Le Parlement israélien a adopté lundi une loi sur l'importance de l'étude de la Torah, réclamée par les juifs ultra-orthodoxes mais décriée par d'autres qui la considèrent comme favorisant cette communauté qui s'oppose au service militaire.
Selon ses opposants, cette loi dite fondamentale, faisant office de Constitution, sera utilisée comme argument par les ultra-orthodoxes pour échapper à la conscription, un sujet au coeur de vifs débats.
Elle stipule que "l'étude de la Torah est une valeur fondamentale du patrimoine du peuple juif et de l'Etat d'Israël".
Le texte a été adopté en deuxième et troisième lectures à 63 voix pour et 52 contre, quelques jours seulement avant la dissolution de la Knesset en vue des législatives du 27 octobre, mettant un terme à plusieurs mois de négociations tendues entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés ultra-orthodoxes.
M. Netanyahu, absent au vote, espère renforcer leur alliance avant le scrutin, alors que, selon les derniers sondages, il ne serait pas en mesure de former le prochain gouvernement.
Les deux partis ultra-orthodoxes lui avaient retiré leur soutien, justement en raison du projet de loi, qui est passé par plusieurs moutures avant son adoption.
La précédente mouture comparait les droits des étudiants de yechiva (écoles talmudiques) à ceux des soldats mais n'était pas approuvée par le Likoud, le parti de droite du Premier ministre, et a donc été effacée.
En échange de son adoption, les députés des deux formations ultra-orthodoxes ont accepté de voter pour des lois proposées par le Likoud.
Le texte a provoqué une levée de bouclier dans l'opposition, mais aussi chez certains élus de la coalition, comme le député Dan Illouz, qui a démissionné du Likoud.
"Il s'agit d'une loi qui servira, dans les faits, à légitimer l'exemption du service militaire", a-t-il estimé.
Selon les médias, le ministère des Finances s'y est opposé car "si le droit à l'étude de la Torah prime sur le principe d'égalité, cela entraînera une grave atteinte aux priorités budgétaires".
"Le gouvernement profite des derniers jours de (sessions parlementaires à) la Knesset pour faire voter des lois contre l'armée", a critiqué le principal adversaire de M. Netanyahu, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot.
Une large majorité de la population ne supporte plus l'exemption dont bénéficient les ultra-orthodoxes alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux depuis la guerre déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.
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