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Israéliens et Palestiniens saluent la trêve, mais redoutent de nouvelles violences

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"Ce matin, j'ai couru au marché de bonne heure pour acheter tout ce qu'il faut pour le ramadan, de peur que les frappes (israéliennes) ne reprennent. On n'avait rien acheté pendant trois jours avant le début du jeûne".

OLJ/AFP/Stephen WEIZMAN et Adel ZAANOUN
06/05/2019

Après un week-end de tirs meurtriers de roquettes palestiniennes sur la ville israélienne d'Ashkelon, le bunker souterrain où les responsables surveillaient sur écrans la trajectoire des projectiles en provenance de la bande de Gaza est rendu au silence.

Les Palestiniens ont annoncé un cessez-le-feu lundi avec Israël, et, de la tension de ces deux jours d'hostilités ne subsistent sur les tables dans le bunker que des restes de sandwiches et des tasses remplies à moitié de café froid.

En revanche, en face de l'hôtel de ville, le parking d'un centre commercial est plein à craquer. Les habitants ont repris le cours de leur vie. Mais ici, comme dans la bande de Gaza dont la frontière ne se trouve qu'à quatre kilomètres des limites d'Ashkelon s'exprime beaucoup de frustration devant la récurrence des flambées de violence, et la crainte qu'en l'absence de solution à long terme le sang ne coule à nouveau.

La ville du sud d'Israël a essuyé un certain nombre des centaines de roquettes tirées samedi et dimanche sur Israël par les groupes armés dans la bande de Gaza. En représailles, l'armée israélienne a frappé des centaines de cibles du Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, et du Jihad islamique, son allié et autre ennemi juré d'Israël. Quatre civils israéliens et 25 Palestiniens, combattants et civils, ont été tués dans cette énième poussée de fièvre qui a réveillé le spectre d'une nouvelle guerre, qui serait la quatrième depuis 2008.

Nissim Dadon, un habitant de Sderot, ville israélienne proche d'Ashkelon et de Gaza, accuse le gouvernement israélien d'être trop mou face au Hamas. "On est trop gentil, trop faible, avec eux", dit-il à l'AFP. "On devrait donner un bon coup de balai, bien ferme et sans pitié, et en finir une bonne fois pour toutes".


(Lire aussi : À Gaza, les risques d’une escalade incontrôlable)


"Nous voulons la paix"

Amir Plut, un autre habitant de Sderot, est d'un autre avis. "Nous ne voulons pas la guerre, tout le monde a tout à y perdre. Nous voulons la paix, nous voulons la paix avec les Arabes, qui sont des êtres humains comme nous".

Dans la ville de Gaza, à quelques kilomètres à vol d'oiseau et pourtant dans un monde tellement éloigné en apparence, la trêve est la bienvenue. Elle coïncide avec le début du ramadan, le mois sacré du jeûne, période importante du calendrier musulman. "Nous sommes contents de cette trêve, mais nous voulons la paix et le calme pendant tout le mois de ramadan", dit Rami Abou Azzam, 30 ans. "Ce matin, j'ai couru au marché de bonne heure pour acheter tout ce qu'il faut pour le ramadan, de peur que les frappes (israéliennes) ne reprennent. On n'avait rien acheté pendant trois jours avant le début du jeûne".

Comme toutes les localités israéliennes riveraines de l'enclave palestinienne, Ashkelon, ville de 150.000 habitants sur la Méditerranée, est aux avant-postes des confrontations. Sur les quatre civils israéliens tués dimanche, deux l'ont été à Ashkelon, un troisième dans les environs.


(Lire aussi : Le plan de paix israélo-palestinien de Trump ne devrait pas évoquer les "deux Etats")


"Far West"

Ashkelon a essuyé sa première roquette tirée de Gaza en 2006, un an après le retrait unilatéral israélien de l'enclave palestinienne, se rappelle le chef de la sécurité et des services d'urgence municipaux, Yossi Greenfeld. Depuis que le Hamas a pris le pouvoir par la force à Gaza en 2007, les tirs se sont intensifiés, dit-il à l'AFP, et aujourd'hui, "les gens d'ici doivent vivre avec la possibilité d'un tir de roquette".

Sorti du bunker sécurisé non seulement contre les tirs de missiles, mais aussi les armes chimiques et les radiations, M. Greenfeld montre du doigt un trou rebouché sur la route, l'impact d'un missile. "On en voit beaucoup comme ça en ville", dit-il avant de désigner les murs de bâtiments environnants, criblés d'éclats. "C'est comme dans une ville du Far West, il faut savoir survivre".

Préoccupation partagée à Gaza. "Il y a de nombreux morts et blessés, des dizaines de maisons détruites. Comment les gens vont-ils passer le ramadan?", demande Wafa Abou Sayf, 20 ans, du camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de l'enclave.


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