Le sénateur américain Lindsey Graham, républicain de Caroline du Sud, lors d'une audition de la sous-commission de la Défense de la commission des crédits du Sénat au Capitole, à Washington, le 12 mai 2026. Photo Jim Watson AFP
Allié majeur du président américain Donald Trump, l'influent sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, fervent partisan d'Israël et de l'Ukraine mais aussi défenseur acharné d'une guerre contre l'Iran, est décédé samedi à l'âge de 71 ans.
« Dans la soirée du samedi 11 juillet, le sénateur américain Lindsey Graham est décédé des suites d'une maladie brève et soudaine », a annoncé son bureau sur X. NBC News a rapporté que les services d'urgence sont intervenus samedi soir au domicile de Graham, à Capitol Hill, à la suite d'un appel pour un « arrêt cardiaque », selon des enregistrements radio de la police obtenus par NBC et d'autres médias.
Le président américain Donald Trump a rapidement salué « l'une des personnes et des sénateurs les plus grands » qu'il ait jamais connus sur son réseau Truth Social. « Il était toujours au travail et était un véritable patriote américain. Lindsey va beaucoup manquer !!! », a-t-il écrit à propos de celui qui avait tenté sans succès de briguer la présidence en 2016.
« Un grand ami d'Israël »
Lindsey Graham, célèbre pour ses travaux sur la politique étrangère américaine, avait défendu l'invasion de l'Irak en 2003 avant d'exhorter ces dernières années les administrations Trump et Biden à soutenir le combat de l'Ukraine face à l'invasion russe.
Il est aussi connu pour être l'un des plus fervents soutiens d'Israël au sein du Capitole, lui qui défendait une ligne dure contre l'Iran et le Hezbollah. En février 2026, les critiques du sénateur à l’encontre du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, auquel il reprochait une certaine complaisance envers le Hezbollah, avaient suscité un élan de solidarité en faveur du chef de la troupe au Liban. À l'issue d'une brève rencontre avec l'officier supérieur dans le cadre d'une tournée de trois jours du commandant en chef aux États-Unis, M. Graham avait écrit sur X avoir eu une « très brève réunion avec Rodolphe Haykal. » « Je lui ai demandé sans détour s’il considérait le Hezbollah comme une organisation terroriste. Il a répondu : 'Non, pas dans le contexte du Liban'. Sur ce, j’ai mis fin à la réunion », avait ajouté le sénateur, qui s'était affiché trois semaines plus tôt avec le chef du Mossad israélien, David Barnea.
Il avait également suggéré en 2024 qu’Israël pouvait s’arroger le droit d’employer des armes nucléaires dans son offensive contre la bande de Gaza si cela s’avérait nécessaire « pour sa survie en tant qu’État juif », dressant alors un parallèle avec le bombardement des villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki par les États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale.
« Lindsey comprenait que la sécurité d'Israël et celle de l'Amérique sont indissociables », a ainsi écrit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué d'hommage. « L'Amérique a perdu un grand patriote. J'ai perdu un ami cher ». Le président israélien Isaac Herzog s'est quant à lui dit « sous le choc et le cœur brisé » par cette nouvelle, voyant dans le sénateur « un modèle de clarté morale et un véritable leader du partenariat entre les États-Unis et Israël ». « Nous n'oublierons jamais comment il s'est tenu aux côtés du peuple d'Israël dans nos moments les plus difficiles », a-t-il poursuivi.
De nombreux autres messages ont émané de divers responsables israéliens, dont le ministre de la Défense Israel Katz, celui des Affaires étrangères Gideon Saar, ou l'ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui ont unanimement salué « un grand ami d'Israël », tout comme le ministre d'extrême-droite Itamar Ben-Gvir. « Le sénateur Lindsey Graham s'est tenu aux côtés d'Israël non par facilité, mais par conviction. Son soutien indéfectible, son courage et sa clarté morale lui ont valu l'admiration de millions d'Israéliens », a déclaré ce dernier.
Condoléance du porte-parole des FL et de l'UE
Au Liban, peu de réactions ont jusqu’ici été rendues publiques, à l’exception du porte-parole du parti chrétien des Forces libanaises (FL), Charles Jabbour, qui a salué les positions anti-Iran et anti-Hezbollah longtemps tenues par le sénateur. « Sa grandeur réside dans le fait qu’il s’est opposé à l’Iran et à ses instruments terroristes… Sa grandeur réside dans le fait qu’il a défendu la culture de la vie contre la culture de la mort… Sa grandeur réside dans le fait qu’il a défendu le bien contre le mal… Sa grandeur réside dans le fait qu’il a soutenu le Liban contre le Hezbollah… Nos sincères condoléances », a-t-il écrit dans un message sur X.
Pour sa part, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué le soutien « jusqu'au bout » du sénateur américain à l'Ukraine face à la Russie, estimant qu'il laisserait un « grand vide ». « (Il) croyait fermement en l'alliance de l'Otan et œuvrait activement pour mettre fin à la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine », a également rappelé le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte.
Lindsey Graham avait rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev vendredi, la veille de son décès, lors d'un entretien dans lequel il aurait soutenu un durcissement des sanctions économiques contre la Russie et ses alliés. « Il s'est rendu dix fois en Ukraine depuis le début de l'invasion russe à grande échelle et il était aux côtés de notre peuple lorsque c'était le plus nécessaire... L'Amérique et le monde ont perdu un dirigeant déterminé », a réagi M. Zelensky sur Facebook dimanche.
Graham a exercé les fonctions d'avocat militaire et a atteint le grade de colonel de l'armée de l'air, une expérience qui a influencé sa position interventionniste en matière de politique étrangère. En 2002, il avait voté en faveur d'une intervention militaire contre l'Irak à la suite des attentats du 11 septembre, et a par la suite soutenu une présence américaine durable en Afghanistan. Cela l'avait conduit a critiqué la politique étrangère du président Barack Obama, le qualifiant de « faible adversaire du mal » en 2015 en raison de sa négociation d'un accord nucléaire avec l'Iran.
Le décès de Lindsey Graham survient alors que l'hospitalisation depuis plusieurs semaines de l'ancien chef républicain du Sénat, Mitch McConnell, fragilise le parti. Les républicains détiennent une courte majorité de 53 sièges contre 47 au Sénat et disposent d'une marge de manœuvre réduite en cas d'absences ou de défections lors des votes.
Lindsey Graham a été élu pour la première fois à la Chambre des représentants des États-Unis en 1994, avant d'être élu au Sénat en 2002. Il a par la suite été réélu au Sénat en 2008, 2014 et 2020, et a récemment présidé la commission du budget du Sénat.




pas compris l'attitude des FL; pourquoi ne pas rester en dehors de tout ça ?
13 h 17, le 14 juillet 2026