un entretien au quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, le chef du mouvement chiite Amal a réaffirmé sa préférence pour « des négociations indirectes afin de parvenir d’abord à un véritable accord de cessez-le-feu », s’interrogeant : « Y a-t-il actuellement un cessez-le-feu ? », tout en soulignant que « l’ennemi n’a respecté aucun accord depuis octobre 2024 ». Évoquant ses attentes concernant les négociations en cours à Washington, Nabih Berry a ajouté : « Je ne suis pas favorable aux négociations directes, mais je ne parlerai pas pour l’instant, et j’aurai des choses à dire lorsque tout sera terminé. » Il a enfin insisté sur le fait que tout accord devait bénéficier d’« une couverture de garanties saoudiennes, iraniennes et américaines ».


Ces déclarations interviennent à quelques jours de l’expiration de la prolongation de la trêve en vigueur depuis le 17 avril, dans un contexte marqué par la poursuite des frappes israéliennes meurtrières au Liban et des attaques revendiquées par le Hezbollah, alors que les troupes israéliennes au sol effectuent des avancées inédites au Liban-Sud où elles imposent une « zone tampon » sur près de 6 pour cent du territoire libanais.

Les discussions de jeudi avaient été qualifiées de « positives » par un haut responsable du département d’État américain. « Nous avons eu une journée entière de discussions productives et positives qui ont duré de 9h00 à 17h00 (16h00 à minuit à Beyrouth). Nous nous réjouissons de poursuivre demain et espérons pouvoir en dire davantage à ce moment-là », a également indiqué la même source. Une nouvelle journée de négociations est attendue aux mêmes horaires vendredi. Avant ce second round, M. Berry a reçu à Aïn el-Tiné le chef du gouvernement, Nawaf Salam.

De son côté, Mahmoud Comati, membre du Conseil politique du Hezbollah, a dénoncé un « complot » contre le Hezbollah, et les positions du président de la République, Joseph Aoun, qui aurait « abandonné ses engagements » envers le parti-milice. Les négociations s'inscrivent dans un « contexte de complot contre la patrie, sa souveraineté et sa résistance (le Hezbollah, Ndlr) », a fustigé le cadre du parti. Des responsables libanais « n’ont pas respecté leur parole concernant les négociations directes », alors qu’ils avaient annoncé à plusieurs reprises qu’ils ne s’y rendraient pas « avant un cessez-le-feu complet et global », a-t-il dit. « Pourtant, ils y sont allés et continuent d’y aller en rampant sur leurs pieds et leurs mains », a-t-il encore lancé. Selon lui, M. Aoun a « renié ses engagements envers (le Hezbollah) et poursuivi ses engagements envers les Américains, les Européens et certains pays arabes alignés sur l’autre camp », perdant ainsi sa « tentative d’équilibre. »

Même son de cloche du côté du mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite Amal-Hezbollah, qui a estimé qu'avec ces négociations, les autorités libanaises « mettent la souveraineté » du pays en jeu et que le Liban est dirigé « par un pouvoir fabriqué à Washington. » Selon lui, le projet américain d'imposer un plan de désarmement du Hezbollah « vise à pousser l'armée libanaise à affronter la résistance (le Hezbollah, ndlr) et la population, ce qui pourrait provoquer une explosion interne. »

Joumblatt avec des négociations mais « avec des conditions »

Dans un entretien accordé jeudi à Mediapart, le leader druze Walid Joumblatt a pour sa part dit soutenir les négociations « qu’elles soient directes ou indirectes », mais « avec des conditions ». Il a estimé qu' « il faut revenir à la ligne d’armistice de 1949, mais avec un organisme de contrôle de part et d’autre chargé de surveiller le respect de la fin des incursions et des assassinats, et avec une force internationale, dont pourraient faire partie les Français et les Italiens ». Il a ajouté que « tant que l’agression israélienne se poursuivra, avec cette ligne jaune dont on ne connaît même pas les limites, les meurtres, les assassinats, les bombardements, on ne peut pas demander à un combattant du Hezbollah de livrer ses armes. Si j’essaie de le faire, il va me dire d’aller me faire voir ! », estimant par ailleurs que « les Israéliens ont fait un mini-Gaza au Liban ».

« Pour que le Hezbollah se désarme, il faut un peu de calme. Il faut aussi, ce que le gouvernement libanais demande à chaque session de négociation, un processus de retrait des Israéliens, avec une garantie de la part des Américains », a encore affirmé l'ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP). « Cette garantie doit englober le renfort de l’armée libanaise et la mise en place d’une force internationale pour remplacer la Finul », les Casques bleus de l'ONU, a-t-il poursuivi.

Le coordinateur humanitaire de l'ONU au Liban, Imran Riza, a lui estimé vendredi que les négociations étaient une « occasion unique » de mettre fin à la guerre, au moment où les frappes israéliennes tuent un nombre « inacceptable » de civils. « Les efforts diplomatiques offrent une occasion unique de mettre fin à la violence », a déclaré Imran Riza dans un communiqué, exprimant l'espoir que « les négociations en cours ouvrent la voie à une solution politique ». « Les frappes aériennes et les démolitions se poursuivent chaque jour », causant « un bilan inacceptable de victimes civiles, en plus des dégâts causés aux infrastructures civiles », a-t-il ajouté.

Une nouvelle journée de négociations s'ouvre vendredi au département d’État à Washington, entre les délégations libanaise et israélienne, engagées depuis la veille dans des réunions directes pour tenter de mettre fin à la guerre en cours. Ces pourparlers, menés côté libanais par l'ancien ambassadeur Simon Karam, sont qualifiés de « complot » par le Hezbollah, qui se bat contre les forces israéliennes occupant une partie du Liban-Sud.La délégation libanaise est arrivée au département d’État à 9h, heure locale (16h, heure de Beyrouth) ont rapporté des médias libanais, dont la chaîne télévisée MTV.Avant le lancement de cette nouvelle journée, le président du Parlement Nabih Berry s’est dit vendredi « pess-optimiste », soit mi-optimiste, mi-pessimiste, dans un jeu de mots en arabe. Dans un...
commentaires (4)

@M.E. Je suis en accord avec votre remarque. Je repondais a la remarque de Berry. Lui et le HB nous bassinent comme si eux sont des gens respecteux. Israel n'aurait eu aucune raison de nous envahir si effectivement le HB ne l'avait provoque.

sancrainte

16 h 53, le 15 mai 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • @M.E. Je suis en accord avec votre remarque. Je repondais a la remarque de Berry. Lui et le HB nous bassinent comme si eux sont des gens respecteux. Israel n'aurait eu aucune raison de nous envahir si effectivement le HB ne l'avait provoque.

    sancrainte

    16 h 53, le 15 mai 2026

  • On nous propose dans les discussions directes avec Israel a Washington de signer *UN ACCORD D,INTENTIONS*. - Genial le createur de ces idees : MEMORANDOM OF INTENTIONS pour l,Iran - ACCORD D,INTENTIONS pour le Liban. Tous les deux ne sont que DU VENT ! Ni l,Iran respectera ses intentions signees avec Trump, ni Israel respectera ses intentions signees avec le Liban. - Le plus risible c,est que les NOTRES demandent une extension du CESSEZ-LE-FEU de rigolade qu,Israel n,s pas respecte fut-ce un jour. Ce serait, messieurs les notres, prolonger le DOUBLEZ-LE-FEU et non cessez-le-feu. INCAPABLES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 40, le 15 mai 2026

  • @Sancrainte pour l'instant il y a au moins deux exceptions et qui sont autant d'épines dans le pied de ceux qui disent qu'Israël ne respecte aucun accord ou encore qu'il n'est nul besoin de le provoquer pour qu'il commette telle ou telle atrocité (dédouanement automatique du Hezbollah) et ce sont les accords de paix avec la Jordanie et l'Égypte. Cette année, notre accord du 17 mai 1983 aurait eu 43 ans.

    M.E

    16 h 17, le 15 mai 2026

  • Ya iztez Nabeuh. Israel et le HB jouent a un poker menteur. S'il est vrai qu'Israel n'a respecte aucun accord. Dites moi quand UNE FOIS le HB a respecte sa parole meme apres avoir appose sa signature ou declare bien haut que ses armes ne sont pas dirigees vers l'interieur alors qu'il les a utilises plus vers l'interieur que vers l'exterieur.

    sancrainte

    15 h 24, le 15 mai 2026

Retour en haut