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Politique - Décryptage

Pour Berry, trois piliers pour maintenir la stabilité interne


En considérant devant des visiteurs que l’accord-cadre entre le Liban et Israël est « désormais derrière nous », le président de la Chambre, Nabih Berry, cherche essentiellement à éviter que celui-ci ne constitue un sujet de conflit. Il ne cache pas que la stabilité interne est actuellement son principal souci.

Selon l’un des proches de Nabih Berry, ce dernier est conscient que la situation actuelle est très délicate au Liban. D’autant que les États-Unis et l’Iran ont repris les hostilités et sont peut-être à la veille d’une nouvelle guerre, alors que les attaques israéliennes contre le Sud, qui ne se sont jamais vraiment arrêtées, se sont intensifiées. L’évolution de la situation convient en effet aux Israéliens qui n’avaient pas caché leur hostilité au mémorandum d’entente signé entre les États-Unis et l’Iran et ils comptent profiter du fait qu’il n’est plus reconnu par les deux parties pour créer un nouvel état de fait en leur faveur au Liban. Ils voudraient ainsi profiter de la réunion de Rome destinée à appliquer concrètement l’accord-cadre pour imposer leur volonté à la partie libanaise et en particulier à l’armée, censée prendre en charge le désarmement du Hezbollah et la destruction totale de son infrastructure dans les « zones pilotes », qui devraient être choisies dans le cadre d’un accord entre les différentes parties.

C’est pour afficher son attachement à la stabilité interne que Nabih Berry a par exemple poussé ses proches ou partisans à ne pas hésiter à se rendre aux rencontres avec le chef de l’État, d’abord pour écouter ce que ce dernier a à dire et ensuite pour qu’il n’y ait pas de rupture entre Aïn el-Tiné et Baabda. S’il n’a donc pas encore pris la décision de se rendre lui-même à Baabda, cela ne signifie pas pour autant qu’il souhaite rompre tout contact avec le chef de l’État. Au contraire, selon ses proches, il mise sur le dialogue interne, même si les conditions pour un tel chantier ne sont pas réunies. Il faut d’abord, selon Berry, attendre les développements entre l’Iran et les États-Unis. Là, le président de la Chambre est convaincu que les deux parties reviendront tôt ou tard à la table des négociations. Mais quand et dans quelles circonstances ? Cela reste à déterminer. Ensuite, il faut attendre les négociations libano-israéliennes en présence des Américains, qui doivent se tenir à Rome au milieu de la semaine prochaine. Il faut notamment voir ce que réclameront les Israéliens et ce que diront les Américains à ce sujet.

Mais en attendant, Nabih Berry estime qu’il faut veiller à respecter trois piliers de la stabilité interne. D’abord, il faut préserver le gouvernement. Par sa constitution, le cabinet comporte des ministres relevant de partis politiques qui se lancent des attaques violentes dans les médias, comme par exemple les ministres du Hezbollah, des Forces libanaises et des Kataëb. Même si tous ceux-là font des déclarations contradictoires et parfois très critiques, ils parviennent à s’asseoir à la même table au Conseil des ministres et à prendre des décisions collectives. Ce qui envoie des signaux positifs à leurs assises populaires respectives, au Liban dans son ensemble et au monde. Dans cette période particulièrement délicate, où l’édification de l’État reste au cœur des enjeux, il est donc important de maintenir le gouvernement en place, dans sa structure actuelle. Ensuite, M. Berry refuse le recours à la rue pour que les différentes parties puissent exprimer leurs revendications. Même si le droit de manifester est reconnu, il estime que dans les circonstances actuelles, un tel recours, de quelque partie que ce soit, est risqué. Il pourrait dégénérer en conflits et affrontements internes. Enfin, il insiste pour préserver l’armée, son unité et son rôle, car elle reste, selon lui, le pilier de l’État et de son unité, ainsi que la garante de la souveraineté. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il a récemment multiplié les déclarations en faveur de l’armée et de son chef, et il a même reçu ce dernier à Aïn el-Tiné.

C’est parce qu’il est convaincu de l’importance de ces trois éléments que Nabih Berry affirme devant ses visiteurs qu’il n’a aucune crainte quant à la stabilité interne. Mais il faut quand même rester vigilant et solliciter l’aide de tous les États amis du Liban, comme la France, l’Arabie saoudite et la Turquie. Car même si les États-Unis s’impliquent beaucoup au Liban, ils ne sont pas considérés, par une partie des Libanais, comme un médiateur neutre.

En considérant devant des visiteurs que l’accord-cadre entre le Liban et Israël est « désormais derrière nous », le président de la Chambre, Nabih Berry, cherche essentiellement à éviter que celui-ci ne constitue un sujet de conflit. Il ne cache pas que la stabilité interne est actuellement son principal souci.Selon l’un des proches de Nabih Berry, ce dernier est conscient que la situation actuelle est très délicate au Liban. D’autant que les États-Unis et l’Iran ont repris les hostilités et sont peut-être à la veille d’une nouvelle guerre, alors que les attaques israéliennes contre le Sud, qui ne se sont jamais vraiment arrêtées, se sont intensifiées. L’évolution de la situation convient en effet aux Israéliens qui n’avaient pas caché leur hostilité au mémorandum d’entente signé entre les...
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