Liban

Budget : les classes populaires et moyennes ne sont pas ciblées, affirme Berry

Le projet de budget modifié ne porte pas atteinte aux salaires et ne prévoit pas de nouveaux impôts, souligne le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil.

Le président du Parlement, Nabih Berry (c), à la tête d'une réunion de son groupe parlementaire, le 24 avril 2019. Photo ANI

Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a tenté mercredi de rassurer les classes moyennes et populaires, affirmant qu'elles ne seraient pas la cible des mesures d'austérité prévues dans le prochain budget de l'année en cours, qui n'a toujours pas été approuvé.

"Les classes pauvres et celles à revenus limités, ainsi que les classes moyennes, ne sont en aucun cas ciblées", a dit M. Berry, lors de la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire. "Tout ce qui est dit ou écrit à ce sujet n'est que rumeurs", a-t-il insisté.

"Le Parlement fera face aux mesures et propositions (d'austérité) lors du débat autour du vote du budget, et nous soulignons encore une fois que cette question n'est pas sur la table", a ajouté Nabih Berry. "Tout le monde doit contribuer à sauver le pays de la situation économique difficile", a plaidé le chef du Parlement, insistant sur l'importance de réduire le déficit public pour surmonter la "situation difficile".

Mardi, le Premier ministre Saad Hariri s'est dit "confiant" que le chef de l’État, Michel Aoun, et le président du Parlement "se montreront soucieux de mener une politique monétaire d'austérité afin d'assainir les finances de l’État". Il a exprimé l'espoir de présenter l'avant-projet de budget en Conseil des ministres dans les prochains jours, au moment où le Liban est pressé par ses bailleurs de fonds de mettre en place des réformes économiques et financières.

Parallèlement, le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, affilié au mouvement Amal de M. Berry, a transmis au secrétariat général du Conseil des ministres une version modifiée du projet de budget pour l'exercice 2019. Ce nouveau texte, qui se base sur le projet développé par le ministère des Finances en août 2018, contient des mesures d'austérité, souligne le communiqué publié par le ministère sans plus de précisions.


(Lire aussi : Riad Salamé optimiste... en attendant le budget)


"Pas d'atteinte aux salaires"

Mercredi, le ministre des Finances a affirmé que cette version modifiée "ne porte pas atteinte aux salaires et ne prévoit pas de nouveaux impôts". M. Khalil a en outre dit ne pas être au courant d'une réunion aujourd'hui à la Maison du Centre, chez le Premier ministre, autour de la question du budget.

Un peu plus tôt, le député Ibrahim Kanaan, président de la commission parlementaire des Finances et du budget, a appelé à mettre un terme à la "surenchère" au sujet des réformes prévues dans le budget, appelant les responsables politiques à voter le texte sans plus tarder. "Tous les propos au sujet de réformes prévues par le budget ne sont que paroles, tant que ces réformes n'ont pas été adoptées par le Parlement. De même pour la transparence en matière de dépenses, tant qu'une loi pour la clôture des comptes des années précédentes n'a pas été votée", a écrit M. Kanaan sur son compte Twitter. "De grâce, arrêtez la surenchère et ayez recours aux institutions, après un retard de huit mois" sur le vote du budget, a conclu le député affilié au Courant patriotique libre de Gebran Bassil.

A l'issue de la réunion de la commission parlementaire qu'il préside, Ibrahim Kanaan a en outre expliqué que cette rencontre a porté sur l'amélioration du fonctionnement de la Cour des comptes, et s'est félicité du "renforcement du contrôle" sans avoir eu à modifier les prérogatives de cette Cour. Il a renouvelé ses craintes en raison de l'adoption du budget qui se fait toujours attendre.

Le gouvernement se réunit demain en Conseil des ministres. Toutefois, la question du budget ne figure pas à son ordre du jour.


(Lire aussi : Budget 2019 : la flèche de Aoun à Hariri)


Mardi, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a répété à plusieurs reprises que le pays n’était pas en situation de faillite, appelant à ne pas tenir compte des "rumeurs" avançant le contraire.

Mercredi dernier, lors d'une séance parlementaire, le chef du gouvernement avait laissé entendre que le gouvernement préparait des mesures "d'austérité sans précédent" dans l'histoire du pays pour empêcher une détérioration de l'économie, tout en promettant de ne pas porter atteinte aux personnes à revenus limités, sans donner plus de précisions sur les mesures prévues par son cabinet dans le projet de budget. Depuis, de nombreux responsables appellent à ne pas faire payer les classes défavorisées. Dimanche, le président Aoun a affirmé qu'aucun nouvel impôt ou taxe ne serait imposé aux "pauvres et aux personnes dans le besoin".


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Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a tenté mercredi de rassurer les classes moyennes et populaires, affirmant qu'elles ne seraient pas la cible des mesures d'austérité prévues dans le prochain budget de l'année en cours, qui n'a toujours pas été approuvé.

"Les classes pauvres et celles à revenus limités, ainsi que les classes moyennes, ne sont en aucun cas...

commentaires (4)

Les classes populaires et moyennes ne sont pas ciblées...reste à vérifier mais c'est déjà une bonne nouvelle pour tout le pays car les tranches de populations en difficultées sont dans toutes les villes du Nord au Sud en passant par Beyrouth. Allez espérons un futur paisible et prospère pour tous les libanais.

Sarkis Serge Tateossian

19 h 36, le 24 avril 2019

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Commentaires (4)

  • Les classes populaires et moyennes ne sont pas ciblées...reste à vérifier mais c'est déjà une bonne nouvelle pour tout le pays car les tranches de populations en difficultées sont dans toutes les villes du Nord au Sud en passant par Beyrouth. Allez espérons un futur paisible et prospère pour tous les libanais.

    Sarkis Serge Tateossian

    19 h 36, le 24 avril 2019

  • B.M., FMI ET INVESTISSEURS NE GOBERONT PAS LE MENU QU,ON S,APPRETE A LEUR SERVIR. CES GENS D,EXPERIENCE NE COMPRENNENT QU,AUX MESURES CONCRETES ET A LA BASE. ILS NE JOUENT PAS DU PING PONG. NE PERDEZ PAS DE TEMPS ET SUIVEZ LEURS CONSEILS SI VRAIMENT VOUS VOULEZ TIRER LE PAYS DU GOUFFRE OU VOUS L,AVEZ PRECIPITE ! ALLEZ, DESABRUTISSEZ-VOUS POUR UNE FOIS !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 29, le 24 avril 2019

  • LES CLASSES PAUVRES ET MOYENNES NE SONT PAS CIBLÉES ! TOUT LE MONDE DOIT CONTRIBUER A SAUVER LE PAYS ! NOUS DIT BERRY. QUI SONT TOUT LE MONDE ? ET QU,EN EST-IL DE NOS ABRUTIS ? IL FAUT CIBLER EXACTEMENT CES DERNIERS DONT LES POCHES REGORGENT DE L,ARGENT VOLÉ AUX CITOYENS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 26, le 24 avril 2019

  • Bon alors là je me bidonne comme pas possible . Donc les classes moyennes et populaires ne seront pas ciblées, si on ajoute à ça que les classes aisées corrompues et sous " ligne rouge" seront aussi épargnées, mais alors les amis où est-ce-que ce budget "divin" va aller chercher les sous ???? En enfer , d'après certaines liba-niaises qui évitent les paradis fiscaux. Lol.....

    FRIK-A-FRAK

    16 h 56, le 24 avril 2019