X

À La Une

Les militaires à la retraite menacent d'"une escalade à Beyrouth et dans tout le Liban"

crise

Le ministre de la Défense, Elias Bou Saab, s'est rendu sur les lieux de la manifestation dans le centre-ville de Beyrouth, devant le siège du gouvernement.

OLJ
10/05/2019

Les militaires à la retraite ont crié vendredi, place Riad Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, leur colère contre le gouvernement qui a poursuivi aujourd'hui l'examen du projet de budget, menaçant de recourir à l'escalade.

Depuis la semaine dernière, le gouvernement planche quasi-quotidiennement sur l'avant-projet de budget pour l'année en cours, qui est censé prévoir des mesures d'austérité sans précédent, ce qui a suscité la colère de nombreux fonctionnaires qui ont déjà manifesté dans la rue et se sont mis en grève pendant plusieurs jours.
Le cabinet devait notamment trancher aujourd’hui sur l’article 55 du projet de budget, qui prévoit une ponction mensuelle de 3 % sur les pensions de retraite des militaires en échange de leur couverture maladie.

"Nous refusons qu'il soit porté atteinte à nos droits et demandons au pouvoir de retirer définitivement les articles qui nous concernent dans le budget", ont martelé les militaires à la retraite, menaçant d'une "escalade à Beyrouth et dans toutes les régions".

"Les droits des militaires à la retraite sont une ligne rouge", a déclaré un général interrogé sur place par la chaîne locale LBCI. "Si les articles du budget concernant les indemnités des militaires à la retraité ne sont pas retirés, nous organiserons des manifestations dans plusieurs régions et fermerons des institutions publiques et des installations vitales", a-t-il menacé.
D'autres retraités des forces armées ont également manifesté à Jdeidet Marjeyoun, au Liban-Sud.

En soirée, les militaires à la retraite ont indiqué qu'ils restaient mobilisés et ont annoncé un mouvement à partir de lundi, sans plus de précisions sur la nature de ce mouvement.

Le ministre de la Défense, Elias Bou Saab, s'est rendu dans la journée sur les lieux de la manifestation à Beyrouth, où il a été quelque peu chahuté par les soldats retraités qui ont brûlé des pneus en signe de contestation. Peu auparavant, les manifestants avaient demandé à l'un des ministres du gouvernement de venir leur parler pour leur assurer que l'exécutif allait retirer tous les articles du budget concernant les militaires.


Le ministre de la Défense, Elias Bou Saab, au milieu de militaires à la retraite qui manifestent dans le centre-ville de Beyrouth, le 10 mai 2019. AFP / JOSEPH EID


Avant le début du Conseil des ministres, M. Bou Saab a appelé les militaires à la retraite à quitter le rue "car ce n'est pas leur place", leur proposant de constituer un comité de 10 personnes les représentant. "Je suis prêt à les recevoir de manière quotidienne afin de suivre leur dossier", a-t-il déclaré, assurant que le commandement de l'armée suivait ce dossier en coordination avec le ministère de la Défense.

Le ministre de la Défense a en outre participé à une réunion avec sa collègue de l'Intérieur, Raya el-Hassan, convoquée par le Premier ministre, Saad Hariri, pour évoquer leurs propositions concernant les militaires et les agents des forces de l'ordre en service et à la retraite. Selon la chaîne locale LBCI, cet entretien n'a pas permis de rapprocher les points de vue divergents des deux ministres. Le débat sur ces propositions se déroulera durant le Conseil des ministres.

"Où est le problème si les militaires à la retraite venaient à payer l'impôt sur le revenu ? Y a-t-il, dans le monde, une rémunération sur laquelle ce type d'impôt ne s'applique pas", s'est interrogé le ministre d'Etat aux Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, avant la réunion du gouvernement.

Par ailleurs, les professeurs à temps plein de l'Université libanaise ont organisé une manifestation devant le siège du ministère de l'Education. Une délégation de ces enseignants a ensuite été reçue par le ministre, Akram Chehayeb, qui a déclaré que leur grève intervenait à contre-temps, leur demandant d'attendre les décisions du gouvernement tout en assurant qu'ils avaient le droit démocratique d'exprimer leur point de vue.

En outre, M. Hariri a reçu le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, à la tête d'une délégation représentant les Offices autonomes. "Nous avons décrit à M. Hariri la situation que vivent les travailleurs des Offices autonomes, sous pression en raison d'articles dans le texte du budget qui portent attente à leur avenir", a déclaré M. Asmar à l'issue de cet entretien, indiquant qu'il avait remis au chef du gouvernement un mémorandum légal sur ce plan.

En début de soirée, le comité administratif de la Ligue des enseignants du secondaire public a annoncé une grève vendredi et samedi, exprimant une nouvelle fois son opposition à toute réduction des salaires des enseignants ou d'atteinte à leurs avantages sociaux. Le comité a également appelé à une réunion afin de se prononcer sur des mesures d'escalade, notamment une grève ouverte et des manifestations, en envisageant également un boycott de la correction des examens officiels.

 



Lire aussi

Purge illusoire, le billet de Gaby NASR

Budget 2019 : confusion sur les dispositions relatives aux militaires

Quels services ont été affectés par la grève de la BDL ?

Les juges décideront ce matin du sort de leur mouvement

Budget 2019 : le FMI fait « confiance » au gouvernement, assure Bteich

Budget 2019 : qui supportera le poids de l’austérité ?

Les tiroirs de la fêtel'édito de Issa Goraïeb

Lettre ouverte aux dirigeants libanais, de Médéa AZOURI


À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Honneur et Patrie

"Lorsque tu n'as plus de pudeur, tu fais tout ce que veux".
Des députés, obéissant aux ordres du Hezbollah, ont boycotté le Parlement pendant 29 mois afin d'imposer Michel Aoun à la Présidence de la République et ce, tout en continuant à recevoir leurs salaires intégralement...
Lorsque des députés obéissant aux ordres du Hezbollah d'imposer des rivaux de Hariri dans le gouvernement Hariri, en bloquant la formation du gouvernement durant trois mois et ce, tout en continuant à recevoir leurs salaires intégralement...
Aujourd'hui, ils ne savent pas comment faire pour diminuer les retraites des retraités militaires qui ont affronté la mort pour sauver la Patrie de l'invasion de l'Etat islamique de DAECH, je tombe à la renverse devant l'ingratitude généralisée.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TOUT LE MONDE DOIT PARTICIPER A LA SAUVEGARDE DE L,ECONOMIE ET DES FINANCES PARTANT A L,EXISTENCE MEME DU PAYS. LES MILITAIRES N,ONT RIEN DE PLUS SPECIAL PAR RAPPORT AUX AUTRES LIBANAIS.

Jean Michael

Jusqu'a present tout ce que l'OLJ a rapporte du budget sont les coupes des acquis et la hausse des impots a l'encontre du menu peuple.

Quid de nos politiciens et autres planques???????

Tina Chamoun

Tout au Liban est une ligne rouge et tout le Liban est dans le rouge. Olé !

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants