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Liban

Découvrir la réserve des cèdres du Chouf par ses sentiers de randonnée

Que faire ce week-end

Le plus grand espace protégé du pays propose de nombreux circuits pédestres adaptés à tous les niveaux.

19/04/2019

« La forêt des cèdres change à chaque saison, mais elle est particulièrement belle au printemps », glisse Majd avec un sourire. Seul le craquement des brindilles sous ses pas vient troubler la quiétude de l’épaisse forêt de Maasser, que le jeune employé de la réserve des cèdres du Chouf connaît intimement. Le guide est l’un des nombreux professionnels accompagnant les visiteurs désireux de parcourir à pied une partie des 500 km² du plus vaste espace protégé du Liban. Car, en ce printemps naissant, la neige encore présente par endroits laissera bientôt place aux sentiers de randonnée. Un moyen idéal et méconnu pour découvrir à son rythme les nombreuses facettes de la réserve du Chouf, à moins de deux heures de Beyrouth.

Étalant leur vert profond sur le flanc des montagnes pyramidales du Mont-Liban, les cèdres du Chouf font partie des incontournables du pays. Pour sillonner à pied ces vestiges d’une forêt ancestrale qui aurait un jour couvert tout le Liban, le promeneur doit en premier lieu choisir son point de départ. Plusieurs routes sinueuses rejoignent en effet trois forêts de cèdres. Maasser est la plus ancienne et possède plusieurs spécimens millénaires accrochés à 1 750 mètres d’altitude, tandis que celle de Barouk est particulièrement étendue, avec près de 400 hectares boisés. Aïn Zhalta, pour sa part, propose la biodiversité la plus riche. Une fois sur place, le visiteur doit s’acquitter d’une somme de 7 000 livres qui contribuent à l’entretien et à la protection des lieux.Pour avoir la chance de crapahuter entre les cèdres majestueux, il n’est toutefois pas nécessaire de recourir à un guide ou d’être un athlète accompli. À la lisière de chaque forêt, un panneau en bois présente en effet les différents circuits praticables par tous, chacun étant caractérisé par une couleur et un temps indicatif. Une piste balisée permet ensuite de retrouver sans peine son chemin. Avant d’entamer leur marche, les promeneurs autonomes ne doivent pas oublier de glisser dans leur sac de l’eau, un chapeau et une veste chaude imperméable.

À Maasser el-Chouf, le sentier facile, identifiable par la couleur orange, mène ainsi le visiteur à un cèdre plurimillénaire et imposant, point d’orgue de la promenade. L’arbre, au tronc de 16 mètres de circonférence, aurait plus de 3 000 ans. « Son âge précis ne pourrait être connu qu’en comptant les cernes de son tronc », explique Majd en passant la main sur son écorce. Dominant la plaine, son houppier en forme de dôme est aussi une invitation à la contemplation et à la poésie. Le panorama saisissant sur la vallée, composée d’une flopée de bourgades entre lesquelles la forêt s’insinue, se déroule jusqu’au point de rencontre entre terre et mer. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Alphonse de Lamartine y trouva une source d’inspiration et donna son nom à un spécimen imposant, visible en contrebas. Après une pause bien méritée, les sportifs pourront continuer l’aventure en suivant les marquages verts ou bleus, fléchant une balade d’environ une heure, au milieu des cèdres, des chênes de Brant et des aliboufiers.


Un écosystème unique

Les employés de la réserve, qui savourent dès 9h30 du matin un café chauffé à la flamme du poêle de leur cabane en bois, se tiennent dans tous les cas à la disposition des marcheurs. Moyennant rétribution, un guide n’hésitera pas à accompagner le visiteur pour lui faire découvrir les secrets d’un écosystème de montagne unique en son genre. Sous le soleil printanier, Majd est ainsi intarissable sur le mode de reproduction pour le moins original des cèdres. « Les cèdres ont la particularité d’être à la fois mâles et femelles, mais ce sont les cônes femelles, bien plus gros, qui possèdent les graines », explique ce passionné de nature en se saisissant d’un spécimen tombé au sol. « Les écureuils les cachent pour les manger, mais les oublient souvent. Ce faisant, ils contribuent à disséminer les graines et à créer de nouvelles forêts », poursuit-il avec un enthousiasme communicatif. L’observation de la nature et la randonnée font partie des violons d’Ingres de cet étudiant en journalisme, qui aime prodiguer ses conseils pour protéger l’environnement. « Les promeneurs aiment ramener ces cônes, mais chacun possède cinquante graines : si vous en ramassez un, c’est comme si vous tuiez autant de petits cèdres ! » alerte-t-il dans sa parka flanquée du logo de la réserve.Il est toutefois recommandé de consulter un guide dès qu’il s’agit de s’aventurer au-delà des forêts, et notamment emprunter l’une des quatre sections du Lebanese Mountain Trail, célèbre sentier national qui traverse la réserve de bout en bout. « Nous avons choisi de limiter au maximum le balisage hors des forêts pour préserver la nature. De plus, les sangliers tracent des sentiers qui peuvent tromper le randonneur », prévient Majd. La réserve se charge alors de solliciter l’un des vingt guides de la réserve ou un professionnel agrémenté habitant la région. Un tarif unique de 40 dollars permet de parcourir les étendues sauvages pendant environ trois heures. En restant silencieux, le marcheur pourra alors avoir la chance d’entendre un chacal, de surprendre un hérisson ou d’entrevoir un caméléon. « Aucun des animaux du parc n’est dangereux », assure toutefois le jeune guide avec un large sourire. En hiver, le matériel nécessaire pour parcourir l’épais manteau neigeux et goûter au silence presque total est fourni.

Pour ceux qui souhaiteraient prolonger le séjour au-delà de la randonnée, les nombreuses maisons d’hôtes situées dans le périmètre de la réserve de biosphère du Chouf constituent un point de chute idéal. L’appartenance de 22 villages à ce réseau de protection de la nature et de l’homme a permis la mise en place de labels de qualité, qui attestent de pratiques respectueuses de l’environnement. Un séjour prolongé au pied des forêts de cèdres permettra ainsi de faire une balade à vélo, à cheval, ou de découvrir les autres accès à l’espace protégé de la réserve, comme Mristi, une forêt de chênes ancestraux, ou Niha et sa falaise vertigineuse.



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