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Le régime syrien dénonce une conférence organisée par les Kurdes

"De tels rassemblements incarnent (...) la trahison des organisateurs (contre leur pays), quelles que soient leurs appartenances politiques, ethniques, ou raciales", souligne une source au ministère des Affaires étrangères de Damas.

Des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, participant à un entraînement militaire, près du champ pétrolier de Omar, dans la province de Deir ez-Zor, le 17 février 2019. Photo d'archives AFP / Delil Souleiman

Le pouvoir syrien a qualifié de "trahison" une conférence organisée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par des combattants kurdes, durant laquelle un haut responsable avait rejeté les accords dits de "réconciliation" généralement imposés par Damas, selon l'agence officielle Sana.

Même s'il avait dénoncé ces accords utilisés par le régime de Bachar el-Assad pour reconquérir des bastions rebelles, le chef des FDS, Mazloum Kobani, s'était dit ouvert à "un dialogue avec le régime" lors d'une conférence réunissant vendredi des représentants tribaux à Ain Issa (nord).

Vendredi soir, une source au ministère des Affaires étrangères de Damas, citée par Sana, a estimé que la conférence, organisée dans une ville tenue "par des milices armées dépendant des Etats-Unis et d'autres pays européens", avait essuyé un "échec" en raison du "boycott de la plupart des tribus". "De tels rassemblements incarnent (...) la trahison des organisateurs (contre leur pays), quelles que soient leurs appartenances politiques, ethniques, ou raciales", a précisé cette source.


(Pour mémoire : Un mois après la défaite de l'EI en Syrie, les défis abondent)



A la faveur de la guerre qui a éclaté en 2011, les Kurdes, minorité ethnique représentant 15% de la population, ont établi une administration autonome sur environ un tiers du pays dans le Nord et le Nord-est. Leur autonomie n'est pas reconnue par le régime.

"Nous n'accepterons en aucun cas un retour à l'avant-2011", avait martelé vendredi Mazloum Kobani, précisant que les "problèmes" et "défis" de la région ne pourraient être réglés par des accords de réconciliation. Les FDS, soutenues par les Etats-Unis, ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Ces derniers mois, le président syrien Bachar el-Assad a fait part de sa volonté de reconquérir les zones kurdes, par "la force" ou à travers des accords dits de "réconciliation". Par le passé, son régime a imposé ces accords dans des zones contrôlées par les rebelles après les avoir bombardées, assiégées ou étouffées pour faire plier les insurgés.Ils prévoyaient notamment une évacuation des combattants et des civils réfractaires à l'autorité de Damas et le redéploiement des institutions de l'Etat dans les zones reconquises. La Ghouta orientale, bastion rebelle aux portes de Damas reconquis en avril 2018 par le pouvoir, avait fait l'objet de tels accords.

Soutenu par la Russie et l'Iran, le régime syrien a enchaîné les victoires contre rebelles et jihadistes ces dernières années et contrôle aujourd'hui près des deux tiers du pays. La guerre en Syrie n'a eu de cesse de se complexifier au fil des ans, impliquant plusieurs acteurs régionaux et internationaux. Le conflit a fait en huit ans plus de 370.000 morts.



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