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Liban

Les grèves suspendues, place au dialogue par secteur

Austérité

Selon Béchara Asmar, Michel Aoun a informé la CGTL d’une volonté de geler l’article 61.

08/05/2019

Place au dialogue à partir d’aujourd’hui, entre les syndicats des employés des institutions publiques et des offices autonomes et l’État, à propos d’une réduction des dépenses qui permettrait au gouvernement de réduire son déficit financier. La grève observée depuis quelques jours par plusieurs établissements publics et offices autonomes, dont Ogero, le port de Beyrouth, les offices des eaux, la CNSS et même les employés de la Banque du Liban – qui avaient annoncé le matin qu’ils suspendaient leur grève jusqu’à vendredi – sera levée à partir d’aujourd’hui, a annoncé hier soir le président de la CGTL, Béchara Asmar, au cours d’une conférence de presse au siège de la centrale syndicale. À l’origine de cette décision, une suspension qui semble annoncée de l’article 61 de l’avant-projet de budget 2019, relatif aux prélèvements financiers au niveau de la masse salariale publique.

Selon M. Asmar, le président Michel Aoun, après avoir suivi les mouvements de protestation des derniers jours et pris connaissance des doléances des fonctionnaires, a informé la CGTL d’une volonté de geler l’article 61. La centrale syndicale, qui réclamait avec insistance la reprise du dialogue entre les travailleurs et l’État, a fini ainsi par obtenir gain de cause puisqu’il a été décidé d’examiner, avec les ministres concernés, la situation de chaque établissement public ou office autonome, avant de décider de ponctions quelconques.


(Lire aussi : Budget 2019 : confusion sur les dispositions relatives aux militaires)


Cette décision représente le couronnement d’un processus qui a été lancé à partir du moment où le mouvement de protestation a commencé à faire tache d’huile. Les autorités politiques se sont efforcées au cours des dernières 24 heures de rassurer les syndicats et les fonctionnaires du secteur public, alors que les mouvements de protestation, notamment les grèves au sein des institutions autonomes, s’étaient enchaînées et allaient crescendo, menaçant de paralyser le pays.

La grogne syndicale a été jugée suffisamment grave par les pôles politiques pour motiver une réunion au sommet lundi soir à Baabda, où, après un entretien avec le président Michel Aoun et le chef du législatif Nabih Berry, le Premier ministre Saad Hariri devait mettre en garde contre les « fausses informations » et « les fuites infondées » des débats en Conseil des ministres, pour expliquer que les mouvements de protestation n’avaient pas lieu d’être et assurer que « les personnes à revenus limités ne seront pas affectées par les coupes envisagées ».

Hier à Baabda, le chef de l’État a pratiquement tenu le même discours devant le président de la CGTL, Béchara Asmar, qui était accompagné d’une délégation composée des présidents des syndicats des employés des offices autonomes et des établissements publics. Michel Aoun a pris connaissance de leurs remarques sur certains articles de l’avant-projet de budget, avant d’exposer à son tour la situation économique et financière dans le pays. Il a promis d’examiner les points soulevés par ses hôtes en assurant qu’il n’est pas question pour lui d’accepter des mesures qui risquent d’affecter les revenus des classes moyennes et pauvres de la population.Plus tard dans la journée, le chef du gouvernement a reçu successivement au Sérail trois délégations des deux Ligues des militaires à la retraite, conduite par l’ancien directeur des FSI, Osman Osman, et des fonctionnaires de l’administration, conduite par Nawal Nasr, ainsi que du syndicat des employés de la Régie libanaise des tabacs et tombacs. Tous ont exposé au Premier ministre leurs doléances et tous sont sortis avec la certitude qu’il va en tenir compte. Les militaires à la retraite souhaitent le retrait en bonne et due forme des clauses prévoyant une ponction de leurs pensions et d’autres avantages financiers dont ils bénéficient.


(Lire aussi : Quels services ont été affectés par la grève de la BDL ?)



Le résultat direct de ces assurances qui avaient été relayées dès lundi par les officiels aux syndicats a été la suspension jusqu’à vendredi de la grève ouverte qui avait été décrétée dimanche par les employés de la Banque du Liban et qui avait perturbé lundi l’ensemble des activités et des transactions du secteur bancaire, allant jusqu’à provoquer une suspension des activités de la Bourse de la Beyrouth. Dans la journée, le président du syndicat des employés de la Banque centrale, Abbas Awada, avait annoncé qu’une assemblée générale devrait se tenir vendredi matin afin qu’une décision soit prise concernant la suite à donner à leur mouvement de protestation. Normalement, elle n’a plus de raison d’être après les assurances fournies en soirée par Béchara Asmar.

Quoi qu’il en soit, par ce geste, les employés de la Banque du Liban avaient voulu donner aux ministres qui planchent sur le budget le temps de montrer leur bonne foi. Entre-temps, la Bourse était toujours fermée, les employés du port de Beyrouth, d’Ogero et de la CNSS étaient toujours en grève, pendant que leurs collègues de l’aéroport de Beyrouth et d’EDL menaçaient à leur tour d’escalade, en signe d’appui à leurs revendications qui rejoignent celles des autres fonctionnaires.

Il n’en demeure pas moins que la menace d’une éventuelle grève n’a pas été totalement écartée si jamais le gouvernement persiste à vouloir réduire la masse salariale de la fonction publique, un projet qui reste au cœur d’un débat en Conseil des ministres, lequel maintient le flou le plus total au sujet des mesures qu’il envisage de prendre pour réduire ses dépenses.

Dans ce contexte, il faut préciser que les mouvements de protestation des derniers jours étaient surtout motivés par des fuites que le gouvernement s’était empressé de remettre en cause, mais sans réellement démentir. L’exécutif, qui a laissé filtrer très peu d’informations sur les décisions qu’il compte prendre pour essayer de redresser la barre au plan financier, n’explique pas par exemple ce que la somme des ponctions qu’il envisage au sein de la fonction publique représente par rapport au volume des dépenses supplémentaires générées par l’approbation de la nouvelle échelle des salaires dans le public, en juillet 2017, ou s’il compte plancher sur les activités des caisses autonomes, ou encore sur le dossier des recrutements (près de 5 000 fonctionnaires) au sein de l’administration, à la veille des dernières législatives, en dépit de la volonté du ministère des Finances de geler les embauches.


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LA VERITE

IMPOSSIBLE DE COMPRENDRE CES IDEES

ON AUGMENTE LES SALAIRES SANS FAIRE DE COMPTE
ON ENGAGE DES GENS APRES QUE LA LOI L'INTERDIT ET ON NE LES RENVOI PAS
ON DONNE 16 MOIS DE SALAIRES PAR AN AUX EMPLOYES DE OGERO
ON DONNE 3 ANS POUR CHAQUE ANNEE PASSE DANS L'ARME MEME A CEUX QUI SONT DANS LEURS BUREAUX

ETC ETC....

PUIS

ON VEUT ARRETTER TOUT CELA AVANT DE PRENDRE DES MESURES URGENTES POUR

ARRETTER LE VOL DANS LES DOUANES A L AEROPORT ET AUX PORTS
ARRETTER LES POTS DE VIN SUR CHAQUE CONTRAT DE L'ETAT ET DES MUNICIPALITES
RECUPERER LES SOMMES VOLES PAR NOS DIRIGEANTS
ELECTRONISER TOUS LES PAIEMENTS A L'ETAT AFIN D'EVITER LES POTS DE VIN A CHAQUE FORMALITE
RECUPERER TOUS LES IMPAYES EN TAXES AU GOUVERNEMEMTN EN DONNANT UN DELAI AUX RETARDATAIRES DE PAYER OU DE SAISIR LEURS COMPTES EN BANQUE
ENFIN ET SURTOUT D'ABOLIR POUR LES DEPUTES ET AUTRES LE PAYEMENT A VIE, MEME APRES LEUR MORT A LEURS ENFANTS D'UNE SOMME ALORS QUE LE DEPUTE EST JUSTE UN EMPLOYE QUI TOUCHE UN SALAIRE POUR SON TRAVAIL ET NE MERITE PAS DE LE DONNER A VIE A QUI QUE CE SOIT

JE PEUX CONTINUER LA LISTE A L'INFINI

LE GENDRE N'A SUREMENT PAS COMPRIS LE RAS DE BOL DES CITOYENS QUAND IL A ANNONCE CES FAMEUX 15% DE COUPE DANS LES SALAIRES DES GENS

Mounir Doumani

Nous faisons face a une crise chronique de notre balance des paiements et pas du tout a une crise de finances publiques.

leur gestion de la crise et cette perte de temps sont criminelles.

Gros Gnon

Tant que les employés des chemins de fer ne font pas la grève on est tranquille...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EN ESPERANT QUE LA LOGIQUE DE LA SITUATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE PERILLEUSE DU PAYS SOIT PRISE EN CONSIDERATION PAR LES SECTEURS DIVERS ET LEUR COOPERATION ACQUISE.

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