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Carlos Ghosn souffre des reins, son arrestation jugée illégale par ses avocats

Selon des documents, la nouvelle arrestation de l'homme d'affaires franco-libano-brésilien a pour objectif d'entraver la préparation de sa défense et de lui extorquer des aveux.

Capture d'écran d'une vidéo enregistrée par l'ancien dirigeant de Nissan Motor, Carlos Ghosn, le 3 avril 2019, et diffussée par ses avocats le 9 avril. Photo AFP / Representatives for Carlos Ghosn

L'arrestation "illégale" de Carlos Ghosn a interrompu le traitement suivi par l'ancien patron de Nissan pour insuffisance rénale chronique, déclarent ses avocats dans des documents consultés jeudi par Reuters.

L'homme d'affaires franco-libano-brésilien avait été arrêté la semaine dernière pour la quatrième fois depuis novembre, pour des soupçons d'enrichissement personnel au détriment du constructeur automobile japonais. Selon ces documents, cette arrestation a pour objectif d'entraver la préparation de la défense de l'ancien patron de Renault et de Nissan et de lui extorquer des aveux.

Contacté par Reuters, le parquet de Tokyo n'a pas souhaité s'exprimer.

Carlos Ghosn a été de nouveau arrêté sur ordre du parquet de Tokyo pour des soupçons d'enrichissement personnel. Les procureurs japonais soupçonnent l'ex-dirigeant d'avoir violé ses obligations professionnelles et d'avoir causé à Nissan des pertes financières de cinq millions de dollars (4,45 millions d'euros) entre décembre 2015 et juillet 2018. Carlos Ghosn dément toutes les accusations portées contre lui et se dit victime d'un complot.

"Cette arrestation est illégale", assurent ses avocats dans l'un des documents, daté du 5 avril, au lendemain de son arrestation.

Carlos Ghosn souffre d'un taux de cholestérol élevé et le traitement qu'il suit a provoqué une insuffisance rénale chronique et une rhabdomyolyse, maladie qui entraîne la destruction de cellules musculaires, indiquent ses avocats. Interrompre son traitement pour "la commodité de l'enquête des procureurs" était "inhumain", estime la défense de Carlos Ghosn dans ce document.


"Des actes humains"
Ces documents incluent également un compte rendu de l'épouse de Carlos Ghosn, Carole. Cette dernière accuse les procureurs de l'avoir empêchée de contacter son avocat le matin de la nouvelle arrestation de son mari. Elle affirme avoir été soumise à plusieurs reprises à des fouilles corporelles, avoir été contrainte de maintenir la porte de la salle de bain ouverte lors de l'utilisation des toilettes et avoir dû se déshabiller en présence d'une enquêtrice pour prendre une douche. "J'ai eu l'impression qu'ils m'humiliaient et me contraignaient par ces actes inhumains", dit Carole Ghosn dans son récit daté du 4 avril, jour de la nouvelle arrestation de son mari.

Après cette arrestation, Carole Ghosn a quitté le Japon pour la France où elle a demandé l'aide du gouvernement français. Carlos Ghosn possède les nationalités française, brésilienne et libanaise.  Elle est retournée mercredi au Japon et s'est présentée jeudi après-midi à un tribunal de Tokyo pour être interrogée par la justice japonaise, selon l'agence de presse nippone Kyodo.

Les procureurs interrogent Carlos Ghosn jusqu'à 14 heures par jour, parfois au milieu de la nuit, selon une personne au fait de ses conditions de détention.



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L'arrestation "illégale" de Carlos Ghosn a interrompu le traitement suivi par l'ancien patron de Nissan pour insuffisance rénale chronique, déclarent ses avocats dans des documents consultés jeudi par Reuters.

L'homme d'affaires franco-libano-brésilien

commentaires (1)

Quel acharnement !!!

Eleni Caridopoulou

09 h 50, le 12 avril 2019

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Commentaires (1)

  • Quel acharnement !!!

    Eleni Caridopoulou

    09 h 50, le 12 avril 2019