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À La Une - Proche-Orient

Retour au calme à Gaza après une escalade meurtrière avec Israël

Après deux jours de tensions, qui ont tué quatre personnes côté israélien et 23 Palestiniens, l'Egypte a forgé un accord de cessation des hostilités.

Des enfatnts marchant sur les décombres d'un immeuble détruit par des raids israéliens à Gaza, le 6 mai 2019. AFP / MAHMUD HAMS

Le calme est revenu lundi dans la bande de Gaza à la faveur d'un cessez-le-feu annoncé par les Palestiniens après le plus grave accès de violence avec Israël depuis des années, mais sans aucun règlement à long terme en vue.

Les Palestiniens ont accepté un cessez-le-feu entré en vigueur avant le lever du jour, en ce début de ramadan, ont indiqué deux responsables palestiniens et un égyptien.

Après deux jours d'une escalade ayant tué 25 civils et combattants dans la bande de Gaza et 4 civils en Israël, les tirs de l'enclave palestinienne sous blocus et les représailles israéliennes ont effectivement cessé à l'heure du cessez-le-feu indiquée par les responsables, a rapporté un journaliste de l'AFP à Gaza.

L'armée israélienne a annoncé la levée de toutes les restrictions imposées aux populations civiles israéliennes voisines de Gaza.

Sans confirmer une trêve, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est contenté d'un bref communiqué pour dire que "la campagne n'est pas terminée et réclame de la patience, du sang-froid et de la réflexion". Le Hamas et le Jihad islamique, principales forces de la bande de Gaza, ont été frappés "avec une grande force" et Israël est "prêt à continuer", a-t-il dit.

L'Egypte, pays voisin et intermédiaire traditionnel à Gaza, a forgé un accord de cessation des hostilités entré en vigueur à 04H30 (01H30 GMT), ont dit sous couvert d'anonymat un responsable du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza et un autre du Jihad islamique. L'accord a été confirmé par un responsable égyptien.

L'enclave palestinienne et les villes israéliennes voisines ont été le théâtre pendant deux jours de la plus grave flambée de violences depuis la guerre de Gaza de 2014, faisant redouter un quatrième conflit en 11 ans dans l'enclave.



(Lire aussi : À Gaza, les risques d’une escalade incontrôlable)



Un allègement du blocus
L'accord trouvé dans la nuit, comme de précédents conclus après de multiples épisodes de violence, vise à un allègement du strict blocus qu'Israël impose à l'enclave palestinienne depuis plus de 10 ans, a dit le responsable du Jihad islamique. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas, qui refuse son existence.

L'accord prévoit des mesures quant à l'étendue des zones de pêche gazaouies en Méditerranée autorisée par Israël, ainsi qu'une amélioration de l'approvisionnement en électricité et en combustible, des préoccupations primordiales dans l'étroite enclave de deux millions d'habitants durement éprouvés par les guerres, la pauvreté et la réclusion, a-t-il dit.

Quelque 690 roquettes ont été tirées depuis samedi de Gaza, dont plus de 500 ont atteint le territoire israélien, et au moins 35 sont tombées dans des zones urbaines, selon un décompte de l'armée israélienne. Les civils israéliens tués sont les premiers à mourir sous les roquettes palestiniennes depuis la guerre de 2014, selon au moins deux officiels israéliens.

L'aviation et l'artillerie israéliennes ont en retour frappé plus de 350 objectifs du Hamas et du Jihad islamique à travers la bande de Gaza, visant des combattants des groupes armés et des installations militaires ou sécuritaires. Au moins neuf des Palestiniens tués ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Jihad islamique. L'armée israélienne, pour la première fois depuis des années, a ouvertement revendiqué l'élimination à Gaza d'un Palestinien présenté par elle comme le responsable d'importants transferts d'argent de l'Iran à destination du Hamas et du Jihad islamique. Deux Palestiniennes enceintes et deux bébés comptent aussi au nombre des personnes tuées, selon les informations du ministère gazaoui de la Santé relevant du Hamas.

"Nous soutenons Israël à 100% dans la défense de ses citoyens", a tweeté dimanche soir le président américain Donald Trump.



(Lire aussi : Le plan de paix israélo-palestinien de Trump ne devrait pas évoquer les "deux Etats")



Crise chronique
La bande de Gaza est en proie aux poussées de fièvre répétées, en l'absence de toute reconnaissance d'Israël par le Hamas et de tout horizon politique pour un règlement du conflit israélo-palestinien. Depuis des mois, l'Egypte et l'ONU s'emploient régulièrement à éteindre les incendies.

La dernière flambée de violences en date remettait en cause un accord conclu fin mars seulement.

Les organisations palestiniennes de Gaza sont frustrées de la non-application selon elles par Israël de cet accord et de précédents sur un allègement du blocus et l'entrée de fonds qataris dans l'enclave.

Pour Israël, les évènements des derniers jours sont une agression contre les civils israéliens de la part d'organisations se servant selon l'Etat hébreu de civils palestiniens comme boucliers humains.

Ils intervenaient à un moment délicat pour le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, avant la journée de la Mémoire mercredi, la fête nationale jeudi, et le concours de l'Eurovision à Tel-Aviv du 14 au 18 mai.

M. Netanyahu, vainqueur des législatives d'avril, est par ailleurs engagé dans les négociations en vue du prochain gouvernement. Son principal rival aux élections, le général Benny Gantz, a dénoncé le cessez-le-feu annoncé comme une "capitulation face au chantage".

Et le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, a récemment promis de dévoiler son plan de règlement du conflit israélo-palestinien après le ramadan, qui s'achève début juin.



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commentaires (3)

70 ans de conflits et rien n'est résolu, bien au contraire. Un peuple martyrisé par ses dirigeants sans perspectives et surtout par Israël qui a trop vite oublié ses propres malheurs. Si l'argent corrompt les gens, la puissance et l'arrogance les rend fous, certainement.

Sarkis Serge Tateossian

18 h 01, le 06 mai 2019

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Commentaires (3)

  • 70 ans de conflits et rien n'est résolu, bien au contraire. Un peuple martyrisé par ses dirigeants sans perspectives et surtout par Israël qui a trop vite oublié ses propres malheurs. Si l'argent corrompt les gens, la puissance et l'arrogance les rend fous, certainement.

    Sarkis Serge Tateossian

    18 h 01, le 06 mai 2019

  • Que sont-ils censés faire? Se faire bombarder et regarder? Pour rappelles l’aviation israélienne etait la première à frapper, les roquettes sont venues en réponse au raid aérien. Je me sens obligé de le rappeler parce que l’olj quand on les lit on a l’impression que c’est le Hamas qui est aller chercher les emmerdes. Et si on se fie à cet article, on se rend compte quand meme que Gaza en a tiré quelque chose de cette confrontation, aussi maigres soient les dividendes. Si le Hamas abandonnait l’equation du feu par le feu (avion = roquettes) on verrait tous les jours des “assassinats ciblés” à Gaza. Le Hamas n’est pas content de ces affrontements mais c’est le seul moyen qu’il a de compliqué la vie aux israéliens qui essayent de l’éliminer petit à petit, après s’être montré incapable de remporter une victoire décisive sur le Hamas en confrontation directe et totale

    Chady

    13 h 32, le 06 mai 2019

  • ILS S,EXCITENT... ILS SE FONT TAPER DESSUS... PUIS ILS SE CALMENT ! DOMMAGE POUR LES PALESTINIENS.

    LA LIBRE EXPRESSION

    13 h 05, le 06 mai 2019

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