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Liban

À la découverte de la nature féerique de Sir el-Denniyé

Que faire ce week-end
24/05/2019

Les préjugés ont malheureusement la vie dure au Liban. La région de Denniyé reste trop souvent tristement célèbre, jusqu’à aujourd’hui, pour l’attaque menée contre l’armée libanaise par des terroristes jihadistes fin 1999. Vingt ans plus tard, beaucoup rechignent toujours à visiter cette région du Liban-Nord, adossée à la plus haute montagne du pays et du Proche-Orient, le Qornet el-Saouda.

La route de Beyrouth vers Sir el-Denniyé, chef-lieu du caza, prend près de deux heures (trois avec les embouteillages). On y accède de Tripoli, Zghorta direction Denniyé, en passant par les villages de Mrah el-Sreij et Bakhaoun. Il est préférable de partir tôt le matin, le trafic étant généralement fluide, avec des routes plaisantes traversant des paysages d’une beauté à couper le souffle : des falaises dont notamment Jabal al-Arbaïne, des forêts, des vallées profondes à l’instar de Wadi Jhannam, des cascades...

La région est noyée dans un océan de verdure. Il y a près de 316 sources d’eau à Sir, faisant de la localité une des plus fertiles du Liban. Les environs de Sir sont couverts de vergers où toutes sortes d’arbres fruitiers sont plantés.

Pour découvrir l’ampleur de la beauté sauvage de la région, il faut commencer par se rendre, en voiture, jusqu’au sommet de Jabal al-Arbaïne. Il s’agit d’une falaise surplombant Sir el-Denniyé et ses alentours. Sur place, un hôtel est en cours de construction, à côté d’une petite tour d’où émerge un pont en acier et en verre. De là, un panorama impressionnant attend le visiteur : montagnes aux pentes abruptes, vallées profondes, ornées par des routes sinueuses et de villages surplombés par les clochers des églises ou les minarets des mosquées.Ce projet, comme nombre d’autres dans la région, est le fruit d’initiatives privées, destinées à revigorer le tourisme dans ce coin perdu du paradis. Ce complexe touristique grandiose prévoit aussi un téléphérique de près de 2 km de longueur descendant vers la ville jusqu’à un autre complexe touristique phare de Sir : la grotte de Zahlane. Il s’agit d’une grotte de quelque 600 mètres de long, alors que 2 ou 3 kilomètres sont toujours inaccessibles aux visiteurs. La grotte a été aménagée de manière à y accéder aisément, pour découvrir ce temple de la nature où une promenade dans les entrailles de la terre emmène le visiteur dans un monde féerique. Un musée est en cours de construction où des outils préhistoriques ainsi que des squelettes d’animaux et d’humains seront bientôt exposés.


Un souk figé dans le temps

Le souk de Sir semble figé dans le temps. Les échoppes des différents artisans n’ont probablement pas été rénovées depuis belle lurette. Et l’ambiance reste toujours celle d’un village où tout le monde se connaît, se salue, se parle, autour d’un café ou d’une partie de trictrac.

Toujours dans le registre d’une nature hors du commun, il est impératif de découvrir la vallée de Ouyoun el-Samak. Pour y accéder, il faut descendre un chemin tortueux où l’on retient son souffle non seulement à cause des virages quelque peu effrayant, mais aussi en raison de la vue imprenable sur la vallée, son lac et ses superbes chutes d’eau.

En chemin, on passe aussi par Bakhaoun, tout près de Sir, où se trouve une attraction pour le moins insolite : le château des rêves. Cette maison, construite il y a 25 ans par Mohammad Hochar, a été reprise par son fils, qui poursuit le rêve fou de son père décédé. Le jardin, sorti tout droit d’un film de science-fiction – comme Alice au pays des merveilles –, est formé d’une multitude de sculptures recouvertes de pierres de couleur provenant du monde entier. Le résultat est une véritable œuvre d’art surréaliste qui pourrait (un peu) rappeler le célèbre parc Guell de Gaudi à Barcelone.

Avec son climat doux, été comme hiver, Sir a été pendant longtemps un centre de villégiature de la bourgeoisie tripolitaine, mais aussi syrienne, notamment alépine. Il existe d’ailleurs toujours plusieurs hôtels sur place pour rappeler l’âge d’or d’une localité qui cherche à se (re)faire une place sur la carte touristique du Liban. L’on trouve également un grand nombre de restaurants dans la région qui proposent d’appétissants mezzes et de succulents plats reflétant la générosité des habitants de la région et de sa nature.

À noter enfin la spécialité du village, la haléwet el-rezz, une pâtisserie d’une finesse et d’un goût exceptionnels, qu’il faut impérativement savourer avant de quitter Sir.





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Élie Aoun

il y a qqchose qui cloche dans ce discours. la premiere fois qu'un general chef des armées d'un pays independant
coopere avec une "resistance" surlaquelle il n"a aucune autorité

Honneur et Patrie

La nature est aussi féerique à Aïn Dara mais elle commence à ne plus l'être. Une décision gouvernementale anti-nature féerique a permis l'installation d'une mégacimenterie dans ce village tranquille de notre montagne. Elle fabriquera du ciment et fabriquera aussi des cancers et des maladies des voies respiratoires comme à Chekka depuis les années 1930.
On veut mourir pour libérer les 20 km2 de terre syrienne des fermes de Chebaa tout en abandonnant les habitants de Aïn Dara à leur sort dans le village de leurs ancêtres.

carlos achkar

Dieu nous a donné un si beau pays. Mais qu'avons nous fait de ce pays?

Gebran Eid

ÇA E FAIT RÊVER.

Stes David

J'ai lu une fois qu'il y a aussi des vestiges et ruines romains dans les environs de Sir el-Denniyé ... (sur le site web du ministère du tourisme je pense).

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE REGION DES PLUS BELLES DU LIBAN.

NAUFAL SORAYA

Nous sommes malheureusement si nombreux à mal connaître notre beau pays...

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