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Liban

Baadarane, un village authentique perché au cœur du Chouf

Que faire ce week-end

À une soixantaine de kilomètres de la capitale, la localité bucolique et préservée constitue un camp de base idéal pour découvrir la région.

12/04/2019

Situé sur une colline arborée du Haut-Chouf, encerclé par les sommets enneigés du mont Barouk, le paisible village de Baadarane a des allures de belle endormie. La commune s’éveille toutefois en haute saison, lorsque les estivants viennent trouver, à l’ombre de ses pins et de ses chênes, un vent de fraîcheur et de calme. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le nom de Baadarane signifie en langue syriaque le lieu de l’aide ou de l’escale. Pour rallier ce havre de paix depuis Beyrouth, il suffit d’emprunter l’autoroute du sud, direction Saïda, puis de prendre l’échangeur qui mène à Deir el-Qamar, avant Jiyé, et suivre les routes tortueuses qui mènent au village. Après cinquante minutes d’une route des plus dépaysantes, le visiteur est accueilli à 1 000 mètres d’altitude par un rocher proéminent, « Abou Manqoud », qui symbolise l’entrée dans Baadarane.

Vestiges des époques romaine et ottomane

Loin du tumulte klaxonnant de la vie urbaine, les ruelles de la bourgade, où se promènent librement coqs et chevrettes, valent à elles seules le détour. Entre les bâtisses en pierre et les oliveraies cultivées en terrasse, le flâneur a de fortes chances de tomber nez à nez avec plusieurs vestiges, parmi lesquels les pressoirs à raisin datant de l’ère romaine ou le réservoir d’eau ottoman. Au cœur du village, à quelques pas de l’unique maison d’hôte, le métier à tisser encore en fonctionnement fait office de témoin vivant d’un artisanat plurimillénaire.

Car goûter à la dolce vita de Baadarane est aussi l’occasion de ravir les férus de culture et d’histoire. La principale attraction de la localité réside dans les restes du sérail construit par Ali Joumblatt, qui gouverna le Chouf au XVIIIe siècle. Les pierres de l’ancien palais, parsemées de subtiles nuances de jaunes, sont encore marquées par le Rank, un emblème représentant un lion. Le visiteur peut accéder librement aux salles de l’ancien Salamlek et du Haramlek, malheureusement peu mises en valeur. Dans l’arrière-cour, les écuries sont encore parfaitement conservées malgré les assauts du temps et des plantes vivaces. Accolé au palais, un cimetière rassemblant d’anciennes tombes druzes et chrétiennes, le seul du genre au Liban, témoigne enfin du multiconfessionnalisme inhérent à la montagne libanaise.


(Lire aussi : (Re)découvrir Achrafieh ou les montagnes de Akoura-Laqlouq)

Randonnées et parapente au tournant

Malgré la torpeur apparente de Baadarane, le village permet également aux plus sportifs de trouver leur bonheur. Il est notamment jouxté par la route de la soie, tracée par les Romains, qui affleure le long de la montagne. Un sentier balisé, réservé aux marcheurs aguerris, trouve son commencement à la source de Aïn el-Sayfiyé, que l’on peut atteindre en voiture par une piste cabossée. Son eau potable et rafraîchissante s’écoule au travers d’une fontaine en pierre depuis l’époque romaine et abreuve de nombreuses fleurs sauvages et romarins odorants.

Au départ de l’oasis, un chemin balisé quittant la voie romaine sur la droite mène, après une demi-heure de marche vertigineuse, aux fameuses « dalles du vent », ou Balayet el-Hawa. Ces rochers plats, dont certains s’élancent dans le vide, offrent un panorama à couper le souffle sur le village de Amatour, à l’ouest, et les gorges calcaires du Barouk en contrebas. En haute saison, et certaines fins de semaine, un restaurant à la terrasse ombragée rassasiera les randonneurs, qui pourront également passer la nuit dans les chalets de bois avoisinants. Ceux qu’une randonnée ne tente pas plus que ça, rejoindront aisément le site en voiture, en empruntant la piste d’un ancien aérodrome désaffecté. Balayé par la brise, ce promontoire original permet aux parapentistes de prendre leur envol et aux amateurs de cerfs-volants de se faire plaisir.

Preuve de sa notoriété ascendante, le village de Baadarane est, depuis 2018, engagé dans un programme qui accompagne sa mue en une cité modèle du développement durable et de l’écotourisme. Sous l’impulsion de la Réserve naturelle du Chouf, des activités et des circuits respectueux de l’environnement s’y multiplient. Une dynamique tombant à point nommé pour une bourgade encore peu connue et qui a su conserver son caractère authentique. Pour l’heure, les initiés apprécieront de vivre au rythme de ses habitants et jouiront de son emplacement idéal pour explorer les alentours, comme le somptueux palais Tajeddine ou la cité de Deir el-Qamar.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DANS LA NATURE SAUVAGE ET TELLEMENT BELLE DU LIBAN ! UN PARADIS !

Stes David

Des belles photos et l'article donne envie de faire promenade à ce beau village (que je ne connaissais pas).

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